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Une histoire de terme

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Corot, le peintre fameux, était copropriétaire, avec sa soeur, d’une maison située faubourg Poissonnière. Un jour, un de ses locataires (un tailleur)  vient le trouver : il ne pouvait pas payer son terme.

Que voulez-vous que je fasse pour vous ? demanda Corot. Je ne peux pas intercéder auprès de ma sœur, cela ne servirait à rien, je suis si mal vu de ma famille !

En effet, si extraordinaire que cela puisse paraître, le grand homme passait auprès des siens, pour « celui qui n a pas réussi ».

Tenez, ajouta le père Corot, voici de  l’argent, quatre cents francs. Mais, surtout, n’en dites rien ; Je me ferais agoniser de sottises.

L’indiscret tailleur, sous un prétexte ou un autre, prit l’habitude de revenir, chaque avant-veille du terme, toucher ses quatre quatre cents francs.

Et Corot avait ce mot exquis :

J’ai l’air d’être généreux, mais, en somme, j’y gagne, puisque sur ces quatre cents francs il m’en revient la moitié.

« Touche à tout : magazine des magazines. »  Arthème Fayard, Paris, 1909.
Illustration : Centre.France. Larep.fr