Thomas Edison

Go ahead !

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tesla-newtonGo ahead ! c ‘est le mot du fils de la robuste Amérique. Il signifie : « Allons de l’avant, ne jetons jamais un regard en arrière; ne nous décourageons point; de quelque injure que  le destin nous accable, ne perdons pas notre temps à gémir. Relevons-nous et, secouant les oreilles, remettons-nous en route. »

Je lisais, l’autre jour dans la  Revue des Revues que le laboratoire de M. Tesla vient d’être dévoré par un incendie. Il  est fort probable que vous ignorez et les travaux et le nom même de Nikolas Tesla. Il n’y à qu’heur et malheur en ce monde. Tesla est un des inventeurs les plus ingénieux de ce temps, le rival d’Edison, qui a fait faire à la science de l’électricité des pas décisifs. Mais voilà, Edison est connu de tout l’univers, et c’est à peine si  le nom de Tesla  commence à franchir le cercle étroit des sociétés savantes.

Hélas ! moi, qui vous en parle, je serais tout aussi embarrassé que vous de donner des détails sur les découvertes par lesquelles il s’est signalé à l’attention des académies. Tout ce que je sais, et encore ne le sais-je qu’en gros, c’est qu’il a inventé une pompe à l’aide de laquelle on puise directement dans l’immense réservoir de la terre la force électrique. En sorte que le jour viendra peut-être où au lieu d’aller à grand’peine, et au prix de dangers sans nombre, fouiller les entrailles du globe pour en retirer la lumière et la chaleur sous forme de blocs de charbon, l’homme les en tirera plus simplement, avec moins de dépenses, de travail et de hasard, au moyen de la pompe Tesla. Comment cela se peut faire, je l’ignore.

Je n’ai voulu, pour mon compte, que vous intéresser à ce laboratoire, où l’inventeur américain gardait entassés plans, mémoires et notes; où il  avait en train une foule de machines et de découvertes; où vingt années de sa vie étaient enfermées, et que vient de dévorer en quelques heures un incendie stupide.

On conte que le savant a assisté à ce désastre, qu’il a vu périr tout le travail de sa  jeunesse, ses rêves d’avenir et de gloire, et que, quand tout fut consumé, il se contenta de jeter au  ciel un superbe Go ahead.

Isaac Newton, raconte-t-on, travaillait depuis dix ans à établir des calculs longs, compliqués et difficiles. Un jour il laissa près du manuscrit qu’il venait d’achever une lampe allumée et sortit un moment. Il avait une chatte qu’il aimait beaucoup, et qui, ronronnant sur un coin du bureau, le regardait de ses yeux demi clos écrire et allonger ses interminables colonnes de chiffres. La chatte, en l’absence du maître, sauta sur le monceau de papiers et renversa la lampe. Les feuilles prirent feu. Quand Newton rentra, il ne restait plus de son prodigieux labeur de dix années que des bribes de papier noirci qui voltigeaient dans l’air. Il contempla le désastre et, passant la main sur le dos de la bête :

— Tu ne te doutes pas, lui dit-il doucement, du mal que tu m’as fait ! 

Et rallumant sa lampe, il se remit au travail.

C’était sa façon de lancer le Go ahead des Américains.

« Le Petit journal. » 19 mai 1895.

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Edison

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edison

Thomas Edison va mieux. Il a déjà fait quelques promenades. Mais sa crise d’urémie n’est pas absolument finie et les médecins se montrent encore soucieux. 

L’inquiétude des médecins est d’ailleurs la dernière préoccupation d’Edison. Il ne veut pas écouter les Esculapes d’Amérique ni d’ailleurs. A peine mieux, il s’était assis, malgré leur défense, sur le bord de son lit. Comme il est un peu sourd, il prétend ne pas entendre leurs conseils. On lui met par écrit ce que veulent les médecins. Et on l’entend répondre qu’il n’a pas entendu… Il s’est même mis à fumer les petits cigares noirs qui lui plaisent. Il est ravi de narguer ainsi ses infirmières et ses docteurs.

Avec un si bon moral, on peut espérer qu’Edison va rapidement se rétablir. Voilà, certes, un malade comme Molière devait les aimer !

