Surate

Hospices pour les animaux

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indeLa Société asiatique de Londres a reçu sur ce sujet des détails étendus et authentiques qui lui ont été communiqués par M. Burns, officier de l’armée de Bombay. En voici quelques particularités, sur lesquels son témoignage ne laisse aucun doute. 

L’hospice fondé à Surate par les Banians contenait, en 1825, un grand nombre d’animaux; il s’y trouvait surtout beaucoup de vaches et de buffles infirmes; mais il y avait aussi des moutons, des chèvres, des coqs, des poules malades. Il n’y a point d’exception dans l’admission des espèces animales, et on les reçoit toutes, quel que soit leur nombre et le lieu d’où elles viennent. A l’entrée de l’établissement est une maison de bois, longue de vingt-cinq pieds, et ayant un plancher à huit pieds du sol. C’est dans cet endroit que l’on nourrit avec du grain une immense quantité d’insectes comprenant toutes les espèces qui habitent ordinairement les plus misérables demeures. Le nombre en est si grand, qu’en jetant les yeux dans ce hideux réceptacle, on ne peut rien voir de la nourriture qu’on y jette, et qu’on ne distingue autre chose qu’une vaste masse informe et animée. 

M. Burns atteste que des hospices semblables existent dans toutes les grandes villes de la région occidentale de l’Inde, et il nomme, entre autres, la cité d’Ariar, dans le Cutch, où il vit un hôpital de rats contenant 5,000 de ces animaux, nourris régulièrement avec de la farine. 

« Archives curieuses, ou Singularités, curiosités et anecdotes de la littérature. » Paris, 1831.

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Jalousie

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Pacha

Il arriva une aventure assez plaisante à certain peintre européen voyageant dans les Indes, qui pourra prouver jusqu’à quel point les Orientaux poussent la jalousie. Un gouverneur de Surate avait une femme charmante, pour laquelle il négligeait toutes les beautés renfermées dans son sérail.

Ayant entendu dire qu’il y avait dans la ville un étranger qui savait parfaitement bien peindre, et rendait au naturel la ressemblance de tous les objets, il résolut de saisir cette occasion pour se procurer le portrait de celle dont il était si passionné, se flattant que cette image adoucirait ses chagrins lorsqu’il serait forcé de s’éloigner de sa bien-aimée. Il manda le peintre, qui se rendit avec empressement à ses ordres, et auquel il fit part de son dessein, en lui promettant une récompense digne du service qu’il en attendait.

L’artiste répondit qu’il s’estimerait trop heureux et trop bien payé, s’il avait le bonheur que son ouvrage fût tel qu’on le désirait.

Travaillez donc, reprit le gouverneur, travaillez avec toute la diligence possible; et quand vous aurez achevé le portrait, apportez-le-moi sans perdre un seul instant.

Vous n’avez, reprit l’artiste, qu’à faire venir la personne dont vous souhaitez le portrait.

Eh quoi ! interrompit brusquement le seigneur indien, vous avez prétendu que je vous fasse voir ma femme ?

Comment voulez-vous donc que je puisse peindre une personne que je n’ai jamais vue ?

Retire-toi promptement, s’écria le gouverneur indien hors de lui. Si je ne puis avoir le portrait de ma femme qu’en l’offrant à tes yeux, j’aime mieux renoncer pour toujours au plaisir que je m’étais promis.

Le peintre ne put parvenir à faire entendre raison au jaloux indien, et faillit même perdre la vie.

Panckoucke.