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Mariage et réclame

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publicUne réclame, aussi habile que gracieuse, a fait récemment le succès d’un théâtre américain.

Un journal annonçait qu’une jeune fille très belle et très riche demandait un mari avec ou sans fortune, mais élégant et de caractère doux. La jeune miss serait tous les soirs au See Theater et elle priait les prétendants de s’y trouver également pendant un mois, pour qu’elle pût choisir « dans le tas ». 

Le jour même où parut cet avis, la salle de spectacle s’emplit en un clin d’œil d’une foule d’hommes jeunes et vieux, beaux et laids, mais tous bien mis, soigneusement gantés. On refusa du monde. 

Le directeur fit salle comble pendant un mois.

« Ma revue. » Paris, 1907.

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mexicoIl a été beaucoup question cette semaine, à propos d’un article de revue, de la façon dont les Américains comprennent la publicité.

On a cité des chiffres colossaux donnant le total de ce que certains industriels dépensent là-bas pour leurs annonces. Nous ajouterons à ces statistiques une anecdote authentique qui nous a été contée par un témoin oculaire, laquelle anecdote donne le la de la réclame de l’autre côté de l’Atlantique.

Dans une des républiques de l’Amérique du Sud, où les révolutions sont à l’état chronique, un complot venait d’avorter. Le président fait pendre les trois principaux meneurs, et ordonne que pour l’exemple leurs corps resteront attachés pendant quinze jours au-dessous de la façade du palais de justice.

Le lendemain matin, un Barnum de l’endroit avait trouvé moyen de faire suspendre aux jambes des trois pendus de grandes pancartes annonçant la mise en vente de je ne sais quel produit !

Nous ne sommes pas encore de cette force là !

« Le Journal amusant. » Paris, 1874.

Délicieux saucisson

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saucissonIl s’appelait Van Burren. Et, un soir de gala, à l’Opéra-Royal d’Amsterdam, on vit entrer gravement six messieurs, de tenue parfaite, qui occupèrent six fauteuils, à côté l’un de l’autre, en conservant leur couvre-chef, jusqu’au moment où l’orchestre commença l’ouverture. 

C’est alors, seulement, qu’ils se découvrirent et que, sur six crânes admirablement dénudés, on put lire : 

Van. B. U. R. R. E. N. 

Ce fut une joie au paradis, où les titis hollandais s’écrièrent en chœur : 

Van Burren ! Van Burren !
Que votre saucisson est délicieux ! 

On dut arrêter la représentation, expulser les crânes et leurs propriétaires ainsi que les titis. Quant à M. Van Burren, il se prélassait, tout heureux, dans une première loge, certain de faire d’excellentes affaires le lendemain. 

Maurice Gérard, 1904.
Image : ematon/Fotolia.

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chauve-publicité

On croyait avoir tout inventé pour la réclame…

Voilà qu’un certain jour, aux tables d’un estaminet, on voit arriver plusieurs personnes qui, après s’être assises, commandent un rafraîchissement. Se découvrant avec gravité, les nouveaux arrivants montrent aux consommateurs leur crâne dénudé, sur lequel se trouve l’annonce du spectacle du Moulin-Rouge.

Bientôt, nous verrons, sur les crânes de nos contemporains des réclames pour tel chocolat, pour telle farine, pour des pneus, des autos, des bicyclettes, pour des corsets… Il n’y a qu’une chose, sans doute, que l’on ne verra jamais, c’est la réclame de l’eau merveilleuse qui fait repousser les cheveux. Et encore, qui sait ?

Même faire rire le public à ses dépens, n’est-ce pas toujours de la réclame ?

La sieste des hommes-affiches

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hommes-affiches

Il est midi. C’est l’heure des déjeuners, et, comme la Réclame sait que ventre affamé n’a plus d’yeux que d’oreilles, elle se repose.

Les véhicules enluminés stationnent alignés au bas des trottoirs, pendant que leurs attelages étirent leurs membres fatigués et allument la réconfortante cigarette.

Pour être immobiles, ces véhicules n’en conservent pas moins leur aspect hétéroclite pour tous, terrifiant pour les quadrupèdes, et comme leur station immobile coïncide avec la rentrée des manèges, elle met au désespoir les écuyers chargés de veiller sur les premiers pas des jeunes amazones, dont les montures consternées manifestent de diverses manières leur invincible répugnance.

« À travers Paris. » Texte et dessin de Crafty. Paris, 1894.
Illustration : La sieste des hommes-affiches, place de la Concorde. Crafty  (1840-1906).

De la réclame sur mon blog ?

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automobile'accident

On demandait à un candidat, en octobre dernier, au baccalauréat.

Doit-on écrire Roi ou Roy ? demandait l’examinateur  avec quelque malice.

Mais il interrogeait alors un garçon qui n’avait pas froid au yeux. Celui-ci un « sportif », un fervent du volant, habitué à juger promptement, répondit :

On écrit l’un et l’autre.
Voyons cela, fit l’examinateur. Entendez-vous qu’on peut mettre indifféremment i ou y ?
Non point. Roi désigne un chef d’Etat.
Et Roy ?
Roy, c’est le nom du meilleur fournisseur d’articles pour automobiles. Dans ses établissements de la rue du Chaudron d’Or, n° 3, on trouve phares, projecteurs, pare-chocs, avertisseurs, carburateurs…
Je sais, mon ami, c’est M. Roy qui me vend huile, graisse et pièces détachées pour mon auto. Allez, vous êtes reçu.

Et il le méritait bien.

« La Grand’goule : les lettres, les arts, la tradition, les sites. »  Poitiers, 1930.

Les marcheurs

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sylvain-dornon

Les amateurs de réclame inventent de temps en temps une nouvelle turlutaine, et chaque fois les badauds ne manquent pas de leur faire une galerie. Nous avons eu naguère la série des jeûneurs; nous en sommes, depuis la dernière Exposition Universelle, à celle des marcheurs, ou mieux des circulateurs.

Nous les avons vus venir en 1889 les uns après les autres, qui en vélocipède, qui en brouette, qui sur ses jambes. La série continue, et Paris dernièrement n’a eu d’oreilles que pour les exploits du lieutenant Winter, qui est venu à pied de Russie. Voilà maintenant qu’un de nos compatriotes, jaloux d’illustrer le nom de Dornon, est parti sur des échasses pour aller jusqu’à Moscou.

Malheureusement, ou heureusement pour lui, Sylvain Dornon a été entravé dans sa route par la neige intempestive qui est tombée ces jours derniers. Voudra-t-il néanmoins aller jusqu’au bout ? Peu importe maintenant. Il aura fait parler de lui, et c’est tout ce qu’il voulait.

« Journal littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.
Gravure : Le départ pour Moscou, L’Illustration, 21 mars 1891.