reptile

Le serpent de mer… jadis 

Publié le

olaus-magnusNous n’avons même pas inventé le serpent de mer, puisque Rabelais en parle. Mais existe-t-il réellement ? Où n’est-il  qu’une hallucination des passagers ? Voilà qu’on le découvre, à présent, un peu partout en mer. Et M. Giard vient de nous donner quelques aperçus sur cet étonnant reptile.  

A quel groupe de reptiles faut-il rattacher le serpent de mer ? A aucun des groupes connus. Il n’est point encore classé. Du moins il semble qu’on doive aller chercher parmi les fossiles un animal dont la structure puisse répondre à celle du serpent de mer qu’on aurait aperçu dans la baie d’Along. Il est donc permis de supposer que ce serpent de mer appartient à un des groupes que nous considérions jusqu’ici comme disparus, par exemple : les Mosasaures ou les Ichtyosaures. C’est tout ce que l’on peut dire pour le moment, en attendant qu’une expédition scientifique spéciale permette de connaître mieux le serpent de-mer de la baie d’Along. 

J’ajoute que ces animaux, connus et redoutés des Annamites, doivent avoir fourni l’idée du dragon qui, modifié et amplifié par la légende, s’est héraldisé pour former l’emblème national de l’Annam. C’est l’opinion du lieutenant de vaisseau Lagrésile, auteur du  premier rapport sur le serpent de mer en 1897. 

On trouvait dernièrement, en Afrique, un animal terrien, l’okapi, que nous supposions depuis longtemps disparu. Pourquoi ne pourrait-on retrouver aussi le mosasaure ou l’ichtyosaure qui, s’ils existent encore, ne peuvent vivre qu’à de très grandes profondeurs dans la mer et n’apparaître à la surface que très rarement et comme par accident ?  

Tout cela est bel et bon. mais ne nous fournit que des considérations. Et comme j’aimerais mieux voir le serpent de mer, au Jardin des Plantes ou au Jardin d’Acclimatation 

« Touche-à-tout. » Paris, 1904.

Publicités

Monstres des océans

Publié le Mis à jour le

krakenJamais la superstition humaine n’a peut être imaginé un monstre plus horrible que la pieuvre… Au-centre d’une masse gélatineuse et molle, repoussante, s’arrondissent des yeux fixes, et froids, larges parfois comme une assiette de dessert. Au dessous des yeux, un bec de perroquet énorme, recourbé, puis une sorte de gueule informe, trou immonde… 

Autour de ce sac flasque et bizarre, des bras de géant, des tentacules horribles, atteignant jusqu’à dix-huit ou vingt pieds de long, gros comme le corps d’un petit enfant, ponctués de suçoirs irrésistibles, qui tiennent, détiennent et retiennent implacablement la victime, quelles que soient sa force et sa grandeur. 

Mais connaît-on bien encore les plus grandes et les plus formidables espèces de pieuvre ?

Il y a quelques années, M. Hophins, commandant de la goëlette Mary Ogilvie revenait d’Australie lorsque, à huit kilomètres du golfe Exmouth, il rencontra un monstre  stupéfiant qu’il suppose être un poulpe, c’est à dire une pieuvre gigantesque qu’il prit, tout d’abord pour la carcasse d’une baleine échouée. Ce colosse avait à peu près la forme d’un violon aux proportions extravagantes. A plat, sur la surface de l’eau, il soulevait à la hauteur de trois mètres, un de ses huit tentacules formidables. 

Le capitaine Hophins ne put prendre la mesure absolument exacte de ce colosse extraordinaire dont la structure bizarre et l’étonnante énormité terrifièrent l’équipage. L’honorable marin, qui est en même temps un naturaliste distingué, n’est pas éloigné de croire que si le monstre eut atteint le navire, il aurait pu arriver à le faire chavirer.  Jamais, dans sa longue carrière de marin, il n’avait rencontré de monstre pareil à cette pieuvre géante. 

creature-krakenA mesure que les mers sont de plus en plus explorées, étudiées, fouillées, draguées à des profondeurs immenses si bien que le Pacifique finira par être aussi connu que le lac de Genève, on découvre chaque jour, des espèces étranges et colossales qui feraient croire à l’authenticité possible du fameux serpent de mer. 

