solécisme

Médecine grammaticale

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medecin-malade

Le célèbre grammairien François-Urbain Domergue était un jour retenu au lit par une esquinancie qui menaçait de le suffoquer. Son médecin s’approche et lui dit :

 Si vous ne prenez ce que je vous ordonne, je vous observe que…
—Et moi je te fais observer, s’écrie le moribond, transporté d’une scientifique colère, que c’est bien assez de m’empoisonner par tes remèdes; faut-il encore qu’à mon dernier moment tu viennes m’assassiner avec tes solécismes ? Va-t’en !

A ces mots, prononcés avec impétuosité, l’abcès crève, la gorge se débarrasse, et grâce au solécisme, l’irascible grammairien est rendu à la vie.

Paris, 1833.