Saint-Quentin

Les emplettes d’un villageois

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Un inspecteur de la brigade des recherches arrêtait hier, à dix heures du matin, un individu qui était occupé à charger un revolver de gros calibre. Il le conduisit au commissariat du quartier. Consciencieusement fouillé, il fut trouvé porteur d’un couteau à cran d’arrêt, d’un coup-de-poing américain et d’une boite contenant cinquante cartouches.

M. Archer, commissaire de police, demanda quelques explications sur ce véritable arsenal, exclusivement composé d’armes prohibées. Le délinquant déclara alors se nommer Lucien L…, âgé de dix-sept ans, demeurant à Caulaincourt, près de Saint-Quentin, et raconta qu’il était venu à Paris pour assister aux fêtes des jours gras.

Le couteau, expliqua-t-il, me sert pour manger. Le revolver, je viens de l’acheter chez un armurier, pour tuer des corbeaux à Caulaincourt, petit hameau situé près de Saint-Quentin. Quant au coup-de-poing, je l’ai pris pour pouvoir me défendre des rôdeurs qui fourmillent dans votre Paris… Du reste, vous pouvez demander des renseignements à mon ami M…, qui m’a accompagné. Vous le trouverez dans la gare du Nord. Il a un panier peint en vert, avec des sabots dedans.

Grâce à ce signalement précis, M… fut vitre retrouvé. Il confirma la déposition de son ami. Mais M. Archer a consigné les deux voyageurs à sa disposition, en attendant la réponse de leurs parents, prévenus par télégramme.

« Le Petit journal. »  Paris/Clermont-Ferrand-Pau, 1902.

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