République

République de femmes

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Jean-François Millet
Jean-François Millet

Une romancière de Chicago, miss Mary Hydon, vient d’acheter 5.000 acres de terre dans le Texas pour y établir une colonie agricole à l’usage exclusif des femmes. Miss Haydon et ses compagnes, toutes célibataires, se proposent d’exploiter  elles-mêmes leur domaine, sans le concours d’aucun homme.

Elles font appel à toutes les femmes éprises de liberté, d’exercice et de grand air. Soit que les candidates veuillent prêter à l’oeuvre commune l’aide efficace d’un petit capital, soit qu’elles apportent seulement le concours de leurs mains, elles seront toutes les bienvenues.

Ces vaillantes ne s’effrayent d’aucune peine; elles ne reculent point devant les plus rudes labeurs. Elles comptent labourer, semer, faucher et moissonner, pour démontrer que rien n’est au-dessus de leur courage. Ces fermières virginales ont cependant prévu le cas où le retour à la vie de nature les engagerait à sortir d’un isolement farouche. S’il en est parmi elles qui désirent se marier, elles auront le droit d’installer leur époux sur le territoire colonial; mais ceux-ci demeureront exclus de l’administration.

Les progrès du féminisme finiront par ne laisser à l’homme d’autre état que celui de prince consort.

« Ma revue. » Paris, 1907.

L’impôt sur les célibataires

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Gustave Caillebotte
Gustave Caillebotte

On reparle de l’impôt sur le célibat.

Nous pouvons espérer que la République actuelle n’entendra pas ce problème de sociologie aussi cruellement que les Républiques de l’antiquité.

A Sparte, disait dernièrement la France, les femmes pouvaient se saisir des célibataires, les traîner nus dans le temple d’Hercule et leur infliger une correction sévère. Platon les condamnait à une amende.

A Rome, les lois leur imposaient le paiement d’une certaine somme. Quelquefois on faisait mieux : après le siège de Véies, Camille forçait les célibataires à épouser les veuves des citoyens morts en défendant la patrie.

Auguste, sans aller jusque-là, promulgua des lois ordonnant de préférer, pour tous les emplois, les gens mariés à ceux qui ne l’étaient pas. Le citoyen romain qui avait trois enfants était exempt de toute charge personnelle. Les célibataires payaient pour eux. Les gens non mariés ne pouvaient pas hériter des étrangers.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887.