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Clowns

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Entre deux entrées, au moment où l’on roule les tapis, où l’on ratisse la sciure de la piste, arrive, pour occuper le public, la bande grouillante des Augustes. On les voit venir avec joie et quand ils entrent en trombe, criant, se bousculant, c’est une large bouffée de rire qui nous arrive. 

Mais voici que s’avance vers nous un être étrange, au pantalon trop large, à la veste trop courte et dont le nez proéminent vise le haut des cheveux. Il a une cravate qui ressemble à un papillon phénomène et ses yeux sont remplacés par deux points d’exclamation : c’est l’Auguste de la troupe, l’homme maladroit par excellence, celui qui renverse la corbeille d’œufs frais sur la tête blonde de l’écuyère, tombe malencontreusement dans le bassin des phoques et sort de piste, traîné à vive allure par un cheval, à la queue duquel  il se cramponne désespérément ! 

Quelle impression bizarre, on ressent à s’entretenir sérieusement avec ces personnages aux visages enluminés, déformés par le maquillage. Leur accoutrement est drôle quand on les voit au cours de leur numéro, avec leur visage animé, leurs gestes désordonnés, mais là parlant tranquillement du temps qu’il fait, des petites préoccupations de chaque jour, c’est assez déconcertant. 

— Mon meilleur public ? Celui du jeudi en matinée : les enfants. Chacun de leur éclat de rire, spontané, sincère est, pour moi, une récompense, un encouragement. Car, le croiriez-vous ? la maladresse est un art véritable : vous ne pouvez vous faire une idée de  ce qu’un mouvement, une chute, un faux pas sont difficiles à rendre comiques et  naturels à la fois. 

— Peut-être, profitez-vous de vos heures de loisir pour apprendre à jouer d’un instrument de musique. 

— Oh ! j’ai bien assez de mon métier, me rétorque-t-il, cela me suffit grandement. J’ai d’ailleurs trop peu de temps pour cela : à part, quelques après-midi par semaine, pour souffler un peu et, l’été, aller à la campagne. 

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Concurrence

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Une des plus importantes chapelleries de New York avait récemment affiché sur tous les murs de la ville des placards portant l’inscription suivante :

« Charlie Chaplin ne porte exclusivement que les chapeaux de notre marque…« 

Mais l’effet que la chapellerie en question attendait sans doute de cette réclame ne se produisit pas. Une maison concurrente imagina, hélas ! de faire coller au-dessous de chacune de ces affiches un papillon sur lequel on lisait ces simples mots :

« C’est d’ailleurs pourquoi il fait se tordre de rire le monde entier... »

« Chantecler : littéraire, satirique, humoristique. » Paris, 1932.