romantique

Albert Londres et la grâce féminine

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M. Albert Londres, globe-trotter romantique à sa manière, est rentré de Palestine où l’avaient amené, à travers la Bukovine et les Carpathes, les traces d’Israël. 

Vers quels climats va-t-il maintenant diriger ses pas ? En attendant, on le rencontre dans les cafés de la rive gauche qui ferment tard leurs portes. Sa belle barbe noire, son front dégagé, et son profil de Christ convenablement nourri y étonnent les consommateurs et y pénètrent de respect les caissières. 

Car M. Albert Londres est noctambule et ne se défend pas de ce léger défaut. Les misères humaines, sur lesquelles il s’est penché avec tant de pitié, ne l’ont pas rendu insensible à la grâce… à la grâce féminine principalement. 

Comme il dînait, la semaine dernière, avec des amis, dans un restaurant fameux pour sa cuisine, la patronne du lieu, avertie de la présence de l’hôte illustre, vint lui présenter à la fin du repas son livre d’or pour qu’il y écrivît quelques lignes. Et voici la pensée touchante inscrite par l’auteur de Dante n’avait rien vu, parmi tant de déclarations d’amour adressées uniquement au Dieu de la Table : 

« Le seul tort de Mme D… est d’accueillir chez elle trop de jolies clientes blondes. Comment peut-on, dans ces conditions, goûter, aussi raffiné soit-il, l’art culinaire ? »

« L’Œil de Paris. » Paris, 1930. 

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Influence de la lune sur le bégaiement

Publié le Mis à jour le

Palaiseau-1819

Certain auteur romantique et fumiste à l’occasion, bien qu’affligé d’un léger défaut de langue, s’en fut une belle nuit, une nuit de noce… réveiller en plein sommeil un grave poète officiel et, lui montrant la lune toute ronde dans la fenêtre :

Monsieur, bégaya-t-il d’une langue épaissie par la boisson, pourriez-vous me dire à quoi sert cette boule ridicule ?…

Le cher maître fut quelque peu interloqué. Il aurait pu répondre que la lune avait peut-être une influence sur nos organes vocaux et qu’il était dangereux pour son visiteur d’errer ainsi à la clarté de l’astre nocturne. En effet, quelqu’un annonce après de nombreuses expériences qu’il y a une corrélation incontestable entre le cours de la lune et le bégaiement.

L’observateur, qui d’ailleurs renonce à nous expliquer ce bizarre phénomène, a constaté des milliers de fois que par les nuits claires, et en temps de pleine lune, les bègues avaient la parole beaucoup plus embarrassée qu’à l’ordinaire.

On se perd en conjectures… ajoute le grave journal  anglo-indien qui relate cette observation.

Avis aux noctambules intéressés !

« L’Universel : magazine hebdomadaire. »  Paris, 1903.