tabac

Marxisme

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Un des grands prêtres du marxisme intégral est le philosophe et sociologue russe Riazanov.

Le culte de Riazanov pour Karl Marx a pris, même, une forme curieuse. L’historien russe a voué au tabac une haine furieuse. Pourquoi ? Parce que l’abus du tabac a, paraît-il, abrégé la vie de Marx.

— Si Marx, déclare Riazanov, n’avait pas tant fumé, il n’aurait pas aggravé si vite sa maladie de foie, il aurait vécu cinq ans de plus et aurait pu terminer son admirable Capital ! C’est Riazanov qui a fondé à Moscou la Bibliothèque Marx.

A propos de tabac à priser

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Le père Labat raconte dans son voyage aux îles de l’Amérique (1722) que « le tabac fut une pomme de discorde qui alluma la guerre entre les sçavants ».

« En seize cent quatre vingt dix neuf, dit ensuite le bon père dominicain, M. Fagon, premier médecin du Roi, n’ayant pu se trouver à une thèse de médecine sur le tabac à laquelle il devait présider en chargea un autre médecin. Le nez de ce médecin ne fut pas d’accord avec la langue, car on remarqua que pendant tout le temps que dura l’acte il eut la tabatière à la main et ne cessa de prendre du tabac. La conclusion de la thèse était que le tabac abrégeait la vie. »

On sait que Napoléon prisait outrageusement. Avant lui, le jeune Arouet avait de très bonne heure contracté semblable habitude. Il arriva qu’un jour où il faisait sauter sa tabatière pendant la classe, on la lui confisqua, et il fit, paraît-il, une supplique en vers pour la ravoir.

On sait aussi que Voltaire détestait les jeux de mots. Cependant le tabac lui en fit commettre un… bien mauvais.

« Je préfère, aurait-il dit un jour, une once de tabac à un nonce du pape. »

« Hier, aujourd’hui, demain. Gazette historique. »  Paris, 1923.

L’actionnaire

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Deux messieurs causaient sur le boulevard, au coin de la rue de Choiseul. L’un d’eux était un grand spéculateur, développant le plan d’une affaire magnifique. L’autre, un capitaliste ébloui, en train de mordre à l’hameçon. Il hésitait encore cependant, mais il allait céder, il le savait. Il ne faisait d’objections que par acquit de conscience.

Auprès de ces deux messieurs s’arrêtent deux gamins de dix à douze ans. Ils considèrent le magasin du marchand de tabac du coin. L’un d’eux s’écrie :

Nom d’une pipe ! je voudrais bien fumer un sou de tabac.
Eh bien, dit l’autre, achète pour un sou de tabac.
Parbleu ! le malheur, c’est que j’ai pas le sou.
Tiens, j’ai deux sous, moi !
Oh! qué chance ! juste mon affaire. Un sou de pipe et un sou de tabac.
Eh bien ! et moi donc ?
Toi ?… tu feras l’actionnaire, tu cracheras !…

Ce fut un trait de lumière. Le capitaliste prit la fuite en mettant les mains sur ses poches. Le spéculateur lança un regard furibond sur les deux gamins et retourna devant le passage de l’Opéra.

« Dictionnaire amusant. »  Charles de Bussy, Paris, 1859.

Les nez dupés

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fumeurs

Klein compte à peine dix-sept ans, et déjà il a osé se mettre en concurrence avec la Régie. C’est dans les tabacs qu’il exerce.

N’allez pas croire qu’il se donne la peine de cultiver la plante importée par Nicot, encore moins qu’il aille en Amérique l’acheter toute récoltée… méthodes vulgaires que Klein dédaigne. Il vend , mais il ne cultive ni n’achète. Avec un peu de sciure de bois mêlée d’un peu d’argile et de houille, il peut livrer aux amateurs, pour un modique prix, les premières qualités de Saint-Vincent et de Virginie.

Klein eut l’honneur de satisfaire ainsi des nez de maires , d’avocats , de juges de paix, voire même un nez de sous-préfet, et une foule d’autres nez , ma foi fort respectables : il n’est pas jusqu’à celui de M. de Pradt, l’ancien archevêque de Malines, qu’il n’ait, dit-on, pris pour dupe.

Certes, si tous les nez trompés par Klein eussent assisté au procès comme témoins ou seulement comme pièces à conviction, il y eut eu un concert d’éternuements à ne pas s’entendre. Klein, pour apprendre à respecter les nez d’autrui, restera quatre mois sans pouvoir mettre le sien dehors.

