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Savants réactionnaires

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great-westernLes savants seraient-ils comme les simples mortels, en proie à jalousie ? En fait, ils ne se montrent pas toujours favorables aux innovations.

En 1836, lorsqu’il était, question d’établir un service régulier de paquebots à vapeur entre l’Angleterre et l’Amérique, Lardner un professeur de Londres, prouva par une série de profonds calculs, que l’entreprise était impossible et, à Bristol, dans une conférence publique tenue à cet effet, il déclara en propres termes qu’essayer de traverser l’Atlantique avec les paquebots à vapeur serait aussi insensé que de prétendre aller dans la lune.

Pendant ce temps on construisait le Great Western qui, en avril 1838, sans s’inquiéter de l’algèbre du professeur Lardner, partait de Bristol, et arrivait quinze jours après à New York, en même temps que le Sirius, autre bateau à vapeur parti trois jours avant lui de Cork (Irlande).

Il eût été curieux de voir à cette époque la figure du savant professeur.

Gazette de France, 1891.
Illustration : Mark Myers.

Un don redoutable

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Stéphan- Ossowiecki

Je ne voudrais pas être à la place de M. Stéphan Ossowiecki. Cet ingénieur polonais, qui vient à Paris pour soumettre son cas à l’examen d’un jury de savants spécialisés dans l’étude des phénomènes métapsychiques, a reçu au berceau, de la fée Karabowska, la clairvoyance ou « métagnomie », c’est-à-dire le don de lire le contenu des lettres cachetées.

Je plains, très sincèrement, M. Ossowiecki. Sans doute, sa fortune est assurée. Quelque music-hall va lui faire un pont d’or. Mais quelle triste destinée ! Ce malheureux n’aura jamais d’amis. Qui donc oserait se lier avec un homme doué de double-vue ? Sait-on où peut s’arrêter ce mystérieux pouvoir, et si l’oeil capable de traverser une enveloppe n’est pas également habile à sonder les pensées ? Nous supportons, patiemment, l’indiscrétion des rayons X, parce qu’ils ne pénètrent que notre corps. Mais notre âme, elle, n’a pas le moindre goût pour la translucidité. Pour habiter une maison de verre, il faut être un sage, c’est-à-dire une espèce de dingo assez rare sans doute, car je n’ai jamais vu de maison de verre dans mes promenades à travers la vie.  

J’ajoute que M. Ossowiecki devra se résigner à demeurer célibataire. Car aucune femme ne consentirait à vivre, seulement huit jours, en compagnie d’un monsieur pour qui les pneumatiques les mieux clos n’ont pas de secrets, et qui lit dans les coeurs fermés, à livre ouvert. 

« L’Européen. » Paris, 1929.

L’embarras d’un corps savant

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savantsPeu de temps après l’institution de la Société royale de Londres. qui eut lieu en 1663, Charles II chargea ce corps savant d’examiner la question suivante :

Pourquoi un poisson mort est-il plus pesant qu’un poisson en vie ?

Les membres de la Société se mirent à l’oeuvre, et composèrent de nombreux mémoires pour établir les causes physiques de cette différence. Lorsque la question eut été complètement et longuement discutée, ils s’avisèrent de vérifier le fait, et ils découvrirent, à leur grande confusion, que le roi s’était moqué d’eux, puisque le poisson mort et le poisson en vie ont exactement le même poids.

« Les mille et une anecdotes comiques » . Passard, Paris, 1854.