tentative d’assassinat

Heureux temps

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C’était en 1809. Napoléon était au château de Schönbrunn près de Vienne. Il venait de battre l’Autriche.

Un jour qu’il passait une revue, le grand maréchal du palais remarqua un jeune homme, tenant un papier à la main, qui cherchait à s’approcher de l’empereur. Il éveilla les soupçons. On l’arrêta. Il était porteur de deux poignards.

Il avoua nourrir le projet d’assassiner Napoléon. Ce dernier le fit interroger.

C’était un jeune Allemand qui répondait posément. Il avait la conscience de remplir un devoir. En supprimant l’empereur, il sauvait l’Allemagne.

 Et si on vous laisse libre, lui demanda-t-on, que ferez-vous ?
— Je recommencerai, répondit-il.

Napoléon, fort troublé, fit appeler son ministre Champagny.

Tout cela, lui dit-il, fait supposer une agitation qui peut nous être funeste. Faites des concessions à l’Autriche, je veux que la paix soit signée cette nuit.

Elle le fut.

Heureux temps où la paix se signait en une nuit !

C’est Champagny lui-même qui raconte ce fait dans ses souvenirs.

« La Grande guerre par les grands écrivains. » Messidor, Paris, 1919.