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Avarice

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Lupe-Velez

L’anecdote suivante, dont tout Hollywood s’est fort amusé, est rigoureusement vraie. Lupe Velez, la brune Mexicaine, téléphone un jour à une amie :

Sheila, ma chérie, il faut absolument que vous me rendiez un grand service !
Vous savez, Lupe, que je ferai tout ce…
Vous êtes un amour ! coupe la vedette. Écoutez : on veut me voler…
Diable! Avisez la police !
Mais non ! Mais non ! C’est un commerçant qui veut me compter beaucoup trop cher un tapis dont j’ai besoin pour ma maison.
Et que puis-je faire pour vous ?
Vous êtes dans les affaires. Vous savez beaucoup mieux que moi vous défendre. Accompagnez-moi et allons discuter avec le vendeur.

Sheila abandonne tout, quitte son bureau en hâte et vole au secours de Lupe Velez qu’elle a bientôt rejointe.

Quelle grande folie complotez-vous ? demande-t-elle. Je parie qu’il s’agit de ce tapis d’Orient à 1.400 dollars que nous avons vu ensemble l’autre jour à la devanture d’un magasin…

Lupe montre de grands yeux candides.

Oh ! mais non, voyons ! C’est un tapis en caoutchouc pour la salle de bain : on m’en demande 6 dollars et je suis sûre qu’il n’en vaut pas quatre.

Grâce à Sheila, le tapis est obtenu à 5 dollars et les deux amies se séparent. Le soir, Sheila reçoit un coup de téléphone de Lupe :

Vous savez, le tapis d’Orient ? Je l’ai acheté en passant, avant de rentrer à la maison.

« Midinette. »  Paris, 1937.

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Le vrai visage d’Hollywood

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Mireille-Balin

Mireille Balin s’ennuie à Hollywood et elle menace de quitter la capitale américaine du cinéma :

« Ici, déclara-t-elle, tout gravite autour du cinéma. On perd petit à petit sa personnalité et le sens des valeurs réelles. Je frémis à l’idée de la réadaptation qu’ii me faudra faire lorsque je quitterai un jour Hollywood pour me retremper dans la vie normale de Paris. Hollywood, c’est une stupide potinière qui épie les gens et bâtit des romans impossibles. Voilà ce qu’est Hollywood et on y étouffe ! Dans cette atmosphère sans gaîté et ce climat sans saison, je perds ma joie et mon enthousiasme. Je lutte pour me sauver, parce que je ne veux pas devenir une « star » comme celles d’ici qui ne sont plus que de luxueux automates. Je veux vivre, aimer, respirer et rire, malgré Hollywood et ses dollars… Je me suis trompée sur Hollywood, Ce n’est pas seulement la ville des mirages, c’est, comme le disait Maurice Chevalier, « un ring de boxe… »

Peut-être y a-t-il dans ces déclarations désenchantées un peu de rancoeur provoquée par des espoirs déçus, mais cette description d’Hollywood semble véridique. Le cinéma est le dieu de cette cité sans âme et tout doit lui être subordonné.

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Paris/Clermont-Ferrand, 1938.
Illustration : Mireille Balin dans «Gueule d’amour» (1937)

La responsable

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irene-castle

Une ancienne étoile de l’écran américain, miss Irene Castle, à laquelle on attribue le lancement de la mode des cheveux courts, déclare a la presse qu’elle regrette amèrement cette innovation.

« On a vraiment poussé à l’extrême la mode des jupes courtes et des cheveux courts. Les femmes sont devenues de méchants garçons qui font fuir les hommes ! »

La voilà punie ! ça lui apprendra à lancer une mode pareille.

Pour bien faire, il faudrait qu’un Américain lance, pour les hommes, la mode des oreilles coupées.

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.