Roubaix

Miss France, miss Europe, miss Paris, miss Univers…

Publié le Mis à jour le

miss

Toutes ces reines de beauté qui brillent sur Paris nous ahurissent un peu, tant par leur nombre que par leur éclat séducteur… Tâchons de rassembler nos idées. 

Miss Russie, qui n’est autre que Mlle Marina Chaliapine, fille de l’illustre chanteur, n’a  pas été classée. Miss France (c’est-à-dire Mlle Jeanne Juilla, couturière à Agen), qui fut tout d’abord miss Gascogne, a été, le 5 février, élue miss Europe entre seize candidates toutes plus jolies les unes que les autres. Les deux rivales les plus redoutables, miss Allemagne et miss Autriche, lui ont tout de même donné le baiser de paix après sa victoire, et ne l’ont pas mordue. C’est très gentil de leur part, et les nations devraient bien en faire autant 

Dans un autre rayon parallèle, mais, différent, nous avons compati aux infortunes de cette pauvre miss Paris, Mlle Ortmans, à qui on a retiré son titre quand on a appris qu’elle n’était pas née à Paris, mais à Roubaix. Quelle aventure !… Pourvu qu’on ne découvre pas maintenant, que miss France est née à Zurich ou à Blankenberghe et qu’on ne s’aperçoive pas, le jour du scrutin final, que l’élue « miss Terre » tombe de la lune ! Ce serait désastreux… 

Un championnat de  beauté, cela n’a l’air de rien, mais c’est diablement-compliqué à organiser… surtout quand la concurrence s’en mêle. L’an dernier, par exemple, il y eut deux « miss Univers » sur la planète. 

La première, Dorothy Goft, d’abord miss Nouvelle-Orléans, et bientôt devenue miss America, fut élue miss Univers à Galveston en août 1930. L’autre, la senorita Yolanda Pereira de Rio-Grande-do-Sul, après avoir été miss Brésil pour commencer, reçut elle aussi en septembre 1930 au tournoi international de Rio-de-Janeiro, le titre glorieux de miss Univers. Laquelle des deux était la bonne ? On n’a jamais su… Nul ne peut d’ailleurs s’arroger le monopole de beauté : dans le dernier des villages vous trouverez au moins une Jouvencelle qui se croit ou qui est proclamée par ses voisins la plus belle fille du monde entier. Et des « miss Univers » on pourrait facilement en recruter 500.000. 

La première de toutes, chronologiquement, fut Vénus lorsqu’elle gagna sur Junon et Minerve la pomme d’or du berger Pâris. Ce qui nous prouve que la coutume des tournois de beauté remonte aux temps les plus anciens. Le vieil Homère en parle souvent, et ceux que Kypselos de Corinthe institua en Grèce 700 ans avant notre ère furent aussi fameux, aussi âprement disputés que celui de Galveston au XXe siècle. 

« Ric et Rac. » Paris/Clermont-Ferrand, 1931.

Publicités

Am, stram, gram

Publié le

nacelle

On sait que trois officiers belges qui montaient un ballon, l’Argus, perdu eu pleine mer, n’ont dû leur salut qu’à la rencontre du Warrior, vapeur anglais, qui les a recueillis et ramenés à Dunkerque.

Voici un détail émouvant que donne le Journal de Roubaix :

« Au moment où le Warrior vint en vue des voyageurs aériens, ceux-ci se disposaient à tirer au sort lequel d’entre eux devait se laisser tomber dans la mer pour sauver au moins momentanément ses compagnons, en permettant au ballon de se soutenir encore sur l’eau. »

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887. 
Image d’illustration.

L’Arche sainte du petit commerce

Publié le Mis à jour le

jules-breton

Il a été relevé cette expression, d’un lyrisme si touchant, sur une affiche bleue, blanche et rouge, qui conviait, ces jours derniers, le petit commerce, précisément, à des élections consulaires.

Du reste, les signataires de l’affiche dénonçaient avec juste raison les agissements du haut négoce, qui paraît de plus en plus jaloux des trusts américains. L’affiche dont il s’agit rappelle  une circulaire, conçue dans un tout autre esprit et ayant trait à un tout autre objet, qu’on distribuait à Roubaix, il y a quelques années :

Nous venons aujourd’hui faire appel à vous tous, courageux catholiques de Roubaix, pour protester en faveur du rétablissement des processions.

C’est le plus bel acte de foi que vous puissiez faire en faveur de votre Dieu. Pourquoi notre Dieu n’aurait-il pas le droit de traverser librement nos rues, tout aussi bien que le dernier des mécréants ?

Ce sera en même temps un grand acte de charité que vous ferez en faveur du petit commerce, qui souffre tant dans notre ville.

Eloquence de la foi ! C’est textuel.

« Le Penseur. »  Paris, 1901.
Illustration : « Le Pardon de Kergoat. »  Jules Breton.