Reichstag

Wagner au rabais

Publié le Mis à jour le

richard_wagner_filmL’audace cinématographique ne connaîtra bientôt plus de bornes : celui de tous les musiciens modernes qui fut peut-être le plus difficile touchant le choix de ses interprètes, va bientôt figurer sur des « films ». 

Dans quelques mois, exactement en février 1913, ses œuvres tomberont dans le domaine public. Voici beau temps que les Allemands redoutent cette éventualité. Déjà, une loi proposée, au Reichstag avait tenté d’en retarder l’échéance, en portant à 50 ans la durée des droits de propriété musicale et littéraire, au lieu de 30 ans qui est en Allemagne le chiffre actuellement fixé. Cette loi fut repoussée.

Désormais, une plus grande facilité dans l’interprétation de Parsifal, Siegfried, Lohengrin, et autres chefs-d’œuvre, servira peut-être, à les faire connaître davantage de la foule. Ceci ne sera pas un mal.

Mais, d’ici à servir des scènes de Wagner au rabais, sous forme de cinématographie, avec accompagnement de piano mécanique, il y a des limites. Ces limites vont être franchies par une grande maison de cinématographes italiens.

Qu’il sera loin le temps où Louis II, roi de Bavière, était le seul à écouter les œuvres du musicien à peine révélé !

« La Semaine politique et littéraire de Paris. » Paris, 17 novembre 1912.

Si vis pacem, para bellum

Publié le Mis à jour le

prussiensIl y a décidément des officiers allemands qu’on ne prend pas sans vert. L’anecdote suivante en fait foi, que raconte le Vorwaerts, critiquant la discussion du budget de la guerre au Reichstag : 

Un soir de printemps de l’année 1887, l’esplanade de Metz était remplie d’officiers prussiens. Tous, très émus, regardaient un point brillant dans le ciel. Ce point brillant, selon ces officiers, c’était un ballon français qui, au moyen d’un projecteur électrique, étudiait les fortifications de Metz et, en particulier, les forts Prinz Friedrich Karl et Alvensleben

Un capitaine de pionniers prussien racontait avec importance à qui voulait l’entendre, qu’il avait calculé très exactement le lieu où se trouvait le ballon. C’était, assurait-il, un ballon captif. 

Or, en réalité, ce que ces officiers prenaient pour le projecteur d’un ballon, c’était simplement… la planète Vénus.  

Il y a des chiens qui aboient à la lune, des sauvages qui tirent des flèches contre le soleil : il y aura des artilleurs qui canonneront les planètes; et ce sera la guerre telle que l’a décrite le romancier Wells.

« Ma revue. » Paris, 19 mai 1907.