Sadi Carnot

Carnot invalidé

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Ce n’est pas, heureusement, comme président de la République, mais simplement comme conseiller municipal.

Le bas Gentilly, vexé de se trouver sans cesse en minorité devant Bicêtre, qui forme l’autre partie de la commune, s’est imaginé, pour faire parler de lui, de voter, aux dernières élections municipales, pour des candidats inéligibles, et a nommé MM. Sadi Carnot, Charles de Freycinet et Ernest Constans. A cette fumisterie le conseil de préfecture vient de répondre très sérieusement par un arrêté qui annule les élections du président de la République et de ses ministres.

On prête au bas Gentilly l’intention de recommencer la même campagne.

« Librairie des bibliophiles. »  Paris, 1891. 

Le président Carnot et la pluie

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Ce fut M. Carnot qui consacra le principe des voyages présidentiels; cela, d’ailleurs, lui coûta la vie. M. Carnot fit de très nombreuses excursions dans les grandes villes de France; or, phénomène ou plutôt coïncidence véritablement bizarre, toutes les fois qu’il se déplaçait, on était sûr que la pluie se mettait à tomber sur tout le parcours, si bien que, pendant une période de sécheresse très grande, un journaliste proposa, comme remède, de faire faire à M. Carnot le tour de la France. Inutile d’ajouter que cette proposition n’eut qu’un succès d’hilarité.

M. Carnot était la simplicité et la correction mêmes. II n’aimait pas les pompes officielles dont la solennité frise si souvent le ridicule. Il se montrait fort accessible à tous. On sait avec quelle facilité l’assassin Caserio put, le 24 juin 1894, à Lyon, s’approcher de sa voiture et le frapper au ventre d’un terrible coup de poignard. 

Des témoins racontent l’atroce agonie de Sadi Carnot, qu’une toile désormais célèbre a définitivement fixée pour l’histoire. Ce qu’a souffert l’infortuné président jusqu’à l’instant où il a perdu connaissance est impossible à décrire. Dans l’antichambre, on entendait les cris épouvantables que lui arrachait la douleur : et cependant, il eut encore la force de serrer les mains des habiles chirurgiens, qui, malgré leur science et leur dévouement admirables, ne purent le sauver.

Son éphémère successeur, Jean Casimir-Perier, n’eut pas le temps de se livrer à aucun déplacement officiel.

« Magazine universel. » Paris, 1903.