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Propos d’un Parisien

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parisAvez-vous vu, au cinématographe, l’Apprenti chauffeur ? Une auto zigzagante pénètre, en vitesse, dans un magasin de porcelaines, dévaste une terrasse de restaurant, saccage une file de voitures de marchandes des quat’saisons, etc. C’est d’ailleurs très drôle. 

Mais, dans la réalité, c’est moins amusant. Demandez plutôt à cette famille anglaise qui, débarquée depuis dix minutes à Paris, fut mise en salade, place de l’Europe, par un tramway emballé. Heureusement, il y eut plus de peur que de mal. N’importe, je vois d’ici la tête du papa quand ses amis lui demanderont ingénument :

« Quelle a été votre première impression, à Paris ? » 

Ces accidents grand-guigniolesques deviennent de plus en plus fréquents. Récemment, un mécanicien du Métro s’évanouissait dans sa cabine, tandis que sa rame roulait à toute vitesse. Un sergent de ville put faire fonctionner le frein de secours il était temps Vous vous souvenez de l’autobus qui fit un plongeon dans la Seine. Il y a quelques mois, deux dames qui se trouvaient en auto-taxi s’aperçurent que le chauffeur ne dirigeait plus sa voiture. Parbleu ! Il était mort, terrassé par une embolie. 

Ces accidents bien modernes sont assez inquiétants. Mais il est probable que nous en verrons bien d’autres Nous avons des tunnels sous nos pieds. Le sol est sillonné d’automobiles de plus en plus rapides. Avant peu, nous aurons des embarras d’aéroplanes au-dessus de la tête… Bruits de ferraille, pétarades de moteur, coups de sifflet, appels de trompe et de sirène. Gare là-dessous, gare là-haut, gare partout ! Ah mes enfants, qu’est-ce que nous allons devenir ? 

Mais ne récriminons pas. Soyons dans !e mouvement, un mouvement d’enfer ! Et  persuadons-nous bien que tout ça, c’est le progrès, c’est le bonheur.

Clément Vautel. « Le Matin. » Paris, 1913.

A bonne école

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Charles-dickensLes inventions des romanciers restent toujours au-dessous des réalités que révèlent fréquemment les annales judiciaires.

Le célèbre Charles Dickens, qui a été longtemps reporter des tribunaux pour les journaux anglais, doit le succès de ses œuvres les plus populaires aux études qu’il a pu faire à la barre des cours et des tribunaux. C’est là que les ridicules, les vices, les turpitudes de toutes les classes de la société sont exposés dans leur nudité la plus repoussante.

« Le Petit journal. » 1 février 1863.