spiritisme

Appréhension

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prisonUn employé de police du nom de Schemmer publia en 1852 à Querfurt un livre assez mal écrit sous le titre de Observations psychologiques ou secrets de la nature.

A la page 59 se trouve la remarque suivante : Les personnes qui attendent avec terreur le moment où elle seront conduites en prison, annoncent leur arrivée d’avance, soit en ouvrant les portes la nuit, soit en entrant dans les cellules ou en frappant des coups aux portes.

Dans une cellule vide, où devait être enfermé le lendemain un meurtrier qu’on avait déjà arrêté et enchaîné, on entendit des gémissements et un bruit de chaînes. Tous les prisonniers, Schlemmer ainsi que le factionnaire en furent témoins.

« L’Avenir. » Paris, 4 mai 1865.

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Ascension mortelle

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alpinismeUn cas de clairvoyance tout à fait remarquable vient d’attirer l’attention des étudiants des recherches psychiques à Chemnitz, en Saxonie. Ce qui rend le cas spécialement intéressant est le fait que le clairvoyant, astronome et  astrologue, frère du grand astronome Geheimrat Professor Dr. Meyermann, chef de l’observatoire à l’Université de Gottingen, commença ces investigations par l’examen d’une photographie.

Le problème consistait à déterminer si un alpiniste, perdu dans les montagnes vivait  encore. Monsieur Meyermann, au premier coup d’œil jeté sur la photographie, déclara que l’alpiniste était mort; ajoutant qu’à son sens il se produisait un changement sur toutes les photographies après la mort de lapersonne. Se basant sur cette décision, le clairvoyant indiqua la place où on trouverait le corps. 

Monsieur Palitsch, inspecteur du Standesamt à Chemnitz, passa des vacances un peu tardives dans les Alpes Bavaroises. Il était accompagné par sa femme. Un jour ils décidèrent d’entreprendre l’ascension d’une montagne, de 2000 mètres de hauteur, ascension considérée comme dépourvue de danger. Le jour de l’excursion, Mme Palitsch se sentant fatiguée, son mari partit seul. Il ne revint pas. Plusieurs expéditions furent envoyées à sa recherche les jours suivants, mais sans résultat. 

Quelques jours après le retour de Mme Palitsch à Chemnitz, M. Meyermann, clairvoyant et astrologue, ami de la victime, s’offrit pour aider à découvrir là vérité sur cet accident supposé. Ayant consulté une photographie, il déclara de suite que M. Palitsch était mort. 

Comme on ne connaissait pas du tout cette partie des Alpes Bavaroises, une carte à grande échelle fut mise devant lui, ainsi qu’un mouchoir appartenant à la victime. M. Meyermann tira de sa poche un petit appareil qu’il appelle « pendulum sidéral » et, par la nature des oscillations de cette pendule au-dessus de la carte, put découvrir exactement la route suivie par le décédé. Cette route, prise par erreur, l’avait conduit vers les précipices de Hohen Kramer. Le clairvoyant, toujours au moyen de son « pendulum sidéral » (procédé plutôt rhabdomancien), détermina le point exact où se trouvait le corps. 

Bien que ni M. Meyermann, ni Mme Palitsch ne soient allés visiter ces précipices sauvages et presque inaccessibles on pût, grâce à la clairvoyance du voyant et avec l’aide de son pendule, non seulement donner une description très exacte de l’endroit, mais encore le meilleur moyen d’y accéder. Les montagnards des environs d’Untergrainau furent surpris de la précision des données, car peu d’entre eux avaient pénétré cet amas de rochers. L’expédition de recherches  trouva le corps de M. Palitsch exactement au lieu indiqué et dans la position décrite par le clairvoyant. 

La police étonnée soupçonna un assassinat, mais une investigation officielle démontra que la mort était due à un accident, et M. Meyermann prouva abondamment qu’il n’avait pas quitté Chemnitz pendant la semaine. Les officiels ont été forcés d’admettre le fait positif de ce cas de clairvoyance. 

