romans

Naissance de Sherlock Holmes

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Arthur-Conan-Doyle

Il y a bien longtemps, au printemps 1888, le médecin militaire anglais Arthur Conan Doyle, blessé à la jambe et dans l’obligation de prendre une retraite prématurée, s’installait à son compte.

Mais la clientèle n’affluant pas, il se mit à écrire des romans policiers pour augmenter ses maigres revenus. C’est ainsi que naquit le fameux détective Sherlock Holmes, dont les aventures ont été publiées dans toutes les langues. Conan Doyle n’était pas peu fier de sa réussite. Un jour, parlant à un haut fonctionnaire de Scotland Yard, il lui dit :

Sans ma blessure, je n’aurais jamais écrit et le plus grand détective du siècle n’aurait pas vu le jour. 
— Oh ! répondit l’autre, cela n’aurait pas fait baisser d’une unité la statistique de la  criminalité. Tandis que si moi, je m’étais improvisé médecin…
— Cela n’aurait pas diminué dans des proportions considérables la statistique de la mortalité, coupa Conan Doyle.

Et nos deux Anglais, comprenant l’humour, n’en restèrent pas moins bons amis.

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. » Paris/Clermond-Ferrant, 1938.
Illustration : Sir Arthur Conan-Doyle, with his pipe, in around 1912. Photograph: E.O. Hoppe/E.O. Hopp /Corbis.

Roman d’amour

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amoureux

Les Japonais ont beau s’européaniser, il y a des points de notre civilisation qui leur échappent toujours. Par exemple, ils ne comprennent pas encore l’importance que nous donnons à l’amour dans tous nos romans. L’un d’eux disait à M. Gaston Donnet, qui le rapporte dans son Histoire de la Guerre, russo-japonaise :

Pourquoi cet amour, toujours cet amour ? Vos héroïnes sont toujours des femmes qui « ont droit à l’amour », qui « veulent prendre leur part d’amour » et qui, ne trouvant pas cette part d’amour dans le mariage, vont la chercher dans la fantaisie ; des jeunes filles en quête d’un époux qu’elles tromperont bientôt, parce qu’elles n’auront pas pu « prendre avec lui leur part de bonheur ». Tout cela est profondément assommant. Je me demande où, mais où vos romanciers et vos auteurs dramatiques s’en vont chercher leurs modèles dans la vie ?…

Ce ne sont pas des drames d’amour que raconte la vie, ce sont des drames d’argent. Pourquoi ne nous parle-t-on jamais de la soif ou de la faim, et, pourquoi nous parle-t-on sans cesse de l’amour, qui est une fonction de la vie, au même titre, aussi banale et animale, que la soif et la faim ? On ne dit pas qu’un homme est malheureux quand il mange. Pourquoi dit-on qu’un homme est malheureux quand il aime ? 

Et ce Japonais concluait que toute notre littérature était parfaitement inutile !…

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.