Revenant d’un voyage à Trunchim, le savant capitaine Laurent de Ferry aperçut au milieu des vagues une sorte de serpent gigantesque. Aussitôt, il saisit son fusil et tire sur le monstre. Atteint légèrement, le reptile énorme rougit les flots de son sang et disparaît dans l’abîme. Ce monstre inouï, tout l’équipage eut le temps de le voir : sa tête horrible s’élevait à quatre pieds environ au-dessus des vagues et ressemblait d’une manière stupéfiante à celle d’un cheval. Une sorte de byssus épais et verdâtre faisait comme une crinière à son cou extrêmement allongé. 

Outre la tête de ce reptile effrayant, on distingua avec une netteté parfaite une douzaine de ses plis énormes qui renaissaient à une toise l’un de l’autre, longueur vraiment fantastique…. La tête deux fois grosse comme celle d’un cheval ordinaire et plaquée de deux yeux énormes et saillants avait, dans des proportions colossales, le bizarre aspect de la tête des petits hippocampes que l’on peut voir dans l’aquarium du Jardin d’Acclimatation. 

Après Laurent de Ferry voici un naturaliste bien connu, le pasteur Donald Maclan qui, sur la côte de Coll aperçut, lui aussi, un reptile marin d’une grandeur prodigieuse. Sa tête était terrifiante, aussi grosse que celle d’un taureau et présentant l’aspect hideux de la face d’un crapaud gigantesque. Plus effilé que le reste du corps, le cou, très allongé, était garni d’une sorte de crinière, tout comme le monstre aperçu par Laurent de Ferry. La longueur de ce reptile qui s’étalait tranquillement sur la surface des eaux, mesurait au moins 60 pieds. Plusieurs témoins oculaires ont affirmé le témoignage de l’honorable Donald Maclan. 

serpent-merQuelques mois plus tard, vint s’échouer sur la plage de Stronsa, l’une des Orcades, le corps d’un gigantesque reptile marin. Aussitôt, en présence du docteur Barcklay, auteur d’études géologiques estimées, des notables et des juges du pays, on dressa un procès-verbal constatant que le monstre avait dix-huit mètres de longueur et trois mètres de circonférence, qu’une espèce de crinière s’étendait jusqu’à la moitié de son corps, que les soies de cette toison bizarre étaient phosphorescentes la nuit, qu’enfin ce monstre avait des nageoires de quatre pieds de longueur ressemblant aux ailes d’un coq déplumé. 

L’espace dont nous disposons nous force d’être bref et de couper court à de saisissantes relations de ce genre. Elles sont très nombreuses et presque toutes confirmées par des témoins oculaires, aussi dignes de foi par leur caractère que par leur savoir. Que faut-il en conclure ? Nous ne faisons que raconter…

La mer est le domaine mystérieux de l’étrange et de l’horrible. Variées jusqu’à l’infini, les espèces les plus singulières couronnent les vagues, s’entassent sur les rivages, grouillent dans les abîmes….. Combien de pages du grand livre de la Nature n’ont pas encore été coupées ! Ces pages inconnues ne vont pas se perdre dans les profondeurs de la terre ou dans les hauteurs du ciel : Elles trempent dans la mer. Ce ne sont pas les nuages ou les forêts qui nous les cachent, c’est l’abîme ! 

Le Golfe Persique et la mer du Japon présentent quelquefois un spectacle saisissant, plein de grâce et de mystère : un champ de fleurs éblouissantes apparaît tout à coup sous les eaux transparentes, aux regards surpris du navigateur. Ce champ de fleurs sous-marines, plus éclatant que les bleuets et les coquelicots, n’est que la réunion de gigantesques tridacnes ou « grands bénitiers ». Comme les fleurs ouvrent leur calice, ces grands mollusques ouvrent leurs valves et, de leur coquille grande ouverte, resplendissent ces belles couleurs.
monstres-marins
L’écrin, c’est l’écaille, le diamant, c’est la bête. Soudain, on ne sait pourquoi, le bâillement général cesse sur toute la ligne et le parterre disparaît. Le grand bénitier est le roi des coquillages. C’est un géant et un hercule du monde des eaux. Souvent, chacune des valves de l’énorme coquille atteint jusqu’à sept pieds de long et ne pèse pas moins de trois cents kilogrammes. Des naturalistes affirment qu’il faudrait la force de trois chevaux attelés à l’une de ces valves pour faire bailler le colosse malgré lui. 

