renard

Chien de guerre

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renard-terry-fanLe chien à la mode, c’est le renard ! Encore les guerriers qui auront amené à l’arrière cet hôte incommode aux civils. 

Le permissionnaire, ayant apprivoisé au fond des bois quelque renardeau, l’emporte à Paris. Le chef de train, la receveuse de tramway tolèrent à côté du soldat la présence du renard : vous ne voudriez pas que la marraine fût moins accueillante pour le compagnon de son filleul que la receveuse de tramway ou le chef de train ? La marraine dorlote le renard, lui donne des friandises, l’installe au salon, et il y reste. 

Et voilà toute l’histoire de sa fortune insolente. 

Constatons que le renard était né pour devenir un chien d’appartement. Il porte le collier avec grâce, se montre docile et affectueux. 

Ajoutons qu’il ne fait courir aucun risque à notre garde-manger. Il serait dur, en ces temps de vie chère, de le nourrir avec des poules ou même avec des œufs. Mais la maîtresse de la maison est là pour lui imposer des restrictions. 

Et le renard se résigne, patriotiquement, au menu pacifique de la guerre. 

« Excelsior. » Paris, 1917.
Illustration : Crazy Like a Fox by Terry Fan.

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Étymologie du mot renard

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En consultant les anciennes chroniques, on a découvert qu’il existait au moyen âge, sur les frontières du Béarn, un seigneur tout velu, type d’astuce et de méchanceté, appelé Renard. Il était, à dix lieues à la ronde, l’exécration des vilains et des cerfs, et l’on voit encore à la bibliothèque royale les manuscrits d’une vingtaine de romans dont il est le héros.

Dans ce  temps-là, comme au temps de La Fontaine, on aimait à personnifier les animaux, et pour mystifier le seigneur Renard, on lui chercha parmi eux un emblème. Le choix tomba sur un animal à la physionomie fine et trompeuse, au museau pointu, au corps effilé, à la queue longue et touffue, que l’on baptisa du nom de renard. Ce sobriquet lui est resté, et cet animal que l’on appelait auparavant vulpie, du mot latin vulpes, n’est plus connu maintenant que sous le nom de renard.

« Journal des anecdotes anciennes, modernes et contemporaines. »Paris, 1833.
Illustration : Debra Hall.

Le renard et le lion

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Un renard n’avait encore jamais vu de lion. Un beau jour, le hasard lui en fit rencontrer un: peu s’en fallut qu’il ne mourût de frayeur.

Puis il le rencontra une seconde fois: il eut encore peur, mais non pas autant que la première.

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Enfin, à la troisième rencontre, il s’enhardit au point d’aborder le lion et de converser avec lui.

Effet de l’habitude: ce qui nous effrayait devient d’accès facile.

Esope.

Le renard et le corbeau

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Benjamin Rabier, 1929.

Le renard sans queue

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Un renard avait laissé sa queue dans un piège. Depuis lors, la honte lui rendait la vie insupportable.

C’est pourquoi il résolut d’amener les autres renards à partager son sort: ainsi le malheur général dissimulerait sa propre infortune. Il les réunit tous et les exhorta à se couper la queue, alléguant non seulement que cet appendice était fort laid, mais encore que c’était un fardeau superflu dont les avait chargés la nature.

Eh ! l’ami, lui répliqua l’un des renards, si tu n’ y trouvais pour toi un avantage, nous aurais-tu, à nous, donné ce conseil ?

Le mot s’adresse à ceux qui se font les conseillers du prochain non par bienveillance, mais par intérêt.

Esope.