saint Médard

Fantômes russes

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tombe-tolstoï

Des légendes commencent à courir, chez le peuple russe, au sujet de la mort de Tolstoï. On parle déjà d’apparitions sur la tombe du grand écrivain.

Des paysans qui la gardaient, une des nuits dernières, assurent qu’un vieillard à longue barbe blanche, entièrement vêtu de noir, soudain se montra près d’eux, et que, s’étant agenouillé, il pria longuement. Puis il dit : « N’ayez aucune, crainte ! » et il s’effaça. Ensuite, ce fut une petite vieille, toute ridée, qui descendit du ciel en volant. Un moujik tira des coups de fusil dans sa direction. Mais la petite vieille se mit à rire, d’un rire très doux, frappa trois coups dans ses mains, et l’ombre s’évanouit.

Allons-nous revoir sur le tombeau de Tolstoï les convulsionnaires du diacre Pâris, et se renouveler, à Yasnaïa-Poliana, les miracles du cimetière de Saint-Médard ?

« Eclaireur de l’Est. » 1911.

La galanterie de M. Berteaux

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avenue-Ledru-Rollin-paris-1910

Lors de la Grande Semaine d’Epée, une des séances allait se terminer quand tomba, sur Paris, une de ces trombes que saint Médard nous envoie pour faire la nique à saint Barnabé.

En un instant toutes les toilettes, mousselines, dentelles, etc., se trouvaient dans un déplorable état. Comme au Grand Prix, les petites allées étaient même changées en lacs : comment arriver aux tentes ? Le ministre de la Guerre ordonna alors aux soldats de planton d’apporter une centaine de chaises, que l’on plaça sur deux files. Toutes les dames traversèrent les petits lacs, sur ce pont improvisé, au milieu des cris d’admiration de l’assistance : car elles avaient bien été forcées de relever leurs jupes et de montrer leurs jolis petits pieds, leurs adorables chevilles, leurs mollets bien remplis !…

Ces messieurs en avaient oublié la pluie.

Image d’illustration : inondations, 30/1/1910, avenue Ledru-Rollin, Paris. Agence Rol.