souper

Le derrière

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Jason-Town

Un soir qu’un Anglais soupait avec le philosophe de Ferney, la conversation tomba sur Shakespeare.

Voltaire s’étendit sur l’effet inconvenant et absurde que produisaient des caractères bas et des dialogues vulgaires dans la tragédie. Il s’appuya de beaucoup d’exemples pour prouver que le poète anglais avait souvent offensé le goût même dans ses pièces les plus pathétiques.

L’Anglais observa, pour excuser son compatriote, que ces caractères , quoique bas, étaient pourtant dans la nature.

— Avec votre permission, monsieur, répondit Voltaire, personne ne montre son derrière… il est pourtant dans la nature.

Joseph-François-Nicolas Dusaulchoy de Bergemont /Pierre Joseph Charrin. « Les soirées de famille. » Paris, 1817. 

Illustration : Jason Town.
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Un fantôme dans la cave

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cave-peur

Un marchand de la rue Saint-Victor, à Paris, donnant un grand souper, la servante de la maison fut obligée de descendre à la cave à dix heures du soir.

Elle était peureuse. Elle ne fut pas plutôt descendue, qu’elle remonta tout épouvantée, en criant qu’il y avait un fantôme entre deux tonneaux ! L’effroi se répandit dans la maison, les domestiques les plus hardis descendirent à la cave, les maîtres suivirent, et l’on reconnut que le spectre était un mort.

Le corps avait glissé de la charrette de l’Hôtel-Dieu, et était tombé dans la cave par le soupirail.

« Dictionnaire des sciences occultes. » Jacques Auguste Simon Collin de Plancy. Paris, 1886

Le souper du sanglier

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varennes

La gloutonnerie des Bourbons éclate chez Louis XVI  d’une manière intempestive. A aucune époque de sa vie, le pauvre homme ne sut modérer ni contenir son appétit.

Quand il se fut déterminé à quitter les Tuileries, le 21 août 1791, il se détourna de son itinéraire pour déjeuner à Etoges, chez son premier valet de chambre, M. de Chamilly. Quand il entra dans Varennes, les troupes du marquis de Bouillé étaient parties depuis deux heures, mais le postillon Drouet et ses hommes l’attendaient. A peine de retour aux Tuileries, il soupa, dévora un poulet comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé.

Il mangeait salement et Buffon, ayant assisté une fois à son grand couvert, laissa échapper un mot qui n’est pas du style soutenu, devant les sangliers domestiques élevés par le Jardin des plantes :

 « Eh bien, le roi, dit-il, mange comme ces animaux-là ! »

« Petit bréviaire de la gourmandise. »  Laurent Tailhade. Paris, 1914.  
Illustration : « Arrestation à Varennes. » Jean Louis Prieur.

 

Déjeuner

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déjeuner

L’origine du déjeuner n’est pas très ancienne, jusqu’en 1789 le Parisien déjeunait à neuf heures, dînait à midi (le terme s’est conservé en province) et soupait à dix heures du soir.

Les nécessités de la vie parlementaire produisirent un premier changement dans les heures adoptées. Désormais on déjeuna à midi, on dîna à six heures et l’on soupa à une heure plus ou moins tardive. Les moeurs allaient changer.

Mme Hardy, tenancière d’un célèbre restaurant d’alors, y contribua pour sa part, en plaçant sur un buffet quelques mets simples et appétissants : rognons, côtelettes… à la disposition des déjeuneurs, ses clients.

La première fois les habitués se récrièrent :

Eh ! madame Hardy, qu’est-ce que c’est que ça ?

Un supplément au déjeuner. Excellente

Excellente idée ! 

Bravo…

Après avoir approuvé, on déguste. Bientôt boudin, saucisse, boeuf rôti, desserts même vinrent compléter ce menu.

Mme Hardy avait inventé le déjeuner à la fourchette.

« Gazette française. »  Paris, 1903.