Talleyrand

Musée diplomatique

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banquetA peine le musée diplomatique est-il ouvert au ministère des Affaires étrangères que le bibliothécaire, M. Bertrand, a vu arriver deux collections de menus.

L’une de ce collections contient tous les menus des dîners offerts par les ambassadeurs et les ministres plénipotentiaires français, depuis 1860. Ils ne forment pas moins de quarante volumes. 

N’oublions pas que M. de Talleyrand affirmait qu’on ne fait de bonne diplomatie qu’à table.

« Revue hebdomadaire universelle. » Paris, 1904.
Illustration : Albert Uderzo.

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Madame de Talleyrand

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talleyrand

Il nous revient une anecdote savoureuse sur Mme de Talleyrand. La femme du célèbre diplomate était d’une ignorance impressionnante !

Il arriva que, dans une cérémonie, elle devait avoir pour cavalier un explorateur, auteur de plusieurs livres de voyages. Talleyrand fit venir sa femme et la pria de lire quelques ouvrages de l’auteur en question, afin de pouvoir lui en parler. Il lui indiqua de lire surtout le dernier livre paru, intitulé Relations. Mme de Talleyrand alla donc trouver le bibliothécaire et le pria de lui remettre un livre… un livre de voyages dont le titre finissait en on

 Robinson, sans doute ? interrogea-t-il.
— C’est cela, répondit joyeusement Mme de Talleyrand.

Et c’est pour cela que, le lendemain, l’étourdie disait à son cavalier interloqué : 

 Vous avez du être bien joyeux, quand vous avez rencontré Vendredi !

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Esprit d’autrefois

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talleyrand

Talleyrand, paraît-il, n’aimait pas à écrire et, quand il ne pouvait se dispenser de répondre à une lettre, il le faisait en style télégraphique. On vient de vendre de lui deux autographes adressés à une dame veuve, puis remariée.

A la nouvelle de la mort du mari, il écrivit :

« Chère, madame. — Hélas ! — Votre dévoué. »

Lorsque la veuve consolée lui fit part de son second mariage, il répondit :

« Chère madame. — Bravo ! — Votre dévoué. »

« Chantecler : littéraire, satirique, humoristique. »  Hanoï, 1932.

Les boiteux

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Thomas-Faed

Le siècle actuel semble appartenir aux boiteux avec toutes ses gloires. La tragédie que préférait l’Empereur était Hector, de Luce de Lancival. La meilleure comédie du temps était l’ Avocat, par M. Roger; Eh bien ! M. Roger et M. Luce de Lancival, ces deux représentants de l’art dramatique, étaient boiteux.

Lord Byron fut proclamé le premier poète de l’époque; Walter Scott, le premier romancier. Personne ne leur disputa la palme. Ils étaient boiteux l’un et l’autre. En France, pendant que la politique tournait toutes les têtes, les partis se dessinèrent, et chacun se choisit un chef. Les libéraux modérés et constitutionnels se rallièrent sous le drapeau de Benjamin Constant. Il était boiteux. Enfin, les hommes positifs, dédaignant les théories, se rangèrent sous le patronage du premier talent financier de notre époque, M. le baron Louis. Il est boiteux.

Depuis la révolution de juillet, l’opposition avait reconnu pour chef M. de La Fayette. Il est boiteux. Le gouvernement se fit représenter à l’extérieur par M. de Talleyrand, bien plus boiteux encore. Le parti royaliste appela alors à son secours l’illustre Châteaubriand. A peine rentré dans la carrière politique, il se sentit pris de douleurs rhumatismales, et il est boiteux, comme il convient à un illustre du siècle où nous vivons.

« Echo de la frontière. » paris, 1833. 
Illustration : « Sir Walter Scott et ses amis littéraires à Abbotsford. » de Thomas Faed.

La pendule de l’opéra

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pendule

Un préfet de police, informé que la pendule du foyer de l’Opéra servait, pendant les bals masqués, d’indicateur pour les rendez-vous galants, envoya, par un beau zèle pour les mœurs, un gendarme ou estafette près du directeur de l’Opéra pour lui enjoindre l’ordre de l’arrêter.

Celui-ci fit entrer un jeune homme pour retenir le balancier de l’immorale pendule. On raconta ce fait devant M. de Talleyrand, qui répondit:

C’est en vérité pousser bien loin la manie des arrestations.

Le temps qui passe

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prince_de_TalleyrandM. le prince de Talleyrand sortant un jour d’une séance du conseil des ministres, qui avait été assez longue et que l’on supposait avoir dû être très importante, se trouva en face d’un courtisan indiscret qui crut pouvoir sans façon lui adresser la question suivante:

Eh bien ! M. le prince, que s’est-il donc passé aujourd’hui au conseil ? 

Il s’est passé quatre heures, Monsieur, répondit tranquillement le diplomate.

Soyez heureux

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Talleyrand

A l’époque où Talleyrand, le célèbre boiteux, était encore ministre, il reçut la visite d’un jeune homme des plus distingué, muni de hautes protections et sollicitant une place de secrétaire d’ambassade.

Vous avez étudié la diplomatie ?
Oui, Monseigneur.
C’est bien. Une place de secrétaire est justement vacante à l’ambassade de Suède. Je vous la promets. Vous recevrez prochainement votre nomination.

Ravi, l’ambassadeur en herbe s’éloigne, porté par les ailes de l’allégresse, lorsque Talleyrand le rappelle.

A propos, monsieur, êtes-vous heureux ?
Hélas ! non, monseigneur, j’ai tout fait pour tenter la fortune et je n’ai point réussi jusqu’à présent.
Alors, monsieur, j’en suis désolé, mais je ne puis plus vous recommander… Dans la vie il faut être heureux.