Sénat

Plus ça change 

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maurin-sénatLe général Maurin, en arrivant au Ministère de la guerre, avait annoncé la « guerre au piston ». Toute son autorité ministérielle ne l’a pas plus supprimé que dans les services civils . 

Et pourquoi cela changerait-il ? Cela supposerait un changement de la nature humaine. Chacun cherche toujours à favoriser ses proches, ses amis, ses clients, ses fidèles, ses électeurs. Et l’on ne voit pas pourquoi celui qui peut obtenir une recommandation s’en priverait. 

Au 23 thermidor de l’an VIII de la Première République, le Sénat vota le texte suivant: 

Le Sénat arrête que ses membres ne pourront à l’avenir apostiller aucune pétition, aucun mémoire en demande de places, ni donner aux pétitionnaires aucune lettre de recommandation. 

Cette décision fut d’abord appliquée. Qu’arriva-t-il ? Les recommandations qui ne se donnaient plus par écrit, s’effectuaient verbalement. L’ancien système de recommandations écrites reprit bientôt le dessus. 

L’on peut recommencer. Ce sera la même chose.

« Sans-gêne. » Paris, 2 mars 1935.

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Un sénateur qui se grise

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Riddleberger

Un incident burlesque a eu lieu, samedi soir, pendant la séance du Sénat des Etats-Unis. M. Riddleberger, sénateur de la Virginie, qui a déjà causé beaucoup de scandales analogues, s’est présenté à la séance dans un état d’ébriété absolu.

Par sa conduite et ses interruptions incessantes, il rendait impossible la continuation des travaux de l’Assemblée. Le sénateur Ingalli, qui présidait la séance en qualité de président intérimaire, donna l’ordre de saisir son bruyant collègue et de l’emmener de la salle des séances. Deux huissiers furent obligés de s’emparer de M. Riddleberger et de l’entraîner de force. Le sénateur ne voulant pas quitter son siège, engagea une lutte acharnée avec les huissiers. Ceux-ci réussirent enfin à l’emmener.

M. Riddleberger fut enfermé à clef dans un petit local attenant à la salle des séances, où il put cuver son Old Bourbon whisky tout à son aise.

« Le Rappel. »  Paris, 1889.

Propos d’un paysan

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vincent-van-gogh-crau

A les entendre, tous nos députés sont les défenseurs acharnés du bon « paysan de France, éternel sauveur de la patrie dans la paix et dans la guerre ». Cependant, coïncidence bizarre, lorsqu’il s’agit de discuter un projet intéressant l’agriculture, de voter une mesure en sa faveur, cela ne les intéresse plus et la Chambre vide est un désert.

C’est ainsi que tout récemment pour s’occuper de la création des Chambres d’Agriculture, il n’y avait qu’une douzaine de députés somnolents et quelques autres expédiant leur courrier. Jusqu’au Groupe de Défense Paysanne qui brillait par son absence !

Ah ! Si l’on avait agité une de ces futiles et creuses questions de politique, une Chambre en furie se serait trouvée là ! Hémicycle bondé et fourmillement dans les couloirs, discussions passionnées et discours retentissants, applaudissements frénétiques, cris, vacarme et pugilat peut-être : rien n’aurait manqué au grand jour.

Mais, il ne s’agissait que de l’agriculture. Le débat fut terne, ce qui n’empêche pas d’ailleurs que le travail fut excellent. Le projet De Monicault fut en effet adopté dans ses grandes lignes et nous pouvons espérer enfin une bonne représentation professionnelle agricole, si le Sénat toutefois s’en désintéresse également.

Mais pourquoi diable nos politiciens, la bouche en coeur et la main sur la poitrine, protestent-ils à l’envi de leur complet dévouement à la classe agricole, de leur attachement à la campagne ? Pourquoi surtout se laisse-t-on encore prendre à ces boniments ?

« La Terre de Bourgogne : la Bourgogne agricole et la Bourgogne rurale réunies. » Dijon, 1922.
Illustration : Vincent van Gogh. « 
La plaine de la Crau. »

Pudeur américaine

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Ce n’est pas seulement en France que la chasteté officielle poursuit ces malheureuses femmes qui se sont donné pour métier de montrer plus ou moins leurs charmes. Voici un projet de loi qui vient d’être soumis au Sénat de Minnesota par une de ses commissions :

« Toute femme qui, sur une scène ou sur une estrade, dans un théâtre, un café chantant ou tout autre endroit où le public est admis, exhibera devant ce public ses membres inférieurs revêtus de ce qu’on est convenu d’appeler un maillot, de telle sorte que la forme desdits membres soit parfaitement visible pour les personnes présentes, commettra un acte d’indécence grossière et de tenue lascive, et se rendra coupable d’un délit qui sera puni de à 100 dollars d’amende et de 5 à 30 jours de prison. »

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.

Les artifices de la beauté

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couple

Il n’y a que l’oncle Sam pour avoir de ces idées. Les législateurs de l’Etat américain de Géorgie, Etat prohibitionniste s’il en fut, viennent, sur la proposition d’un membre du Sénat, de discuter et voter un bill tendant à réprimer les supercheries de la femme :

Le divorce sera accordé de plein droit au mari qui pourra prouver que sa moitié lui a dissimulé ses faux cheveux, ses fausses dents et les artifices de sa toilette.

Inutile de dire que les femmes de Géorgie sont furieuses, et mettent  en oeuvre toute leur influence pour faire abolir une loi si draconienne. Mais l’oncle Sam est tenace et les législateurs de Géorgie font valoir un précédent. Une loi semblable existait jadis en Angleterre.

Il est douteux qu’elle soit jamais adoptée en France. Les députés qui la voteraient se feraient certainement arracher les yeux par leur légitime !

« Touche à tout : magazine des magazines. »  Paris, 1909.
Illustration : Charles Dana Gibson.