représentation

Les ambassadeurs

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Les ambassadeurs japonais visitèrent Paris en 1863. Ils étaient pilotés par M. Aubaret, capitaine de frégate, que l’Empereur avait mis à leur disposition. Ces messieurs étaient sur le point de partir lorsqu’on se rappela qu’ils n’avaient pas encore vu l’Opéra.

On s’empressa de leur offrir une représentation charmante : le Comte Ory commençait la soirée, qui devait être terminée par le ravissant ballet Diavolina, que Mlle Mourawief dansait d’une si gracieuse manière. Les Japonais étaient ravis. Le prince qui se trouvait parmi eux et qui n’avait que dix-neuf ans, ne quitta pas des yeux la scène. Et comme à la fin du spectacle on lui demandait la chose qui l’avait le plus frappé, de la musique européenne ou des entrechats de la première danseuse du monde, il répondit d’un air rêveur (en japonais s’entend) :

Je n’ai pas fait attention !
— Comment ! mais vous regardiez cependant bien attentivement ?
— Oui… Dites-moi, je vous prie, comment s’y prend le musicien de l’orchestre, qui avale du cuivre pour le rejeter ensuite avec tant de facilité et sans que cela paraisse lui faire mal ? Il m’a fort intrigué. C’est lui que j’ai regardé tout le temps.

La chose qui avait le plus frappé, dans une représentation à l’Opéra, son altesse le prince Ti-ché-fa-yo-no-Kami (ils sont tous No-Kami dans ce pays-là) c’était le trombone.

« L’Album photographique universel : journal bijou : paraissant tous les dimanches. » Bordeaux, 1865.

 

Le petit doigt de Victorien Sardou

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M. Sardou, en cela semblable à plusieurs de ses confrères, n’aime pas être loué à demi. Le critique d’un grand journal l’ayant, au lendemain de la première représentation de Cléopâtre, couvert de fleurs autant que le comportait une semblable pièce, le nerveux auteur dramatique n’a pas encore été satisfait, et a envoyé audit critique le billet suivant :

Mon cher ami,
Je voudrais pouvoir vous serrer la main, mais, après votre article de ce matin, je ne puis vous offrir que le petit doigt.

Bien à vous,
V. Sardou.

Nous serions assez curieux de savoir ce qu’il faut dire pour avoir la main tout entière de M. Sardou…

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1890.

L’attrait de la dot

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gala...

Ceci se passe en Amérique. Un citoyen de Chicago avait organisé dans cette ville une représentation de bienfaisance. Or, le public ne « rendait » pas. Huit jours avant la représentation, les trois quarts des fauteuils restaient inoccupés.

Un Américain ne s’embarrasse pas pour si peu. Celui-ci fit passer dans les journaux la note suivante :

« William S…, propriétaire d’une des plus grandes usines de l’Alabama, désire marier sa nièce, 19 ans, très jolie, santé garantie par sommités médicales. 500 millions de dollars de dot. Ecrire William S…, bureau 17. »

Les demandes affluèrent : plus de trois mille en cinq jours.

Chaque prétendant reçut la réponse que voici :

« Il faut d’abord que vous sachiez si ma nièce vous plaît, et, pour cela, la voir. J’assisterai, avec elle, à la prochaine représentation de bienfaisance du théâtre de Chicago. Nous occuperons la loge 3. »

On refusa du monde, ce soir-là, au théâtre de Chicago. Mais, bien entendu, la loge 3 demeura vide.

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.