« Gazette des cours d’assises et des tribunaux correctionnels. »  Paris, 1833.
Illustration : « Congrès des fumeurs : groupe de fumeurs. » Agence Mondial.  Paris, 1932.

Le poids de la fumée

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Walter-Raleigh

Voici une anecdote  qui attribue à sir Walter Raleigh l’honneur d’avoir, à propos du tabac, inauguré l’emploi de la balance pour les pesées par différence, auxquelles les chimistes ont journellement recours, depuis Lavoisier, dans leurs analyses.

Le favori assurant un jour galamment sa royale maîtresse qu’il n’était pas de difficulté qu’un désir exprimé par elle ne le rendît capable de surmonter :

En vérité ! s’écria la reine Élisabeth, je gage pourtant que vous ne pèseriez pas la fumée de votre pipe.
Je tiens le pari de Votre Majesté, répondit Raleigh après un instant d’hésitation.
— Oh ! voyons comment vous le gagnerez.

Un page reçut aussitôt l’ordre d’apporter au baronnet sa pipe, du tabac et les balances les plus justes qu’il pourrait trouver. La pipe étant chargée, Raleigh en pesa le fourneau. Puis il l’alluma, la fuma jusqu’au bout, en ayant soin de ne pas laisser tomber la moindre parcelle de cendre. Enfin, lorsque le tabac fut entièrement consumé, il mit de nouveau la pipe dans la balance. Il était évident que la différence entre le poids primitif et le poids trouvé dans la seconde pesée représentait exactement celui des produits volatils de la combustion, c’est-à-dire de la fumée.

Raleigh avait gagné son pari…

« Voyage scientifique autour de ma chambre. »  Arthur Mangin, Paris, 1886.

Les bons de tabac

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maréchal-Canrobert.

Il est des anniversaires qui semblent insignifiants et qu’il convient pourtant de rappeler. Voici soixante ans que fut institué le bon de tabac par l’illustre maréchal Canrobert.

L’affection et l’amour du maréchal pour les soldats sont connus. Sa préoccupation constante était d’assurer leur bien être matériel. C’est pourquoi il provoquait fréquemment leurs réclamations. En 1854, au cours d’une tournée d’inspection qu’il faisait à Lunéville, il avise dans les rangs un soldat à la physionomie franche et intelligente et lui pose les questions d’usage :

Es-tu content de l’ordinaire ? La soupe est-elle bonne ?
Enchanté, monsieur le maréchal. Mais ça manque de tabac !
Comment, ça manque de tabac ?
Mais oui, monsieur le maréchal, on nous interdit d’en acheter aux contrebandiers et celui de la régie coûte cher. Dame ! un sou par jour !
C’est bien, dit le maréchal : tu auras satisfaction.

De retour à Paris, le maréchal n’oublia pas sa promesse. Quinze jours après, une décision ministérielle instituait les bons de tabac. Et depuis lors, les bons ont été distribués régulièrement.

Le troupier français, qui en bénéficie tous les dix jours, a-t-il encore un souvenir pour le brave Canrobert ?

« Nouvelles de France : chronique hebdomadaire de la presse française. » Paris, 1914.

Tabac à priser

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La fraude et la falsification sont toujours là quand il manque un fait divers. Elles ne chôment jamais.

Un nommé Bailleur, récidiviste dangereux, était traduit devant le tribunal correctionnel de Rouen, qui l’a condamné à huit mois de prison et 300 francs de dommages-intérêts à verser à la régie, pour avoir mis en vente certain tabac à priser, ou plutôt une poudre quelconque, dont il a ainsi donné la formule au président : 

Je mets trois quarts de tan en poudre, un quart de poudre de tranches de pommes grillées. J’arrose le tout d’eau mélangée d’ammoniaque pour donner du piquant, et je parfume avec de l’essence de géranium.

Mais interroge M. le président Halay, il n’y avait donc pas du tout de tabac ?

Pas un grain, je vous l’assure !

On peut même se demander si ce contrefacteur était passible des peines édictées contre ceux qui attentent aux monopoles de l’Etat. En somme il ne vendait pas de tabac. Et s’il plaît à certains de se fourrer dans le nez de la vieille sciure de bois, la Régie n’a rien à y voir.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. »  Paris, 1892.
Illustration : Joseph Jacobs.