règlement

Michel-Ange interdit

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La douane américaine a saisi récemment un album de photographies représentant les fresques de la chapelle Sixtine.

Le règlement des douanes interdit, en effet, l’entrée en Amérique des reproductions jugées obscènes, sous réserve de leur valeur artistique.

Il fut extrêmement difficile de faire prévaloir la valeur artistique des fresques de Michel-Ange sur leur… obscénité.

« Marianne : grand hebdomadaire. »  Paris, 1933.
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Tabellion et locomotion

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Saviez-vous qu’à Paris on ne voit jamais un notaire en omnibus ? Les avoués et les avocats prennent fréquemment ce véhicule démocratique, mais jamais, au grand jamais, un notaire n’en franchit le seuil.

Ce n’est pas, croyez-le bien, que pris individuellement nos tabellions soient gens à dédaigner l’économie résultant de l’emploi de ce moyen de locomotion populaire mais cette abstention leur est imposée par un article du règlement édicté par la Chambre de discipline et qui comporte la défense expresse à tous les notaires de Paris monter dans les voitures publiques.

Cela ressemble à une facétie et cependant rien n’est plus vrai. C’est là un des mille petits ridicules généralement ignorés auxquels entraîne, pour tout ce qui touche de près ou de loin au monde de la magistrature, le culte de la fôôôrme.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. »  Paris, 1892.
Illustration :  « A travers Paris. »texte et dessins de Crafty. Paris, 1894. 

Un hôtel en Amérique

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hotel

Paul Courty, du Journal amusant, a un ami de retour d’Amérique qui affirme y avoir lu dans un hôtel le règlement suivant :

Les messieurs sont priés de ne pas mettre leurs pieds, en hiver, sur le manteau de la cheminée; en été, sur l’appui des fenêtres.

Les dames sont priées de ne pas écrire leurs noms sur les glaces et les vitres avec le diamant de leurs bagues. Si elles se servent de souliers en caoutchouc, elles devront les nettoyer elle-mêmes.

Elles sont, de plus, invitées à ne pas sonner toutes les cinq minutes la femme de chambre, et à ne pas laisser leur porte ouverte la nuit, quand elles logent à côté d’un gentleman.

Le gentleman célibataire s’abstiendra de jouer du trombone; il ne doit pas peigner ses favoris à table, ou du moins ne pas laisser le peigne à côté de son assiette.

Les dames sont priées de ne pas mettre le nez dans les plats qu’on leur passe, à moins qu’elles n’aient la vue basse, et de ne pas tremper les doigts dans la sauce pour la goûter.

On ne doit pas se battre pour la croûte du gâteau de maïs.

Si une dame est pressée de quitter la table avant la fin du repas, elle est priée de le faire sans dire aux convives le motif qui l’oblige à sortir.

Conditions très libérales. La pension est invariablement payée d’avance, au commencement de chaque semaine.

Tout n’est peut-être pas prévu dans cet original règlement; mais il est curieux à conserver au point de vue des mœurs locales.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891. 

Ordonnance du douzième siècle

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croisades

En 1190, lorsque Richard Cœur-de-Lion s’apprêta à partir pour la troisième croisade, à la tête d’une armée de trente-cinq mille hommes qu’il devait réunir à celle de Philippe-Auguste, chef de cette croisade, il fit un règlement de police pour ses troupes qui allaient s’embarquer. Voici le texte de cet acte, qui ne donne que trop la mesure de la barbarie du temps: 

1° Celui qui en tuera un autre à bord d’un vaisseau devra être lié à celui qu’il aura tué, et, dans cet état, jeté à la mer.

2° Celui qui en tuera un autre sur terre devra pareillement être attaché avec le cadavre, et enterré avec lui. 

5° Celui qui sera légitimement convaincu d’avoir tiré le couteau ou toute autre arme pour frapper quelqu’un, ou qui en aura frappé un autre jusqu’à effusion de sang, aura la main coupée.

4° Celui qui frappera un autre de la main, sans effusion de sang, sera plongé trois fois dans la mer.

5° Celui qui se servira de termes injurieux, invectives, imprécations et malédictions, sera condamné à payer autant d’onces d’argent qu’il aura insulté de fois.

6° Celui qui aura volé, quand il sera convaincu légitimement, devra avoir la tête rasée, arrosée de poix bouillante, et frottée avec de la plume ou du duvet, afin qu’on puisse le reconnaître, et, en cet état, il sera mis à terre et abandonné dans le premier lieu qu’on rencontrera.

Que penser d’une armée qu’il fallait intimider par de si horribles menaces ? Etaient-ce là des soldats chrétiens ? Mais il est probable aussi qu’une semblable ordonnance n’était pas dictée par une entière sagesse. Une pénalité si féroce devait être appliquée rarement, et par suite devenir bientôt moins efficace que si elle eût été plus humaine.

« Le Magasin pittoresque. » Édouard Charton, Paris, 1841.