tancer

Le petit pâtissier amoureux

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On fait des fours à tout âge surtout quand on est pâtissier et, par-dessus le marché, amoureux.

Le jeune Paul M., âgé de quinze ans, employé dans une maison de pâtisserie du quartier de la Bourse, regagnait son domicile en suivant la rue de Richelieu, lorsqu’en face de la Bibliothèque nationale, un bicycliste qui passait le frôla.

Furieux, Paul M. se mit à lui dire des injures, le menaçant, s’il le rattrapait, de le jeter à bas de sa machine. Le bicycliste, qui était déjà à quelque distance, vira en entendant les provocations du gamin, revint sur lui et, d’une taloche donnée au passage, lui fit tomber son béret sur la chaussée.

Aussitôt, comme si le couvre-chef du petit pâtissier eût été enchanté, il s’en échappa toute une cascade de petits fours, de biscuits, de babas et autres pâtisseries.

Le gardien de la paix de planton devant la porte de la Bibliothèque intervint fit demanda d’où venaient ces gâteaux. Paul M. balbutia, prétendit d’abord que c’était pour ses petits frères et sœurs et finit par avouer qu’il volait son patron depuis onze jours afin de s’acquérir les bonnes graces d’une femme de la rue Dauphine.

Le précoce don Juan a été conduit au commissariat de police, où il a été tancé d’importance. Après quoi il a été remis en liberté, ses parents ayant promis de désintéresser le pâtissier.

« La Lanterne : journal politique quotidien. »  Paris, 1902.
Illustration : « La vie est belle. »  Frank Capra, 1947.
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