pudeur

Les Aïnos

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Sa Majesté impériale nippone n’a pas uniquement pour sujets les petits hommes jaunes qui viennent d’infliger aus Russes de si sanglantes défaites. Le nord du Japon et la partie septentrionale de Sakhaline sont habités par les Aïnos, qui diffèrent totalement des Japonais, dont ils semblent avoir été les prédécesseurs dans ce pays.

Bien que l’on ait écrit beaucoup de choses sur les Aïnos, le grand public connaît généralement assez mal ce peuple, qui, d’ailleurs, est en voie de disparition, et tout ce que l’on sait d’eux, le plus souvent, c’est qu’ils ont un système pileux extrêmement développé, et qu’ils sont plus qu’à demi-sauvages.

Le docteur Michaut, de Yokohama, dans un intéressant mémoire adressé à la Société d’Anthropologie, fait tout d’abord remarquer que, si les Aïnos se distinguent au premier abord par cette particularité d’être couverts de longs poils sur tout le corps, cette pilosité accentuée ne leur est pas absolument spéciale, bien qu’elle soit rare parmi les « races humaines ». Dall, par exemple a fait connaître la tribu des Ekogmuts, vivant dans l’extrême nord-ouest du continent américain, et dont le corps serait entièrement velu. Il en est de même des Kubus qui habitent l’intérieur de Sumatra et de Bornéo, ainsi que des Todas, étudiés aus Indes par Quatrefages, et des Monboutous, dont Stanley, qui les a rencontrés au centre de l’Afrique, décrit l’aspect simien et le corps entièrement couvert de poils frisés, Exceptionnellement aussi, on trouve dans la « race blanche » des hommes vêtus, et le docteur Félix Regnault signale, entre autres, qu’il a observé à Paris un homme qui, non seulement avait les oreilles et tes joues couvertes de poils, mais était encore forcé de se raser le nez, ainsi que deux femmes portant de larges placards de poils longs et bruns à la partie inférieure des omoplates et à la base des dernières côtes.

La surabondance du système pileux qui caractérise les Aïnos est expliquée par les Japonais d’une façon tout au moins originale. Ils prétendent qu’autrefois vivait chez eux un certain prince Kamouï, qui avait pris l’habitude de faire partager son lit à ses filles aussitôt qu’elles atteignaient l’âge adulte. L’une d’entre elles, pourtant, qui était parée (?) d’une épaisse forêt de poils, lui déplut si fort qu’il l’exila de ses Etats. La princesse se réfugia dans une barque, qui, poussée par le vent, prit le large. Elle emmenait avec elle un gros chien, à l’aspect terrifiant, et qui, couvert de poils longs et raides, ressemblait à un ours. Il est probable que la princesse ne manquait pas de tempérament, car elle écouta les aboiements galants de son compagnon, et quand, après de longs mois, la barque aborda dans une île sauvage, elle mit au monde un fils et une fille velus comme des bêtes, qui furent les ancêtres des Aïnos.

Les anthropologistes, gens peu enclins à croire aux légendes, estiment, par contre, qu’il faut surtout se souvenir que les enfants venus avant terme sont, le plus souvent, couverts de poils et qu’il est possible d’admettre une persistance de la pilosité chez quelques sujets, lesquels ont pu fixer par mariage cet accident pour en faire un caractère de « race ».

Les Aïnos se marient toujours entre parents. Cette insouciance de la consanguinité ne se retrouve que chez des peuples « sauvages », comme les Andamanites, les Vedahs, certains Polynésiens, etc. Les unions avec les Japonais sont extrêmement rares, et, contrairement à l’opinion de Quatrefages, il est exceptionnel de trouver des métis de ces deux « races ».

Sur le chapitre de la pudeur, les femmes aïnos sont d’un rigorisme absolu. Elles rendraient des points aus Européennes les plus farouches, et font tout le possible pour dissimuler leur corps à tous les regards. C est au point même que, lorsqu’elles ont à allaiter leurs enfants, elles ne manquent jamais de couvrir leur sein d’un épais morceau d’étoffe. C’est là un fait qui les différencie nettement des Japonaises, qui, elles, n’éprouvent aucun embarras à sortir la poitrine nue et à se baigner en commun avec les hommes. Du reste, le mot pudeur n’a pas d’équivalent dans la langue nippone.

