sainte

Candeur virginale

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couvent

Nul n’est exempt de parasites, même les saintes personnes qui vivent emmurées dans un couvent. Témoin soeur Tècle, jeune novice, à l’âme pure, mais au corps souillé par la présence d’un hôte incommode qui s’était incarné en elle, l’immonde taenia solium.

L’expulsion fut décidée et, en qualité d’exorciste, fut mandé le vieux docteur, lequel ordonna une préparation à base de kousso. Vains efforts, quelques cucurbitains seuls firent preuve de bonne volonté en vidant (métaphore) les lieux. En dernier ressort, l’homme de la science déclara à la nonnette qu’il lui fallait avoir recours à la fougère mâle.

Terreur et rubéfaction de la sainte fille :

De la fougère mâle… Grand Dieu… Enfin, je demanderai une dispense.

« Le Passe-temps médical : journal des curiosités médicales. » Lyon, 1899.
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L’Arche sainte du petit commerce

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jules-breton

Il a été relevé cette expression, d’un lyrisme si touchant, sur une affiche bleue, blanche et rouge, qui conviait, ces jours derniers, le petit commerce, précisément, à des élections consulaires.

Du reste, les signataires de l’affiche dénonçaient avec juste raison les agissements du haut négoce, qui paraît de plus en plus jaloux des trusts américains. L’affiche dont il s’agit rappelle  une circulaire, conçue dans un tout autre esprit et ayant trait à un tout autre objet, qu’on distribuait à Roubaix, il y a quelques années :

Nous venons aujourd’hui faire appel à vous tous, courageux catholiques de Roubaix, pour protester en faveur du rétablissement des processions.

C’est le plus bel acte de foi que vous puissiez faire en faveur de votre Dieu. Pourquoi notre Dieu n’aurait-il pas le droit de traverser librement nos rues, tout aussi bien que le dernier des mécréants ?

Ce sera en même temps un grand acte de charité que vous ferez en faveur du petit commerce, qui souffre tant dans notre ville.

Eloquence de la foi ! C’est textuel.

« Le Penseur. »  Paris, 1901.
Illustration : « Le Pardon de Kergoat. »  Jules Breton.

Anne Boleyn et le bourreau des coeurs

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Anne-Boleyn

Henri VIII est un atroce Barbe-Bleue qui a fait tour à tour le malheur de six femmes. Deux d’entre elles sont mortes sur l’échafaud.

Une troisième ne l’a évité que par miracle : elle avait eu l’imprudence de contredire son terrible maître dans une discussion théologique; avertie que l’ordre est donné secrètement de lui instruire son procès, elle court le lendemain chez Henri et reprenant sans émotion apparente l’entretien de la veille au point où il avait été laissé, elle s’embrouille volontairement, balbutie, puis se confond en excuses devant « le plus grand docteur de la chrétienté ».

Sa victime la plus intéressante est Anne Boleyn. Ses derniers moments rachètent les fautes passées. Elle songe avec remords à l’épouse qu’elle a détrônée, et faisant appeler la femme du lieutenant de la Tour, elle s’agenouille et dit :

« Allez de ma part, et dans la même posture où vous me voyez, demander pardon à la princesse Marie pour tous les maux que j’ai attirés sur elle et sur sa mère. »

La légende lui prête une lettre curieuse adressée au roi :

« Vous êtes un prince doux et clément, vous m’avez traitée avec plus de bonté que je n’en méritais. Vos bienfaits ont toujours été en croissant pour moi. De simple particulière, vous m’avez faite dame. De dame, marquise. De marquise, reine… et ne pouvant plus m’élever ici-bas, de reine en ce monde, vous allez me faire sainte dans l’autre. »

 » Les grandes infortunes. »  Changeur, P.-A. & Spont, Alfred. Paris, 1890.