Santé

Les cures merveilleuses

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bains

La Gazette de Santé, qui paraît avoir pris en haine les médecins du temps passé, contient une anecdote fort peu honorable sur des confrères du 14e siècle.

Elle raconte que, du temps de Frédéric II, les médecins de Salerne ayant appris que les bains de Pouzzoles faisaient des cures merveilleuses, s’empressèrent d’en détruire les bâtiments, mais que par une juste punition de cet attentat, ils furent engloutis sous les eaux, avec la barque qui les ramenait.

On pardonnerait à Molière le récit d’une pareille anecdote, mais quel médecin pourra, de sang froid, la voir dans une gazette de santé ?

« Journal des arts, de littérature et de commerce. »Paris, 1812.

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Bain et propreté

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Fyodor-Bronnikov

Le bain était, à Rome surtout, une nécessité de propreté, car, le linge de corps n’étant pas encore connu, l’amplitude de la toge donnait un accès facile à la poussière. Les diverses classes de la société se trouvaient réunies dans les mêmes bassins. Il y régnait une liberté parfaite, sans distinction de rangs, ainsi que le prouve l’anecdote suivante, rapportée par Spartien .

L’empereur Adrien, qui aimait à se baigner avec la foule du peuple, aperçut un jour à côté de lui un vieux soldat qui, n’ayant pas de strigile, y suppléait en se frottant le dos contre la muraille. Adrien, qui l’avait connu au milieu des camps, lui demanda pourquoi il en agissait ainsi.

C’est, répondit le vieillard, parce que je n’ai pas le moyen d’acheter une strigile. 

L’empereur aussitôt lui donna la sienne et, de plus, le gratifia d’une pension. Mais, le lendemain, quelle ne fut pas sa surprise de voir le bain envahi par bon nombre d’individus qui, dans l’espoir d’une même aubaine, usaient du procédé de frictions imagine par le vieux soldat ! Adrien, cette fois, se contenta de leur faire distribuer quelques stigiles sans valeur, en les engageant a se les prêter mutuellement. 

Dans les premiers temps, hommes et femmes prenaient leur bain dans des compartiments séparés, et on n’y était admis qu’en costume. Ce costume consistait en une espèce de tablier de peau, appelé subligar, qui s étendait de la ceinture aux genoux. Mais bientôt, par suite du mélange des sexes et de la nudité des baigneurs, les Thermes devinrent des lieux de débauche comparables aux plus infâmes lupanars. « C’est là, dit Ovide, que se cachaient en sûreté les maris de contrebande. »

Celant furtivos balnea tuta viros.

« C’est là également, dit Martial, qu’on allait dans les ténèbres se mêler à la tourbe honteuse des courtisanes. »

Cum te lucerna balneator extincta
Admittat inter bustuarias moechas.

Comprend-on que les choses en vinrent au point que « ce furent les femmes qui remplacèrent les masseurs, promenant sur le tronc et les membres leur main habile ! » 

Percurrit agili corpus arte tractatrix
Manumque doctam spargit omnibus membris.

De pareils excès portèrent une égale atteinte à la morale et à la santé publiques. « Ce sont les bains, dit Pline, qui amenèrent la décadence de l’empire (in his pertere imperu mores) ». C’est a eux, si l’on en croit Juvénal, qu’il faut rapporter « tant de morts subites frappant les vieillards intestats. »

Hinc subitae mortes atque intestata senectus

Ces bains disparurent par l’influence du christianisme, et ce fut même une de ses premières reformes. Cela se comprend. Si tel fut, en effet, le langage de certains écrivains profanes pour en signaler les abus, quel ne dut pas être celui des auteurs catholiques pour les flétrir ?

« Guide pratique aux eaux minérales, aux bains de mer et aux stations hivernales. » James Constantin (1813-1888).

Désinfectez les livres d’études

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Albert-Anker

On a donné l’exemple à Nancy où, déjà l’année dernière, une étuve à désinfection fut mise au service de la Bibliothèque municipale et de certaines formations scolaires.

Le docteur Roubinovitch adresse aux autorités un pressant appel pour que tous les livres d’études mis entre les mains des enfants et qu’on se repasse d’une année à l’autre soient passés à l’étuve. Il y va de la santé des gosses des écoles et de celle aussi des élèves de nos lycées.

A l’étuve donc, tous les manuels, atlas, brochures, livres d’histoire ou de mathématiques que tous les enfants de France sont appelés à manipuler.

Sans compter que souvent ils s’endorment dessus.

Purifiez donc ces oreillers !

« Comoedia. »  Paris, 1927.
 Illustration : Albert Anker.