Les Aïnos sont surtout un peuple de pêcheurs et de chasseurs, et, chez eux, l’agriculture n’est que médiocrement en honneur. Ils se nourrissent des animaux et des poissons qu’ils capturent, de fruits sauvages, de racines qu’ils font bouillir ou cuire sous la cendre. Leurs repas ne se font jamais à des heures réglées, mais chacun mange quand il en éprouve le besoin et quand il en trouve l’occasion. D’après le docteur Regnault, ils sont, de plus géofages, à l’exemple de certains « sauvages » de l’Amérique du Sud, et mangent une sorte de terre blanche et graisseuse à laquelle ils font subir, au préalable, une assez longue macération.

Les idées religieuses ont beaucoup de force chez eux. Ils implorent la divinité pour lui demander la guérison des maladies qui frappent leurs proches, et toute leur médecine consiste en des prières et en des incantations. Quand une femme accouche, elle se rend au bord de la mer, immédiatement après sa délivrance, et y lave longuement son enfant. C’est à cela que se bornent les soins post partum; aussi la mortalité infantile est effroyable.

Ces quelques détails montrent que les Aïnos sont demeurés dans un état vraiment sauvage. C’est un peuple qui n’a pas eu d’histoire, mais qui, pour cela, n’en a pas été plus heureux. Repoussés par les Japonais d’une part, par les Russes et les pêcheurs américains de l’autre, ils voient d’année en année leur nombre décroître, et le consul allemand d’Hakodaté estimait dernièrement à 20 000 au plus le nombre actuel des hommes velus de Sakhaline.

Francis Marre. « Revue du traditionnisme français et étranger. » Paris, 1906.

Les piqueurs

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Le genre de sadisme qui pousse des individus à piquer des femmes et des jeunes filles a déjà été signalé en 1819 et 1820.

Les journaux de cette époque nous apprennent que de « jeunes personnes avaient été piquées en passant dans les rues de Paris, et même en plein midi, par des individus qui disparaissaient rapidement, après avoir joui de la douleur de leur victime dont la surprise et la pudeur favorisaient leur fuite ».

L‘Annuaire historique annonçait le premier février 1820 qu’un nommé Bézeul avait comparu en police correctionnelle sous l’inculpation de piqûre. Plusieurs femmes appelées en témoignage déclarèrent le reconnaître pour l’homme qui les avait piquées. Il fut condamné à cinq années d’emprisonnement et cinq cents francs d’amende.

« Hier, aujourd’hui, demain. Gazette historique. »  Paris, 1923.

La censure aux Etats-Unis

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Theodore-Roosevelt

Elle est la même partout, c’est-à-dire aussi godiche, même dans ce pays de liberté qu’a la prétention d’être l’Amérique.

Il existe des photographies de M. Theodore Roosevelt qui le représentent chassant dans le Colorado, vêtu en cow-boy. Mais, parmi ces photographies, il s’en trouvait une qui le montrait en train de se laisser interviewer par une reporteresse, miss Gertrud Dunn, et cette épreuve avait deux défauts : d’abord, le cliché avait été pris de telle façon que le président n’y occupait pas la place principale. En second lieu la reporteresse, qui se trouvait à cheval aussi, était montée à califourchon et montrait un peu trop de jambe au-dessus de ses chevilles.

Par pudeur… et par respect pour le protocole, le cliché a été détruit. Il est probable que M. Roosevelt, qui est un homme intelligent, n’en a rien su.

« Gazette Française. » Paris, 1905.

Pudeur américaine

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moulin-rouge.

Ce n’est pas seulement en France que la chasteté officielle poursuit ces malheureuses femmes qui se sont donné pour métier de montrer plus ou moins leurs charmes. Voici un projet de loi qui vient d’être soumis au Sénat de Minnesota par une de ses commissions :

« Toute femme qui, sur une scène ou sur une estrade, dans un théâtre, un café chantant ou tout autre endroit où le public est admis, exhibera devant ce public ses membres inférieurs revêtus de ce qu’on est convenu d’appeler un maillot, de telle sorte que la forme desdits membres soit parfaitement visible pour les personnes présentes, commettra un acte d’indécence grossière et de tenue lascive, et se rendra coupable d’un délit qui sera puni de à 100 dollars d’amende et de 5 à 30 jours de prison. »

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.