Richard 1er

Ordonnance du douzième siècle

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croisades

En 1190, lorsque Richard Cœur-de-Lion s’apprêta à partir pour la troisième croisade, à la tête d’une armée de trente-cinq mille hommes qu’il devait réunir à celle de Philippe-Auguste, chef de cette croisade, il fit un règlement de police pour ses troupes qui allaient s’embarquer. Voici le texte de cet acte, qui ne donne que trop la mesure de la barbarie du temps: 

1° Celui qui en tuera un autre à bord d’un vaisseau devra être lié à celui qu’il aura tué, et, dans cet état, jeté à la mer.

2° Celui qui en tuera un autre sur terre devra pareillement être attaché avec le cadavre, et enterré avec lui. 

5° Celui qui sera légitimement convaincu d’avoir tiré le couteau ou toute autre arme pour frapper quelqu’un, ou qui en aura frappé un autre jusqu’à effusion de sang, aura la main coupée.

4° Celui qui frappera un autre de la main, sans effusion de sang, sera plongé trois fois dans la mer.

5° Celui qui se servira de termes injurieux, invectives, imprécations et malédictions, sera condamné à payer autant d’onces d’argent qu’il aura insulté de fois.

6° Celui qui aura volé, quand il sera convaincu légitimement, devra avoir la tête rasée, arrosée de poix bouillante, et frottée avec de la plume ou du duvet, afin qu’on puisse le reconnaître, et, en cet état, il sera mis à terre et abandonné dans le premier lieu qu’on rencontrera.

Que penser d’une armée qu’il fallait intimider par de si horribles menaces ? Etaient-ce là des soldats chrétiens ? Mais il est probable aussi qu’une semblable ordonnance n’était pas dictée par une entière sagesse. Une pénalité si féroce devait être appliquée rarement, et par suite devenir bientôt moins efficace que si elle eût été plus humaine.

« Le Magasin pittoresque. » Édouard Charton, Paris, 1841.