sénateur

Le père Noël existe…

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Un sénateur du Kansas, M. Robinson, est l’auteur d’un projet de loi qui rend passible d’une amende de trois mille francs les pères de famille qui révéleraient à leurs mioches que le père Noël n’existe pas.

Les légendes sont indispensables au bonheur des enfants, dit M. Robinson, les en priver devient un véritable crime.

M. Robinson a bien raison. Laissons à nos enfants leurs illusions, le plus longtemps possible. Ils connaîtront toujours assez tôt les tristes réalités de la vie.

« Nos lectures chez soi. » Paris, 1911.

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Souvenirs, souvenirs…

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Emmanuel-Arène

M. Emmanuel Arène, le sénateur qui vient  de faire jouer au théâtre Réjane, la pièce Paris-New York et de se battre en duel avec M. Adolphe Brisson fit ses études de droit à Aix-en-Provence. « Quand j’y faisais mon droit, disait-il un jour, je passais toutes mes journées à Marseille, et c’est peut-être pour cela que je trouvais Aix si agréable ! »

C’est sans doute pourquoi, lorsque la question de rivalité universitaire entre Aix et Marseille vint sur le tapis, il y a quelques années, Emmanuel Arène publia un article favorable à Aix. Il y raconta des souvenirs de jeunesse, et notamment la lutte mémorable entre les deux cafés rivaux : celui des Deux Garçons et le Café Clément, qu’il fréquentait indistinctement, étudiant dans l’un le droit français et dans l’autre le droit romain…

L’article fit sensation à Aix. Mais, quelle ne fut pas la stupeur d’Emmanuel Arène en recevant une lettre du patron du café Clément, lettre très flatteuse mais qui se terminait ainsi :

—  Je ne sais, vraiment, cher monsieur, si je dois profiter de cette aimable circonstance pour vous rappeler un petit arriéré de cinquante-huit francs que j’ai trouvé en regard de votre nom si sympathique, dans le compte de l’année 1873.

 « Ma revue : hebdomadaire pour la famille. » Paris, 1907.

 

Un sénateur qui se grise

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Riddleberger

Un incident burlesque a eu lieu, samedi soir, pendant la séance du Sénat des Etats-Unis. M. Riddleberger, sénateur de la Virginie, qui a déjà causé beaucoup de scandales analogues, s’est présenté à la séance dans un état d’ébriété absolu.

Par sa conduite et ses interruptions incessantes, il rendait impossible la continuation des travaux de l’Assemblée. Le sénateur Ingalli, qui présidait la séance en qualité de président intérimaire, donna l’ordre de saisir son bruyant collègue et de l’emmener de la salle des séances. Deux huissiers furent obligés de s’emparer de M. Riddleberger et de l’entraîner de force. Le sénateur ne voulant pas quitter son siège, engagea une lutte acharnée avec les huissiers. Ceux-ci réussirent enfin à l’emmener.

M. Riddleberger fut enfermé à clef dans un petit local attenant à la salle des séances, où il put cuver son Old Bourbon whisky tout à son aise.

« Le Rappel. »  Paris, 1889.

le Bottin des mendiants

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belle-clochard

Il y a déjà quelque temps, la police parisienne arrêta un certain Alexandre Pretet, qui avait élevé la mendicité à la hauteur d’une institution. Il prenait, nous a raconté le Tout-Paris du Gaulois, des informations sur toutes les personnes riches et charitables de Paris.

On a trouvé sur lui une liste de noms, lesquels noms étaient invariablement suivis d’une note indiquant une grande connaissance du cœur humain.

Voici un extrait de cette liste :

M. le marquis de Boisgelin, 36, rue Saint-Dominique. – Dire qu’on est de l’Yonne.

M. le général Arnaudeau, sénateur, 53, rue du Four. – Dire qu’on est de la Haute-Vienne.

M. Cornil, sénateur, 19, rue Saint-Guillaume. – Dire qu’on est de l’Allier.

Mme de Tourville, 10, place des Vosges. – Bigote. Ne pas se présenter en personne. Faire une lettre où l’on expliquera sa situation misérable.

Mme la marquise de Talhouët-Roy, 13, faubourg Saint-Honoré. – Lui écrire, mais ne pas aller chez elle.

M. Bernard, directeur de la Belle-Jardinière. – Lui demander seulement des effets.

M. le prince d’Hénin, 18, rue Washington. – Joindre à la demande des certificats.

Mme la baronne Hottinguer, 8, boulevard Malesherbes. – Dire qu’on a beaucoup d’enfants.

« Journal littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.
Illustration : « La Belle et le Clochard. » Capture You Tube.