Il est intéressant de remarquer que M. Meyermann descend d’une vieille famille des environs de Chemnitz, et que, suivant la tradition, plusieurs de ses aïeux avaient le don de la clairvoyance ou de « double vue ». 

« L’Astrosophie. Revue d’astrologie ésotérique et exotérique » Traduit de « Psychic Science » (Londres), numéro de Janvier 1931. 

Ciel ! mon mari !

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aneDans une réunion de spirites se trouvait dernièrement une pauvre femme fort disposée à croire aux révélations des esprits.

Elle pria un médium de demander à l’esprit qu’il évoquait ce qu’était devenue l’âme de son mari, mort depuis deux ans. Le médium fit l’évocation et lui répondit que « l’âme de son mari était passée dans le corps d’un âne. » Fort émue de cette révélation, la pauvre femme quitta la réunion et partit pour son domicile, situé dans le quartier Perrache.

Dans la rue Sainte-Hélène, elle rencontre un âne attelé à une petite voilure, elle s’arrête et contemple avec émotion maître Aliboron : « Si c’était mon mari ! se dit-elle. » Au même instant l’âne fait un léger mouvement de tête. « Il me reconnaît ! s’écrie-t-elle. C’est lui ! c’est mon pauvre homme ! » Elle s’approche et l’âne fait entendre un joyeux braiment.

Tous les doutes disparaissent à ce braiment, auquel la pauvre femme trouve un son harmonieux et dans lequel elle croit reconnaître le timbre de la voix de son mari. Alors elle se précipite, saisit la tête de l’âne et la couvre de baisers.

La foule, promptement réunie par cette bruyante reconnaissance, applaudissait des deux mains, lorsque intervint le propriétaire de l’animal. Alors les quiproquos se succèdent. Le propriétaire parle de son âne et la femme de son mari. Le premier parvient cependant à saisir la vérité au milieu de ces exclamations diverses. « Combien, demande-t-il, y a-t-il de temps que vous avez perdu votre mari ?

 Deux ans répond la veuve.
— Alors, mon âne n’est pas votre mari. Il y a cinq ans que je l’ai acheté à Charabara. Cherchez ailleurs, ma pauvre femme.

Et, allongeant un coup de fouet à maître Aliboron, il disparaît et met fin à la scène qui, pour les spectateurs, valait un des meilleurs vaudevilles du Palais-Royal.

L’anecdote est-elle authentique ? La pauvre femme qui en a été l’héroïne a-t-elle-été victime d’un facétieux médium ? car on peut être médium et aimer à rire. Nous ne pouvons rien affirmer, mais se non è vero è bene trovato.

« La Vérité : journal du spiritisme. » Lyon, 1863.

La table qui parle

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spiritismeVoici, à titre de curiosité, une anecdote cueillie par le Petit Bleu sur la Riviera :

On parlait l’autre jour entre Parisiens d’occultisme et de spiritisme, de métapsychie et d’ectoplasme. 

 Pour ma part, dit quelqu’un, je ne crois guère à toutes ces manifestations d’un au-delà plus ou moins réel. Toutefois, ce que je puis vous dire,et je le tiens de Jean Richepin, c’est que la grande guerre fut très nettement prédite par une table.

Cela se passait quelque temps avant la guerre, chez Me Busson-Billault, avocat à la Cour, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats. Il y avait là quelques personnalités : Mme Rachel Royer. Mlle Madeleine Roch, Jean Richepin, etc. On parlait de spiritisme et Mlle Madeleine Roch avoua en riant qu’elle était douée du don de médiumnité. 

 Nous allons voir ça, fit Richepin sur un ton d’incrédulité.

On apporte un guéridon léger, et les assistants font la chaîne. Quelqu’un pose une question relative à un événement devant advenir à la fin de l’année 1914. 

 Non,  répond la table.
— Pourquoi ? demande Mlle Roch.
— Parce qu’il y aura la guerre !
— La guerre !.. Quand éclatera-t elle ?
— Dans trois mois.
— Avec qui ?
— Générale !

