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L’actionnaire

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Deux messieurs causaient sur le boulevard, au coin de la rue de Choiseul. L’un d’eux était un grand spéculateur, développant le plan d’une affaire magnifique. L’autre, un capitaliste ébloui, en train de mordre à l’hameçon. Il hésitait encore cependant, mais il allait céder, il le savait. Il ne faisait d’objections que par acquit de conscience.

Auprès de ces deux messieurs s’arrêtent deux gamins de dix à douze ans. Ils considèrent le magasin du marchand de tabac du coin. L’un d’eux s’écrie :

Nom d’une pipe ! je voudrais bien fumer un sou de tabac.
Eh bien, dit l’autre, achète pour un sou de tabac.
Parbleu ! le malheur, c’est que j’ai pas le sou.
Tiens, j’ai deux sous, moi !
Oh! qué chance ! juste mon affaire. Un sou de pipe et un sou de tabac.
Eh bien ! et moi donc ?
Toi ?… tu feras l’actionnaire, tu cracheras !…

Ce fut un trait de lumière. Le capitaliste prit la fuite en mettant les mains sur ses poches. Le spéculateur lança un regard furibond sur les deux gamins et retourna devant le passage de l’Opéra.

« Dictionnaire amusant. »  Charles de Bussy, Paris, 1859.
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Un sou n’est pas un sou

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5_centimesNe dites pas un sou, mais cinq centimes. Bien des personnes ignorent qu’en disant. « un sou » elles violent, la loi de 1837, rendue exécutoire à partir du 1er janvier 1840.

L’article 5 de celle loi interdit, en effet, d’une façon absolue toutes dénominations de poids, mesures et monnaies autres que celles qui ont été consacrées par la loi du 18 germinal, an III (7 avril 1795), constitutive du système métrique décimal.

Maintenant, que vous voilà prévenus, ne dites pas et surtout n’écrivez, ni n’imprimez un sou, mais cinq centimes. Vous vous exposeriez à des poursuites et à une amende.

« Le Petit Français illustré. Journal des écoliers et des écolières. »  Paris, 1890.