retraite

Le banquet des chevaux

Publié le Mis à jour le

acton

Ces jours-ci a eu lieu aux environs de Londres le banquet annuel des chevaux âgés ou infirmes de la maison de retraite édifiée pour eux, à Acton, par les soins du duc de Portland.

Ne riez pas, c’est absolument sérieux. Il y a près de huit ans que le « Home of Rest » existe, et chaque année, à pareille époque, les trente pensionnaires de l’établissement d’Acton, sont régalés d’un véritable banquet, où figurent, outre la meilleure avoine, des petits pains, des carottes, des pommes, des gâteaux et mille sucreries. Tout cela est servi sur une table où sont disposées le nombre voulu des mangeoires, et les invités de marque qui assistent à ce singulier repas ne manquent jamais de le corser par quelque gâterie supplémentaire. Cette année, une jeune femme, Mme Gore, n’avait-elle pas eu l’idée de distribuer aux vétérans d’Acton un plum-pudding monstre ! Le plus âgé des pensionnaires du Home of  Rest s’appelle Bones, et il vient des horse guards de la reine et a trente-sept ans.

L’entretien et la nourriture de chaque animal sont assurés par les organisateurs de cette institution, unique en son espèce.

« Arcachon-journal. » Arcachon, 1899.

Publicités

Je n’oublie pas

Publié le Mis à jour le

ambroise-croizat

M. Croizat le nouveau ministre du Travail nous fait part de ses projets

Ce matin, à 11 heures, s’est déroulée au ministère du Travail, rue de Grenelle, la cérémonie de passation des pouvoirs au nouveau ministre, M. Ambroise Croizat.

A l’issue de cette cérémonie, M. Croizat s’est prêté complaisamment aux questions des journalistes. Il a déclaré qu’il se proposait :

1° D’assurer la mise en application du plan de sécurité sociale voté il y a quelques mois par l’Assemblée consultative.

2° De remettre en vigueur les conventions collectives, l’institution des délégués du personnel, et les majorations afférentes aux heures supplémentaires.

Le nouveau ministre a indiqué qu’il envisageait, afin d’améliorer l’efficacité des comités d’entreprises de les orienter dans le sens des comités mixtes de production. De toute façon, a ajouté M. Croizat, une telle modification ne pourrait se faire qu’après consultation et accord des syndicats intéressés.

La retraite des vieux et les allocations familiales

Puis le ministre insiste sur son désir d’améliorer la retraite des vieux travailleurs dont il fut, à l’Assemblée consultative, on s’en souvient, le plus ardent promoteur. Mais M. Croizat ne se cache pas les difficultés que soulèveront les incidences financières de son projet.

Enfin, interrogé sur ses intentions à l’égard des allocations familiales, M. Croizat signale qu’il envisage un rajustement plus conforme au coût de la vie.

« Ce soir. » Paris, 1945.

La Maison des Animaux

Publié le

 

consultation-animaux

Les animaux ont, à présent, leur maison de retraite, tout comme les vieux comédiens. Et c’est le parc d’un château — ni plus ni moins — qui est mis à la disposition des bêtes.

Voilà qui ferait singulièrement se rengorger les faméliques chats de gouttières et les chiens abandonnés, s’ils se doutaient, lorsqu’ils franchiront la grille dans leurs petites voitures d’ambulance, qu’on les installe dans l’ancien domaine d’un marquis, spécialement aménagé pour eux. Rien n’est, pourtant, plus exact. Le château de Bel-Air, qui domine au sud la petite ville de Rueil, fut construit, il y a quelques lustres, dans le goût du dix-huitième siècle, par le marquis de Maubout, aujourd’hui décédé. Son propriétaire actuel, M. Lépinay, est secrétaire général de l’ « Assistance aux Animaux », et il a mis là plus grande partie de son parc à la disposition de la Société pour réaliser une oeuvre de bienfaisance envers les bêtes.

Chiens, chevaux et chats sont installés, les uns et les autres, dans des locaux spacieux aménagés suivant toutes les règles de l’hygiène : cuisine, salle de bains, infirmerie, salle d’opérations, parc pour les ébats des bêtes,  rien n’y manquera pour assurer tout le confort désirable aux petits pensionnaires. Des infirmiers et infirmières en blouse blanche font le service, et des consultations gratuites sont données, certains jours de la semaine, aux personnes qui ont des animaux à faire soigner.

abri-chats

L’histoire des bêtes recueillies est, parfois, touchante, car elle montre le profond attachement qu’ont les déshérités de la fortune pour leurs fidèles compagnons, donnés, peut-on dire avec Lamartine : 

« Pour aimer encor ceux que n’aime plus personne. » 

Un jour, c’est une brave femme, qui habitait la zone, près de Saint-Ouen, et que son propriétaire allait expulser. Elle était moins inquiète pour elle-même que pour ses chats, car, quoiqu’elle fût dans la misère, elle avait chez elle vingt-huit chats, qu’elle avait recueillis, et elle ne savait où les loger en attendant de chercher un nouveau gîte. Vingt-huit chats du coup ! C’était quelque chose. Cependant, devant le chagrin de cette brave femme, on n’hésita pas à les héberger jusqu’à ce qu’elle eût trouvé un nouveau logement.

Une autre fois, M. Lépinay recevait la visite d’un marchand de légumes de la Varenne-Saint-Hilaire, qui lui amenait son âne, Baptiste. L’homme se faisait âgé, il avait perdu sa femme et obtenu son admission dans un hospice. Qu’allait devenir Baptiste ? Le pauvre vieux déclara en pleurant qu’il ne se séparerait pas de son fidèle serviteur, si le sort de celui-ci n’était pas assuré. A ce moment, la Société n’avait pas le domaine de Bel-Air à sa disposition et elle n’était pas installée dans Paris pour hospitaliser les gros animaux. Toutefois, une exception fut faite en faveur de Baptiste, qui se rendit utile en portant des croûtes. Tranquillisé, le bon vieillard prit alors le chemin de l’hospice.

clinique-animaux

Pour encourager la pitié envers nos « frères inférieurs », l’Assistance aux Animaux distribue tous les ans des récompenses aux professeurs et instituteurs qui apprennent à leurs élèves à aimer les bêtes, si utiles pour nous quand on sait les comprendre et se les attacher. Et, désormais, plus heureux que beaucoup d’entre nous, les animaux auront leur maison de campagne.

« Les Annales politiques et littéraire. »Paris, 1910.

Pensons à nous

Publié le

dactylographes

Au ministère du Travail, le service des retraites était, depuis l’origine, assuré par un certain nombre de braves auxiliaires peu payés mais qui avaient paru suffisants pour une simple manipulation de fiches.

On vient de les remercier parce qu’ils sont trop vieux. Et on les a remplacés par un essaim de dames dactylographes.

Le public sera peut-être charmé d’apprendre que parmi ces dames dactylographes, il y a quelques filles de députés socialistes. Ces excellents socialistes ne croient pas déroger en plaçant leurs descendantes dans les bureaux de l’Etat.

 » Le Cri de Paris. »  Paris, 1914.
Illustration : Dactylographes en 1914 (Lewis W. Hine, Flickr).