Les assistants se regardent, impressionnés. 

 Si nous rédigions au procès-verbal de cette communication ? demanda Richepin.

La proposition est acceptée. 

Et c’est pourquoi l’on montrait chez Me Busson-Billault, un procès-verbal rédigé en mai 1914, contre-signé par les personnes présentes.

Une nouvelle affaire Landru

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spiritisme

Landru, ses fiancées disparues, sa cuisinière-four-crématoire, Landru, don Juan populaire et ses exploits passionneront sans doute encore longtemps les foules. 

Le seigneur de Gambais a-t-il emporté un secret, après avoir passé, sur une place versaillaise entre les mains expertes de M. Anatole Deibler ? D’aucuns le prétendent et les spirites, qui depuis quelque temps se réunissent, chaque semaine, chez Mlle Jeanne D… espéraient enfin un soir dernier avoir le mot de l’énigme. 

Ces spirites avaient déjà évoqué l’esprit de Napoléon 1er qui, paraît-il, leur avait donné quelques détails inédits sur ses campagnes. Mme de Pompadour leur avait parlé de la guerre des sept ans et de Louis XV. La du Barry les avait entretenus de la Terreur… M. Félix Faure, lui-même, avait répondu à leur appel, de même que le maréchal Mac-Mahon, mais Landru… 

Les mains de douze personnes bien à plat comme il convient sur le guéridon, les doigts se touchant, les coeurs battant, une voix anxieuse (celle de la maîtresse de maison) avait balbutié :  

 Esprit de Landru… es-tu là ?  

Le guéridon, sous les douze paires de mains fébriles, avait fait un grand saut qui en langage de l’au-delà, signifie : oui. 

 Tu es bien l’esprit de Désiré Landru, qui mourut sur l’échafaud à Versailles ?  

Nouveau bond :

 Il n’y a pas de doute, déclara péremptoire Mlle Jeanne D…, c’est bien lui… nous allons lui demander s’il veut nous parler de ses femmes, de ses aventures, de ses amours…. 

Et sur ce dernier mot magique, la voix de la demoiselle spirite se pâma… 

Or, Landru, bon garçon (ou plutôt bonne âme) déclara, toujours par l’entremise du guéridon, qu’il était prêt à parler. Enfin, on allait savoir comment était morte Mme Cuchet, comment il avait envoyé dans un monde qu’on dit meilleur Mme Collomb, comment il avait occis Mme. Mercadier, comment… 

 Mais, dit alors un sceptique, qu’est-ce qui nous prouve que c’est bien l’esprit de Landru ?
— Il n’y a pas de doute.
— Mais si…
— Mais non…
— Imbécile… incroyant…, abruti…, etc., etc. 

Des mots plus aigres que doux étant échangés, on en vint aux mains qui, pour la circonstance, avaient abandonné le marbre froid du guéridon. Et ce fut une mêlée générale : coups de pied, coups de poing, vitres prisées, tableaux arrachés, chaises qui tournaient… sur la tête des combattants. 

Brusquement, la porte s’ouvrit figeant les belligérants sur place. Qu’allait-il se passer ? l’esprit vengeur de Landru réincarné apparaissait-il ? 

Non… le visage légendaire à la barbe noire qu’on vit pour la dernière fois dans le panier de M. de Paris, ne se fit pas voir… un agent, à la bonne figure épanouie, se montrait sur le seuil, suivi d’un collègue et de la concierge de l’immeuble que le bruit fait chez Mlle D… avait inquiétée. Tout le monde s’en fut au poste. Prochainement, cette seconde affaire Landru aura son épilogue devant le juge de paix du 9e arrondissement, spirites et sceptiques se réclamant mutuellement des dommages-intérêts pour coups et blessures.

« Cyrano. » Paris, 1931.

Un dangereux paysan

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ferme-gravure

Un terrain était à vendre judiciairement dans une commune des environs de Paris. Personne n’y mettait l’enchère, quoique la mise à prix fut excessivement minime, parce que ce terrain était saisi au père G…, qui passait parmi les paysans pour un sorcier dangereux.

