redevance

Ecoles buissonnières

Publié le Mis à jour le

Emile-Claus

Au Moyen Âge, chaque écolier, faisant partie des petites écoles de Paris, payait une rétribution à son maître, qui, à son tour, en payait une au chantre de Notre-Dame.

Quelques maîtres, pour se soustraire à cette redevance, tenaient leur école dans des lieux écartés, ou même dans les champs et les bois qui environnaient la capitale. De là, les écoles prirent le nom d’écoles buissonnières. Au seizième siècle, on nommait ainsi les écoles que les protestants tenaient secrètement à Paris, et qui furent défendues par un arrêt du parlement, rendu le 6 août 1552.

Telle est vraisemblablement l’origine de notre proverbe : « faire l’école buissonnière ».

« Le Magasin pittoresque. » Paris, 1842.
Illustration : Emile Claus.

Festins manqués

Publié le Mis à jour le

Harry-Eliott.

Lorsque M. de Vauréal, évêque de Rennes, mourut (le 19 juin 1760), quelques chanoines de cette ville voulurent engager le chapitre à demander une indemnité aux héritiers de ce prélat ; et voici à quel sujet.

De tout temps MM. les évêques de Rennes donnaient par an un festin à MM. les chanoines : c’était de fondation. M. de Vauréal n’avait jamais manqué de se conformer à ce louable usage, si ce n’est dans le temps où, ayant été ambassadeur en Espagne, il fit plusieurs absences, ce qui priva pendant quelques années le chapitre du festin ordinaire.

C’est une indemnité pour ces festins manqués, que certains chanoines voulaient réclamer en argent, aux héritiers, alléguant que les absences du prélat n’avaient pas dû les priver de cette redevance ; et ils s’occupaient déjà d’une liste exacte des festins épiscopaux auxquels le chapitre aurait dû assister, et de leur estimation en argent. Ce qui montait à une somme assez forte qu’ils se proposaient de demander en justice.

Mais l’affaire n’eut pas lieu, grâce à une bonne plaisanterie qui eut tout le succès que pouvaient désirer les héritiers de Monseigneur. Un plaisant s’avisa de mettre en jeu les apothicaires de Rennes et dressa une requête par laquelle ils demandaient à être reçus partie intervenante au procès, et à partager avec les chanoines le montant de l’indemnité ; et ce pour dédommagement des purgatifs, clystères et autres remèdes que lesdits chanoines auraient été obligés de prendre à raison des nombreuses indigestions dont les festins épiscopaux étaient constamment suivis.

Le chantre du Lutrin n’aurait pas manqué de faire son profit d’une pareille aventure s’il eut pu la connaître.

« Le livre des singularités. »   Gabriel Peignot, Dijon, 1841.
Illustration : Harry-Eliott