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Les mésaventures de Rosa et Josepha

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Il vient d’arriver à Londres une amusante aventure aux sœurs siamoises Rosa et Josepha Blažek.

Les deux sœurs, qui n’en font qu’une, débarquaient hier à la gare de King’s Cross, descendant du rapide d’Edimbourg. Elles venaient à Londres se soumettre à l’examen du congrès général des médecins et chirurgiens. Or elles n’avaient qu’un seul ticket. Un seul ticket pour deux personnes ? Le contrôleur les examina et, jugeant qu’elles étaient bien deux, exigea le supplément.

Le barnum des sœurs intervint, protestant que jamais Rosa et Josepha n’avaient (ou n’avaient) payé qu’une seule place sur tous les chemins de fer du monde. Le contrôleur n’admit point cette thèse et dressa procès-verbal. C’est l’administration des chemins de fer qui tranchera la question dans un prochain conseil.

Sont-elles une ? Sont-elles deux ?

« La Chronique médicale : revue bi-mensuelle. » n°18. Paris, 1911. 

Autrefois l’hôpital

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Au moyen âge, il existait près des palais des évêques un lieu destiné à la nourriture des pauvres inscrits sur la matricule de l’Église. Ces malheureux, appelés matriculaires, y logeaient pour la plupart et y étaient soignés lorsqu’ils étaient malades. Voilà l’origine des hôpitaux.

Bien entendu, l’hygiène était absolument ignorée dans ces établissements hospitaliers, et il suffira de donner un aperçu du plus important d’entre eux : l’Hôtel-Dieu de Paris, pour se rendre compte de ce que devaient être les autres.

Cet hôpital, dont la fondation, attribuée généralement à saint Landry, remonte au VIIème siècle, s’appela successivement hôpital Saint-Christophe, Maison-Dieu et enfin Hôtel-Dieu. Il jouit constamment de la sollicitude des rois de France et les chanoines de Notre-Dame subvinrent longtemps à ses besoins.

Il était composé de salles nauséabondes et privées d’air, dans lesquelles les soins de la propreté la plus élémentaire n’étaient même pas observés. Les malades atteints des maux les plus différents gisaient côte à côte, couchés par groupes de cinq ou six sur un grand lit de paille sordide où l’on plaçait également les enfants, car les hôpitaux pour ceux-ci n’existaient pas encore.

La maladie se transmettait par ce dangereux contact et faisait d’innombrables victimes, d’autant plus qu’on n’avait pas songé à attacher des médecins à l’établissement et que les personnes qui souffraient n’avaient d’autres soins que ceux dus à l’initiative des soeurs de charité qui l’administraient.

Aller à l’Hôtel-Dieu autrefois c’était presque aller à la mort. 

Au XVIIIème siècle, lors du terrible incendie qui détruisit cet hôpital, un semblable état de choses régnait encore. On allait même, dans des circonstances extraordinaires, jusqu’à placer des malades les uns sur les autres par le moyen de matelas mis sur l’espèce de baldaquin qui surmontait les lits à cette époque et auquel on ne montait que par une échelle.

Telle était la façon dont nos ancêtres, peu soucieux de l’hygiène, comprenaient l’hospitalité donnée aux malades.

« Le Petit Français illustré. »  Paris, 1902.