tabac à priser

Tabac à priser

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La fraude et la falsification sont toujours là quand il manque un fait divers. Elles ne chôment jamais.

Un nommé Bailleur, récidiviste dangereux, était traduit devant le tribunal correctionnel de Rouen, qui l’a condamné à huit mois de prison et 300 francs de dommages-intérêts à verser à la régie, pour avoir mis en vente certain tabac à priser, ou plutôt une poudre quelconque, dont il a ainsi donné la formule au président : 

Je mets trois quarts de tan en poudre, un quart de poudre de tranches de pommes grillées. J’arrose le tout d’eau mélangée d’ammoniaque pour donner du piquant, et je parfume avec de l’essence de géranium.

Mais interroge M. le président Halay, il n’y avait donc pas du tout de tabac ?

Pas un grain, je vous l’assure !

On peut même se demander si ce contrefacteur était passible des peines édictées contre ceux qui attentent aux monopoles de l’Etat. En somme il ne vendait pas de tabac. Et s’il plaît à certains de se fourrer dans le nez de la vieille sciure de bois, la Régie n’a rien à y voir.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. »  Paris, 1892.
Illustration : Joseph Jacobs.
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Prise de tabac

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On a calculé qu’un priseur ordinaire a recours à une prise de tabac toutes les dix minutes. Chaque prise avec ses accessoires exige « une minute et demie » de temps.

Or, une minute et demie sur dix font, dans une journée de seize heures, deux heures vingt-quatre minutes, et par conséquent un jour sur dix, ce qui ôte de l’année trente-six jours et demi.

Si donc on suppose l’habitude du tabac à priser pendant quarante ans, il en résulte que le nez absorbe, chez un priseur, l’occupation de quatre années entières.

« Gazette de Paris. » 1885.