Raoul Brandon

Mauvaise blague

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caran-d'ache

M. Raoul Brandon, qui aime se comparer à Jaurès (le physique y entrerait au besoin pour quelque chose, mais il n’y a aucune comparaison possible pour le talent) présidait un dîner d’architectes quand il fut mandé par un coup de téléphone auprès de M. Paul- Boncour.

Un maître de cérémonies vint lui annoncer la chose. On en était au rôti. M. Brandon devint cramoisi. Il se leva, chancelant de joie, en tenant à avertir néanmoins les convives.

Je suis appelé par M. Paul-Boncour… Je ne vous en dis pas plus long !

Chacun comprit ce qu’il laissait entendre, et un triple ban enthousiaste salua son départ. On s’attendait dès lors à le voir revenir avec sa nomination de ministre en poche. Mais M. Brandon ne réapparut pas !

Et ce fut beaucoup plus tard, dans les jours qui suivirent, que M. Brandon confia à ses amis son désappointement d’avoir entendu M. Paul-Boncour lui demander s’il pourrait compter sur sa voix et sur celles de ses collègues du groupe républicain-socialiste.

Si c’est tout ce que tu avais à me demander, lui répliqua-t-il, furieux, tu aurais bien pu au moins me laisser achever mon repas !

« Les Potins de Paris. » Paris, 1933. 
Illustration de Caran d’Ache.

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L’Esperanto et la police

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esperanto

M. Raoul Brandon, conseiller municipal, vice-président du Conseil général, présentera un voeu pour que l’Espéranto soit enseigné à un certain nombre d’agents de police. L’Espéranto est devenu, assurent ses fidèles, une langue vivante, parlée dans le monde entier, enseignée dans de nombreuses écoles.

En France, le ministre de l’Instruction Publique, M. Edouard Herriot, s’est fait représenter par des Recteurs d’Académie à divers congrès esperantistes, ainsi, d’ailleurs, que le ministre de la guerre, M. Paul Painlevé, et plusieurs autres ministres.

De nombreux savants : le général Ferrié, Charles Lallemand, Louis Lumière, Charles Richet, Dr Roux, général Sebert, etc., patronnent l’Espéranto. Dans le domaine commercial, citons la Chambre de Commerce de Paris, qui fait usage de l’Esperanto dans ses imprimés, et dont le distingué Président, M. André Baudet, parle et écrit en cette langue.

Il est certain que l’Espéranto pourrait devenir une langue internationale si tous ceux qui la parlent avaient la même prononciation (ce qui n’est pas le cas, malheureusement), les promoteurs de cette langue n’ayant pas fait, à ma connaissance, le nécessaire pour uniformiser la prononciation et l’accent.

« Le Détective. »   Paris, 1928.