sépulture

Ce brave Léonard !

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arsene-houssayeLes fouilles qu’on va entreprendre, aux environs d’Amboise, pour retrouver le tombeau  de Léonard de Vinci, ne seront pas les premières. En 1863, Arsène Houssaye avait déjà tenté la même découverte. 

Depuis dix jours déjà, il faisait creuser des tranchées, lorsqu’il apprit qu’un très vieil homme habitant près du château du Clos-Lucé où mourut l’auteur de la Joconde, affirmait connaître l’endroit exact de la sépulture. 

Après bien des difficultés, le vieillard consentit à conduire lui-même Arsène Houssaye. 

Chemin faisant, on bavarda, Quel ne fut pas l’étonnement de l’écrivain en entendant le paysan abonder en anecdotes sur « ce brave Léonard » comme il l’appelait. 

On arriva au cimetière ce qui était fort imprévu, étant donnés les documents qu’on possédait. Le paysan se leva, arracha de mauvaises herbes, et découvrit une inscription :

« Ci-gît, Léonard, artiste peintre. » 

Il s’agissait d’un obscur rapin, mort à Amboise de longues années auparavant. Le plus beau est qu’Arsène Houssaye dut payer le déplacement du guide !

« Gil Blas. » Paris, 1906.

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Les restes de Niccolò

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paganini

On lit dans le Parlamento de Turin : 

Il y a plus de dix ans que le célèbre violoniste Paganini est mort sans sacrements. L’évêque lui a refusé la sépulture en terre sainte. Son héritier a fait déposer provisoirement le corps, de Paganini dans un endroit particulier, et il a ouvert une instance. 

Ayant perdu son procès devant la cour de Nice, il a interjeté appel devant la cour archiépiscopale de Gènes, qui a ordonné que le corps de Paganini fût inhumé dans le cimetière ordinaire. Le ministère public près la cour de Nice a interjeté l’appel, et la cour de Turin, saisie de cet appel, a confirmé l’arrêt de la cour de Gènes. Dans les tribunaux
ecclésiastiques, il faut trois sentences conformes pour exclure tout appel. Le ministère public de Nice a interjeté appel de la dernière sentence devant les juges que désignerait le Saint-Siège. 

Ainsi, depuis dix ans, il n’a pas encore été décidé formellement dans quel lieu les restes mortels de Paganini recevront la sépulture. 

« Journal des arts, des sciences et des lettres. » Paris, 1865.

La dernière halte

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Dryburgh-abbaye
Ruines de l’abbaye de Dryburgh.  LeCardinal

Lord Glenconner avait fait don à la nation britannique de l’abbaye de Dryburgh, où repose Walter Scott. On raconte, à ce propos, une anecdote touchante.

Walter Scott, qui avait choisi lui-même le lieu de sa sépulture, se rendait fort souvent de son château d’Abbotsford à l’abbaye de Dryburgh à cheval. Le romancier menait sa monture le long des berges verdoyantes de la rivière Dee et avait coutume de s’arrêter à certain point de la route pour admirer le paysage. 

Le jour des obsèques de l’illustre écrivain, le cheval fut placé derrière le corbillard de son maître, qu’il suivit, tenu à la bride par un groom. Au moment où le cortège atteignait la halte favorite de Walter Scott, le cheval s’arrêta de lui-même. Ordre tout aussitôt donné au cocher du corbillard d’arrêter le convoi et d’attendre que la bête consentît à reprendre sa marche.

La halte s’était renouvelée pour la dernière fois.

Photo d’illustration : LeCardinal