Saint-Bernard

Nécropole zoologique

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La Nécropole zoologique (cimetière pour chiens et autres animaux domestiques) est située à la porte de Paris, dans l’ancienne Ile des Ravageurs, à Asnières. Elle comporte un quartier pour les chiens, un autre pour les chats, un troisième pour les oiseaux, un quatrième pour les animaux divers.

Un de nos confrères a dit avec raison : « L’aménagement de la nécropole zoologique est une merveille d’installation et de bon goût. On est à se demander si la baguette d’une fée ne l’a pas tracé et voulu. » Un monument commémoratif représente Barry, du Grand Saint-Bernard, dans son plus émouvant sauvetage et dans le cadre où il vécut. Sur le socle est gravée cette épitaphe :

« Il sauva la vie à 40 personnes… il fut tué par la 41 ème… »

Ce célèbre chien sauveteur trouva un jour dans une grotte de glace une enfant égarée, à moitié gelée et engourdie déjà par ce sommeil qui amène la mort. Il se mit à la lécher, à la réchauffer jusqu’à ce qu’il l’eût éveillée. puis, par des caresses et des mimiques, comme celle de courber l’échine, il sut lui faire comprendre qu’elle devait se mettre sur son dos et s’attacher à son cou. Il entra en triomphe dans la maison hospitalière des moines du mont Saint-Bernard avec son précieux fardeau.

« Il fut tué par la 41 ème… » Voici comment :

Un soir, par un temps orageux, au milieu des brouillards, un voyageur voit s’élancer à sa rencontre un animal de haute taille, la gueule béante; il se croit en danger et frappe vigoureusement de son bâton ferré la pauvre bête qui tombe à ses pieds en gémissant. C’était Barry qu’il avait blessé à la tête et qui ne tarda pas à mourir. A ce moment, les cimetières de chiens n’existaient pas. Le corps de Barry fut conservé dans le musée de Berne.

C’est à M. Georges Harmois, le distingué publiciste, directeur de L’Ami des Chiens, organe de défense et de protection des animaux, qu’est due la création de la Nécropole zoologique dont le but se recommande tout autant du sentiment que de l’hygiène.

Hector Couderchon. « L’Écho des jeunes : journal littéraire. » Paris/Asnières, 1903

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Un chien du Grand Saint-Bernard

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Grand-Saint-Bernard

Une terrible catastrophe vient d’illustrer une fois de plus le merveilleux instinct et le dénouement de la belle race de chiens du Grand Saint-Bernard. On sait que des moines courageux se sont établis au sommet de cette montagne, une des plus hautes de la Suisse, et qu’avec l’aide de grands chiens, dressés dans ce but, ils viennent en aide aux voyageurs en danger.

Le 19 novembre dernier, à la pointe du jour, une caravane composée de douze ouvriers italiens se rendant dans leur pays quittait, malgré le mauvais temps et l’état des chemins, le bourg de Saint-Pierre et la cantine de Proz, où ils avaient passé la nuit pour franchir le col de la montagne ou s’arrêter à l’hospice selon les circonstances. Le ciel était couvert et il neigeait à flots. Parvenus au lieu dit la montagne de Pierre, à moitié distance entre le principal point de départ et la maison hospitalière, ils furent rejoints par deux religieux, précédés du marronnier ou domestique du couvent, et d’un gros chien. Fidèles à la règle du monastère, ils venaient à la rencontre des voyageurs. En ce moment, la tourmente redoublait d’intensité. Tout à coup une trombe glacée se forma, tourbillonna dans les airs et, enlevant la neige fraîchement tombée des parois des montagnes environnantes, enveloppa les voyageurs en mugissant.

