sangsue

L’éléphant chirurgien

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elephant

C’est d’auto-chirurgie qu’il s’agit, l’opérateur à longue trompe ayant opéré sur lui-même, pour se débarrasser d’une sangsue qui le gênait fort. Le fait a été signalé dans le journal Nature par M. G.-E Peal.

Celui-ci vit avec étonnement la bête s’approcher d’une clôture en bambou, et en briser un des poteaux, puis casser ce dernier en éclats en s’aidant de sa trompe et d’une de ses jambes de devant. Quand il eut obtenu ainsi un bout de bois pointu long de quelque 25 centimètres, il le saisit avec sa trompe et s’en gratta l’aisselle avec une énergie qui annonçait une pensée bien arrêtée.

En effet, l’observateur vit bientôt tomber à terre une grosse sangsue qui s’était accrochée sous l’aisselle de l’éléphant et le gênait évidemment d’une façon considérable. L’intelligent animal posa son pied sur la sangsue et l’écrasa avec un grognement de satisfaction.

« Le Pays de Montbéliard. » 1899.

Histoire de sangsues

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foggia

Un campagnard se présentait dernièrement chez un pharmacien de Birkenfeld, dans la Prusse rhénane, et lui demandait des sangsues.

Celui-ci répondit que, depuis bien des années, il ne tenait plus cet article et, comme son client insistait, il l’envoya au bureau des contributions en lui disant qu’il y trouverait ce qu’il voulait.

Le paysan s’en fut donc chez le percepteur qui, furieux en apprenant le nom du mystificateur, porta plainte contre le pharmacien pour qualification injurieuse. Ce dernier fut condamné à 20 marks d’amende, qu’il paya, mais il envoya aussitôt le prononcé du jugement au célèbre journal satirique Le Kladderadatsch qui lui adressa un mandat de 70 marks en rémunération d’un si bel écho.

Le facétieux pharmacien écrivit cela au percepteur et lui demanda sous quelle rubrique il devait inscrire ce bénéfice inattendu, voulant être bien en règle avec le fisc.

Le percepteur s’est, paraît-il, tenu coi.

« La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1927.
 Illustrateur : Foggia.

 

 

La sangsue, hygromètre et baromètre

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sangsues

Il est un grand nombre d’êtres, soit dans le règne animal, soit dans le règne végétal, qui sont sujets à ressentir à l’avance les perturbations atmosphériques. Il suffit donc de faire une série d’observations des phénomènes que ces êtres présentent pour tirer des pronostics certains sur la pluie ou le beau temps, le froid ou le chaud.

Certes, actuellement, un baromètre ou un hygromètre véritables ne sont pas d’un prix assez élevé pour qu’on cherche à les remplacer d’une manière absolue par ces instruments improvisés que chaque jour, pour ainsi dire, la simple observation de la nature nous fait connaître; néanmoins, il y a quelque agrément, nous dirons même une certaine utilité, à suivre les diverses phases de phénomènes par lesquels passe un individu du règne animal au végétal, à l’approche, d’un changement de temps.

Parmi ces curieux et singuliers instruments naturels, nous citerons la sangsue, comme donnant les résultats les plus positifs. Voici les simples précautions a prendre pour bien observer.

Procurez-vous un bocal en verre blanc, dont la contenance n’excède pas 600 grammes d’eau, et plutôt large qu’étroit et élevé; on le remplit aux trois quarts d’eau, et on y dépose la sangsue. On couvre l’orifice du bocal avec un morceau de toile, dont le tissu ne soit pas trop serré; en été on change l’eau une fois par semaine, mais si la chaleur était trop considérable, mieux vaudrait la changer deux fois; dans les autres saisons, il suffit de la changer tous les quinze ou vingt jours.

Alors, en suivant les diverses variations d’état éprouvées par la sangsue, vous arrivez aux conclusions suivantes :

1° La sangsue reste au fond du bocal, roulée sur elle-même et sans mouvement, si le temps est serein et beau, et par suite la pression barométrique élevée.

2° Si dans la journée il doit pleuvoir, ce qui correspond, en général, à une diminution de la pression de l’air; la sangsue monte à la surface de l’eau, et y reste jusqu’au beau temps.

3° S’il doit régner un grand vent, la sangsue parcourt sa liquide demeure avec une vitesse extrême, et ne cesse de se mouvoir que lorsque le vent commence à souffler.

4° La sangsue reste, pour ainsi dire, hors de l’eau, et éprouve pendant plusieurs jours des convulsions et agitations violentes, s’il doit survenir quelque forte tempête.

5° Par les temps de neige el de pluie continue, la sangsue se fixe près de l’orifice du bocal.

6° Par la gelée, elle reste constamment au fond du bocal, et roulée sur elle-même.

Nous conseillons aux personnes qui désirent se rendre compte de ces différents phénomènes météorologiques liés à l’état de la sangsue, d’éviter de recouvrir le bocal avec toute autre chose qu’un morceau de toile claire et propre, et surtout de ne pas exposer le bocal près de produits chimiques ou pharmaceutiques, dont les vapeurs auraient une influence inévitable, funeste et variée, selon leur nature, sur la constitution irritable de la sangsue.

« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. » 1864.