respect

La censure aux Etats-Unis

Publié le

Theodore-Roosevelt

Elle est la même partout, c’est-à-dire aussi godiche, même dans ce pays de liberté qu’a la prétention d’être l’Amérique.

Il existe des photographies de M. Theodore Roosevelt qui le représentent chassant dans le Colorado, vêtu en cow-boy. Mais, parmi ces photographies, il s’en trouvait une qui le montrait en train de se laisser interviewer par une reporteresse, miss Gertrud Dunn, et cette épreuve avait deux défauts : d’abord, le cliché avait été pris de telle façon que le président n’y occupait pas la place principale. En second lieu la reporteresse, qui se trouvait à cheval aussi, était montée à califourchon et montrait un peu trop de jambe au-dessus de ses chevilles.

Par pudeur… et par respect pour le protocole, le cliché a été détruit. Il est probable que M. Roosevelt, qui est un homme intelligent, n’en a rien su.

« Gazette Française. » Paris, 1905.

L’hôte de Paris

Publié le Mis à jour le

edouard-VIILa semaine dernière, l’hôte de Paris n’était pas seulement, comme vous pourriez vous l’imaginer, le roi Edouard VII, mais son chien très affectionné, un terrier irlandais, du nom de Jack, qu’un piqueur en livrée promenait aux Tuileries, où il voulut s’esbattre avec la liberté anglaise. 

Aussitôt, les gardes des Tuileries se précipitent pour le rappeler au respect des pelouses, et peut-être allait-on avoir un incident diplomatique, quand un agent de la Sûreté survint et annonça que c’était « le chien du roi ». Grande mortification, puis marques de respect des gardes des Tuileries. Et Jack s’esbattit en liberté.

Mais quelques instants plus tard il engageait une partie d’entente cordiale avec le petit chien d’une vieille dame, à qui la chose ne convint pas, et qui appliqua à Jack un solide coup de parapluie. Vainement alors, l’agent de la Sûreté essaya de faire respecter le chien du roi.

Tant pis, cela m’est bien égal ! répliqua la vieille dame, en redoublant les coups.

Et Jack apprit qu’à Paris les chiens de roi ne sont que des chiens comme les autres.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

Un procès bizarre

Publié le

cniches-tableau

Ces calendriers perpétuels assez répandus maintenant, sur lesquels on voit trois caniches tirant la langue avec laquelle ils indiquent le quantième et la date, ont donné lieu à un procès assez amusant.

Une dame P…, possédant trois caniches qu’elle affectionnait, les fit photographier. Un beau jour, elle aperçut l’effigie de ses trois caniches reproduite sur un calendrier perpétuel.

Colère de Mme P…. à l’idée que des indifférents tireraient chaque matin la langue de ses pauvres toutous. Elle intenta un procès, attaqua l’imprimeur… Mais sa demande fut rejetée par un jugement du tribunal civil de la Seine.

Le tribunal jugea que le respect dû à la personnalité canine n’allait pas jusqu’à interdire de publier l’effigie d’un chien, sans l’autorisation de son maître. Quant aux caniches, il est présumable que la décision du tribunal leur était assez indifférente.

« Le Petit Français illustré. »  A. Colin et Cie, Paris, 1899.
Illustration : montage fait maison.

Chapeau bas

Publié le Mis à jour le

dumas

Dumas père avait le meilleur des caractères. Mais encore, à l’occasion, savait-il se faire respecter. Un jour, son valet de chambre lui annonça le directeur d’un grand théâtre parisien.

Faites entrer ici même, dans mon cabinet de travail, dit le célèbre romancier.

Le directeur se présenta, sans se donner la peine d’enlever son chapeau, et d’un ton familier :

Qu’apprends-je, mon cher Dumas, vous donnez la Dame de Montsoreau à l’Ambigu ?

Oui, monsieur.

Définitivement 

Oui, monsieur.

Pourtant, si je vous offrais cinq mille francs de prime ?

Ça ne changerait rien, monsieur.

Dix mille ?

Je refuse, monsieur.

Quinze mille ?

Assez, monsieur !

L’Ambigu vous en donne, donc vingt mille ?

Non, monsieur, beaucoup moins.

Mais, alors, quelle spéciale faveur vous fait mon heureux concurrent ?

Aucune… sinon de me parler le chapeau à la main.

« Magazine universel. »  Paris, 1903.