Jadis, la République de Venise fit présent à François Ier d’un gigantesque tridacne qui resta dans le trésor royal jusqu’au règne de Louis XIV. Cette splendide coquille sert aujourd’hui de bénitier dans l’église de Saint-Sulpice dont elle est la grande curiosité. En Chine, l’écaille du tridacne est appelée à d’autres destinations : quand les valves du grand bénitier sont vulgaires, on en façonne des auges pour les bestiaux. Quand elles sont intactes et fines, d’une remarquable beauté, elles servent de baignoires aux riches dames Chinoises. Dans ce cas c’est un objet de haut luxe, délicatement enjolivé d’ornements d’argent et d’or. 

Auge, baignoire ou bénitier, étrange destinée de cette fille des mers, qui conserve, dit-on, dans les replis de son écaille rose les âpres senteurs elles bruits confus des océans.

Fulbert Dumonteil. « Le Chenil. » Paris, 1902.

Les serpents sont-ils sourds ?

Publié le

charmeur-serpent

Tout le monde sait avec quelle vivacité les reptiles fuient au moindre bruit.

Il semble dès lors audacieux d’affirmer qu’ils sont sourds. C’est pourtant ce que soutient un spécialiste, M. Clyde Gordon, directeur du zoo de Staten Island (New York), qui part en guerre contre les fakirs hindous et autres charmeurs de serpent, qu’il n’hésite pas à traiter de farceurs.

M. Clyde Gordon s’est livré à la démonstration suivante : devant un cobra couché, il a porté à ses lèvres une flûte qu’il a agitée comme le font les charmeurs de serpent, mais sans souffler. Le cobra s’est aussitôt dressé, dodelinant de la tête, puis s’est agité de plus en plus, jusqu’au paroxysme de l’excitation nerveuse.

Sans musique, M. Clyde Gordon est donc arrivé au même résultat que les fakirs avec leur flûte merveilleuse.

« Qui ? : le magazine de l’énigme et de l’aventure. » Paris, 1946.

Comment on nourrit un boa

Publié le

 

boa-zoo

On sait que les serpents peuvent rester plusieurs mois sans prendre de nourriture.

Ils sont de plus très capricieux en ce qui concerne leurs repas. Telle chose leur plaît un jour dont ils ne voudront pas dans une autre circonstance. Cet état est encore augmenté lorsque les reptiles sont en captivité. Ils vont parfois même jusqu’à refuser toute nourriture.

Tel était le cas d’un superbe boa qui faisait l’ornement du Jardin Zoologique de New York. Les Américains n’aiment pas qu’on leur résiste. En vain essayèrent-ils de faire défiler devant le reptile entêté les mets les plus alléchants pour lui, rien n’y fit. Le boa resta insensible et continua son jeûne.

Il fallait agir. Que fit-on ? Une dizaine d’hommes s’emparèrent du reptile, on lui ingurgita de force lapins et poulets. Le boa se débattit comme un beau diable et ce n’est pas sans peine et sans luttes que l’opération put être menée à bonne fin.

« Le Grand illustré »  Paris, 1906.

Le boa assoupi

Publié le Mis à jour le

attaque-boa

Le pavillon des serpents du Jardin zoologique de New York a été, récemment, le théâtre d’une scène terrible. Un gardien était entré dans la grande cage pour porter à manger au boa constrictor, qui paraissait assoupi.

Tout d’un coup, l’homme sentit que le serpent s’enroulait autour de ses jambes, et cherchait à l’attirer vers le fond de la cage.

Le malheureux gardien se cramponna désespérément aux barreaux de la grille et se mit à appeler au secours. A ses cris, des gens accoururent, et bientôt on vit quinze hommes en lutte avec le serpent pour lui arracher sa proie.

Il se passa quelques minutes d’angoisse. On croyait le pauvre homme irrémédiablement perdu, mais enfin, grâce aux efforts réunis des sauveteurs, le reptile dut lâcher prise.

Le gardien a été retiré de la cage dans un état lamentable.

« Le Petit Journal illustré. » Paris, 12 Avril 1908.