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Signature

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notaireQui le croirait ? la signature a été inventée par ceux qui ne savaient pas écrire. M. Guigne, ancien élève de l’École des Chartes, dans un excellent travail, a démontré que le signum gravé sur le chaton d’un anneau porté au doigt tient lieu de signature chez presque tous les peuples anciens; qu’au moyen âge le seing manuel sert à donner de l’authenticité aux actes.

Ces seings manuels représentent des croix, des armoiries, des monogrammes, des ornements et des objets divers faisant allusion au nom, au métier du signataire. Ils précédèrent l’emploi du seing ou du petit seing, formé simplement de lettres du nom, écrites rapidement et accompagnées de quelques traits plus aisés à tracer que les figures des seings précédents. 

Ce seing par le nom, ou signature proprement dite, ne devint d’un usage obligatoire qu’au seizième siècle. 

On remarque les signatures en forme de ruches des diplômes du neuvième siècle, les monogrammes bene volete des anciens papes, les seings patiemment dessinés des notaires apostoliques, les marques naïvement bizarres d’une foule d’artisans qui signent en esquissant une clef, une truelle, un fer à cheval, une navette, une hache, un marteau,  un bonnet, un violon ou un autre instrument, un autre outil de leurs divers métiers. 

Ce n’est que dans le courant du dix-huitième siècle que les signatures des contrats commencèrent à perdre leur amusante variété. 

Sous Louis XIV, l’artisan figure encore son outil, le paysan s’essaie d’une main tremblante à tracer une croix irrégulière et informe, le petit bourgeois écrit vaille que vaille son nom, le notaire et l’homme de loi enveloppent leur signature cursive dans les replis de paraphes compliqués, les gens d’église écrivent lisiblement leur nom en petits caractères correctement et fermement tracés, les gentilshommes affectent la mode hautaine de signer en lettres grosses parfois d’un demi-pouce. 

M. Guigne s’est demandé à ce sujet si il y a trois siècles, les gentilshommes étaient hors d’état de signer leur nom. Il a recueilli aux archives un certain nombre de souscriptions de testaments où, tandis que les clercs écrivent cette mention : J’ai écrit et signé de ma propre main, des seigneurs et notamment Guy, comte de Forez, testateur, font signer de la main d’un clerc, en ajoutant : Parce que je ne sais pas écrire

M. Guigne se croit donc autorisé à conclure que, jusqu’au milieu du quatorzième siècle, il n’y eut qu’un très petit nombre de nobles lettrés. Il reconnaît néanmoins que, malgré ses recherches, il a à peine découvert une dizaine de mentions de ce genre.

« La Revue des familles. » Paris, 1873.

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Autres temps, autres moeurs

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egypte-antiqueLes Egyptiens pouvaient emprunter de fortes sommes en déposant le cadavre de leur père entre les mains de leur créancier. Néanmoins, ils se couvraient d’infamie s’ils ne retiraient pas au bout d’un certain temps ce gage vénéré. 

Au Moyen Age, on mettait sa moustache en dépôt, et l’on obtenait de l’or sur cette simple garantie. Honte jusqu’à la mort pour celui qui n’eût pas racheté sa moustache. 

Aujourd’hui il suffit de donner sa signature, c’est-à-dire de tracer quelques signes bizarres, et l’on est tout aussi engagé que l’étaient autrefois l’Egyptien, l’homme du Moyen Age. 

« Ma revue. » Paris, 1907.