salut

Histoire du luxe

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saint-michel-magasin

Le chevalier de la Tour-Laudry qui, au XIVe siècle, écrivit un traité destiné à détourner ses filles des sottes vanités mondaines, raconte (sans doute sur la foi de son imagination) que, lorsque sa première femme fut morte, elle comparut devant l’archange saint Michel et devant le roi des enfers, qui se disputaient pour savoir si elle avait mérite ou démérité le salut.

Ils avaient une balance. Dans l’un des plateaux saint Michel mettait les bonnes actions qu’elle avait faites, tandis que le diable entassait sur l’autre ses mauvaises paroles, ses péchés de toutes sortes, ses anneaux et parures, et notamment les nombreuses robes que son mari avait dû lui acheter :

Ha, disait-il, vous savez bien, saint Michel, que cette coquette avait dix paires de robes, tant longues que courtes, et que la moitié lui eut amplement suffi. 

De telle sorte que le mal ayant dépassé le bien, saint Michel l’abandonna au diable, qui lui fit revêtir ses dix paires de robes les unes par-dessus les autres, et y mit le feu : de quoi la pauvre âme pleurait et se lamentait piteusement.

Voyez, mesdames, à quoi l’on s’expose quand on fait travailler trop les couturières.

« Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1897.
Illustration : bidouillage-maison.
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Am, stram, gram

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nacelle

On sait que trois officiers belges qui montaient un ballon, l’Argus, perdu eu pleine mer, n’ont dû leur salut qu’à la rencontre du Warrior, vapeur anglais, qui les a recueillis et ramenés à Dunkerque.

Voici un détail émouvant que donne le Journal de Roubaix :

« Au moment où le Warrior vint en vue des voyageurs aériens, ceux-ci se disposaient à tirer au sort lequel d’entre eux devait se laisser tomber dans la mer pour sauver au moins momentanément ses compagnons, en permettant au ballon de se soutenir encore sur l’eau. »

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887. 
Image d’illustration.

Chapeau bas

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dumas

Dumas père avait le meilleur des caractères. Mais encore, à l’occasion, savait-il se faire respecter. Un jour, son valet de chambre lui annonça le directeur d’un grand théâtre parisien.

Faites entrer ici même, dans mon cabinet de travail, dit le célèbre romancier.

Le directeur se présenta, sans se donner la peine d’enlever son chapeau, et d’un ton familier :

Qu’apprends-je, mon cher Dumas, vous donnez la Dame de Montsoreau à l’Ambigu ?

Oui, monsieur.

Définitivement 

Oui, monsieur.

Pourtant, si je vous offrais cinq mille francs de prime ?

Ça ne changerait rien, monsieur.

Dix mille ?

Je refuse, monsieur.

Quinze mille ?

Assez, monsieur !

L’Ambigu vous en donne, donc vingt mille ?

Non, monsieur, beaucoup moins.

Mais, alors, quelle spéciale faveur vous fait mon heureux concurrent ?

Aucune… sinon de me parler le chapeau à la main.

« Magazine universel. »  Paris, 1903.