Rapports parlementaires

Rapports parlementaires

Publié le Mis à jour le

assemblée_nationaleLe Figaro a signalé l’extraordinaire « innovation » de M. Péchadre, qui n’a pas craint d’introduire dans son rapport sur le budget du ministère des Travaux publics, plusieurs pages de publicité commerciale.

On se demande comment M. Péchadre a pu concevoir cette singulière idée. Verrons-nous un jour des députés agents de publicité ? Ce serait trop beau, vraiment ! Nous ne sommes pas encore préparés à cet industrialisme politique, bien que la manière dont les rapports aux Chambres sont composés, nous réserve parfois des surprises curieuses. 

Nous ne voulons nullement désobliger M. Péchadre, que nous ne connaissons pas. Mais est-ce lui qui a rédigé son rapport ? Et s’il ne l’a pas rédigé, l’a-t-il lu ? Trop de rapporteurs s’en remettent à l’administration ou bien à leurs secrétaires particuliers. On fait le travail, et le rapporteur néglige parfois même d’en prendre connaissance. 

On assiste alors à des spectacles édifiants. Le rapporteur défend une thèse opposée à celle que le rapport expose. Ou bien il se révèle ignorant le premier mot des pages qu’il a signées. On sourit. Et on trouve ça tout naturel. 

Il importe cependant que de telles mesures ne se perpétuent pas. C’est le régime qu’on discrédite. Les besognes politiques demandent du sérieux dans l’exécution. Est-il si difficile de ne confier les rapports qu’aux hommes éminents (il n’en manque pas) qui les accepteront presque toujours ? Au lieu de cela, on les écarte souvent, pour désigner un camarade ou un bon garçon. Les résultats ne sont pas fameux…

« La Renaissance. » Paris, 14 février 1914.

Publicités