Saint-BernardLa première colonne, composée de cinq ouvriers italiens, des deux religieux et de l’animal conducteur, disparut sous un linceul de neige de plusieurs mètres d’épaisseur, sans qu’aucune avalanche se fût détachée des cimes. Les sept autres qui suivaient furent renversés du même souffle à une petite distance des premiers. Tout à coup, les corps des sept dernières victimes enfouies sous la neige se remuèrent. Des bras, des jambes, se débarrassaient des obstacles qui les pressaient. Les malheureux étaient sauvés ils regagnèrent, contusionnés, l’endroit où ils étaient partis quelques heures auparavant, après s’être assuré de l’inutilité de leurs efforts pour sauver leurs camarades de la première colonne du tombeau où ils étaient ensevelis. C’est alors que le chien de ces malheureux, le fidèle Turvo, réussissant à se débarrasser de la glace qui le recouvrait, reprit la route du couvent. Là les bons pères à sa vue comprirent l’étendue du malheur, et, guidés par l’intelligent animal, ils gagnèrent le lieu du sinistre.

Après de longs efforts, ils purent retirer un des moines encore vivant et le ranimer.Le merveilleux instinct du brave chien avait donc sauvé la vie d’une des malheureuses victimes.

« Le Journal de la jeunesse. »  Paris, 1875.

Le fantôme d’un Saint-Bernard qui peut ouvrir une porte

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 saint_bernardMe permettez-vous de vous relater un petit fait qui touche aux manifestations parapsychologiques ? Il ne s’agit pas d’une personne, mais d’une bête…
*
Un peu solitaire, aimant l’étude et non le monde, je n’ai pas d’amis ; mais j’en ai eu un: c’était un chien. Ce chien était intelligent plus que bien des hommes. C’était mon gardien, lorsque la nuit je restais seul à contempler le ciel, il était fidèlement couché à mes pieds, son épaisse fourrure (c’était un Saint-Bernard) me couvrait les jambes, il m’était difficile de bouger lorsqu’il fallait suivre la marche d’une étoile. Si j’étais dans ma chambre et lisais, il restait assis me regardant, et je dirai même me comprenant. Je sentais qu’il aimait autant la solitude que moi, c’est pour cela que nous ne nous quittions pas.
*
Je vous fais cet exposé pour que vous puissiez comprendre mon affection pour lui, et pourquoi je le considérais comme un ami. Voilà donc mon récit: C’était en décembre 1910, le 14 exactement, que ma mère emmena mon Boby avec elle. Je dois noter avant tout qu’il avait la désagréable habitude, lorsque que quelqu’un approchait, de se porter vers lui un peu trop bruyamment; en second lieu, que, lorsque je discutait avec mon père, il se mettait de la partie et tenait sérieusement de mon coté. Après avoir reçu une plainte, mes parents résolurent de le faire abattre, et ce, sans me prévenir.
*
C’était un soir, à 19h30. J’étais dans ma chambre et j’entendis la porte s’ouvrir (il l’ouvrait seul, étant aussi grand que moi, il mesurait 1m80). Donc, j’entendis la porte s’ouvrir et vis apparaître mon Boby. Il resta, l’air souffrant, sur le seuil. Je disais : « Viens Boby ! » mais il n’obéit pas. Je répétais alors mon ordre, il arriva. Il me frôla les jambes et se coucha sur le parquet; je voulus le caresser, mais… rien, il n’était plus là ! Je me précipitai hors de ma chambre; la porte était restée ouverte; je téléphonai à Lausanne (2 km); je demandai le Clos d’Équarrissage, et voici textuellement quel a été notre dialogue:
*
— Bonjour, Clos d’Équarrissage.
— Avez-vous vu une dame habillée en noir avec un chien Saint-Bernard ?
— On vient d’en abattre un, il y a deux minutes à peine; il est couché et la dame est là !
*
A ces mots, je tombai à la renverse et je m’évanouis. Lorsque je revins à mon état naturel, je demandai mon chien: il n’était pas là, il était mort. Telle est l’histoire de mon Boby; il est à remarquer qu’à la minute où il mourait, je l’ai vu de mes propres yeux et, ce qui enlève tout le doute d’hallucination, c’est que la porte s’est ouverte d’elle-même.

 « Annales des sciences psychiques » (1912, p. 279)