Après une longue hésitation, un cultivateur nommé L…, séduit par le bon marché, se risqua et devint acquéreur du champ. Le lendemain matin, notre homme, la bêche sur l’épaule, se rendait en chantant à sa nouvelle propriété, quand un objet sinistre frappa ses regards. C’était une croix à laquelle était attaché un papier contenant ces mots :

« Si tu mets la bêche dans ce champ, un fantôme viendra te tourmenter la nuit. »

Le cultivateur renversa la croix et se mit à travailler la terre. Mais il n’avait pas grand
courage, il pensait, malgré lui, au fantôme qui lui était annoncé. Il quitta l’ouvrage de bonne heure, rentra chez lui et se mit au lit. Mais ses nerfs étaient surexcités, il ne put dormir. A minuit, il vit une longue figure blanche se promener dans sa chambre et s’approcher de lui en murmurant :

« Rendez-moi mon champ ! » 

L’apparition se renouvela les nuits suivantes. Le cultivateur fut saisi par la fièvre. Au médecin qui l’interrogea sur la cause de sa maladie, il raconta la vision dont il était obsédé et déclara que le père G… lui avait jeté un sort. 

Le médecin fit venir cet homme et, en présence du maire de la commune, il l’interrogea. Le sorcier avoua que chaque nuit, à minuit, il se promenait chez lui, revêtu d’un drap blanc, afin de faire endéver l’acquéreur de son champ. Sur les menaces qui lui furent faites de le mettre en état d’arrestation, s’il continuait ses pratiques nocturnes, il se tint tranquille. Les apparitions cessèrent, et le cultivateur recouvra la santé. 

Comment ce sorcier, se promenant chez lui, pouvait-il être vu du paysan, dont la demeure est à un kilomètre de distance ? M. le docteur Macario, à qui nous empruntons ce fait consigné dans son curieux ouvrage, les Rêves et le Somnambulisme, ajoute :

« Nous ne nous chargeons pas d’expliquer ce phénomène, nous le croyons sans peine, car on ne peut s’en rendre compte que par le spiritisme et par la théorie du périsprit. » 

« La Vérité : journal du spiritisme. » Lyon, 1863. 

Défi

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spiritisme.M. Gustave Le Bon propose en ce moment aux médiums de faire la preuve de la réalité de leurs expériences.

Le savant offre un prix de 2,000 francs à celui d’entre eux qui, en plein jour, réussira une expérience de lévitation, c’est-à-dire soulèvera par ses seuls moyens psychiques un objet placé sur une table. Pour un médium, c’est l’enfance de l’art. Et pourtant, voilà, semble-t-il, 2,000 francs qui sont beaucoup plus difficiles à gagner que ne pourraient le croire les fervents du spiritisme.

Aucun médium ne s’est encore présenté pour tenter l’aventure. Et, comme bien vous pensez, les sceptiques en font des gorges chaudes et ne parlent de rien moins que de la faillite du spiritisme. Si M. Gustave Le Bon est forcé de garder ses 2,000 francs, faute d’amateurs qui veuillent les gagner, que vont penser nos spirites les plus notoires et les plus convaincus ?… N’en perdront-ils pas, du coup, toutes leurs croyances et toutes leurs illusions ?… Non, rassurez-vous. Les spirites dignes de ce nom, les spirites qui ont la foi ne seront pas ébranlés par cette déconvenue. On est spirite ou on ne l’est pas… Et, quand on l’est, on le demeure en dépit de tout…

Depuis qu’il y a des médiums, il n’en est pas un seul peut-être qu’on n’ait pris, plusieurs fois au moins, en flagrant délit de fraude. Est-ce que cela a fait diminuer le nombre des spirites ?… Pas du tout !… Il y en a plus que jamais… Tant il est vrai que la croyance au merveilleux et au surnaturel est un des besoins les plus impérieux de l’âme humaine.

« Le Petit Journal. Supplément du dimanche. » Paris, juin 1908.