« L’Impartial. »  Djidjelli, 1931.

Pourquoi je cherche à communiquer avec ceux de l’au-delà

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Thomas Edison
Thomas Edison

Si nous ne connaissons pas la millionième partie des choses de ce monde, si nous ignorons ce qu’est au juste l’eau, la lumière, la gravitation, l’électricité, la chaleur… si nous ne savons rien au sujet du magnétisme, comment pourrions-nous savoir au juste ce qui se passe dans l’au- delà ? On a beaucoup écrit sur le spiritisme; on en a encore plus parlé, mais les méthodes et les appareils employés ne sont, dans ce domaine, nullement scientifiques. Recevoir des communications d’un autre monde (j’admets la bonne foi des médiums) ou avoir le moyen de connaître la méthode précise par laquelle nous pourrons obtenir ces communications sont deux choses fort différentes. Et c’est à cette dernière que je voudrais arriver.

J’ai cherché, pour cela, à construire un appareil scientifique permettant aux morts, si la chose est possible, d’entrer en relations avec nous. Si ce que nous appelons personnalité subsiste après la mort, si les êtres qui ont dépouillé la forme humaine ne peuvent agir et se mouvoir, ils communiqueront, du moins avec ceux qu’ils ont laissés ici-bas, grâce à mon appareil qui leur donnera cette possibilité d’agir. Or, je suis convaincu que notre personnalité subsiste dans l’au-delà car, si elle disparaissait, pourquoi la nécessité d’un au- delà ? Si donc, elle survit, il est logique d’affirmer qu’elle a gardé la mémoire, l’intellectualité ainsi que les autres facultés que nous avons acquises sur cette terre.

A mon avis, nos corps sont composés de myriades et de myriades de petits êtres infinitésimaux. Unités de vie ou atomes, forces indivisibles disséminées dans l’espace et jouissant du don de mobilité, chacune d’elles ayant sa vie propre, ces myriades agissent par essaims. D’autre part, nous voyons, nous touchons des corps qui sont divisibles à l’infini et possèdent aussi la mobilité et le mouvement, donc, tout corps est un assemblage d’atomes groupés d’une certaine manière. Dans tout corps, il y a un atome central exerçant sur les autres atomes une certaine action en vertu de laquelle ils se groupent d’une certaine manière. Ces groupes atomiques sont des forces et non des points géométriques inertes.

Le temps et l’espace sont les composants du mouvement; il n’y a pas de mouvement si ce n’est dans l’espace; or, l’espace étant un rapport entre les atomes, c’est évidemment les atomes eux-mêmes qui se meuvent. Quand nous mourons, ces essaims d’unités, comme un essaim d’abeilles, quittent notre forme humaine et se rendent ailleurs où ils fonctionnent sous d’autres formes.

Et ce sont précisément ces essaims qui communiqueront avec nous. Ces unités de vie sont si petites qu’il est impossible de les percevoir, même à l’aide du plus puissant microscope, mais elles pourraient traverser une muraille de pierre. Si petites qu’elles soient, elles contiennent un nombre suffisant de particules pour former des individualités.

Parmi ces unités, il y en a de plus puissantes les unes que les autres… il y a le troupeau et les conducteurs de troupeaux, absolument comme comme chez les êtres humains. Cette théorie (qui est la mienne d’ailleurs) est confirmée par le fait que certains hommes et certaines femmes ont des facultés, des puissances que d’autres n’ont pas. C’est vrai, non seulement au point de vue intellectuel, mais aussi au point de vue moral. Un individu peut être composé, en effet, d’un large pourcentage des plus hautes unités de vie et la lutte entre les basses unités de vie et les myriades de haute valeur expliquerait les changements qui ont lieu dans le caractère et la personnalité de nombre de personnes au cours de leur existence.

Des médecins affirment que nos corps subissent une transformation tous les sept ans et qu’aucune des particules qui sont entrées dans la composition de nos corps n’est la même, ces sept années écoulées. Ceci revient à dire que certaines unités de vie sont congédiées pour être remplacées par d’autres. Les unités de vie demandent une certaine atmosphère pour fonctionner d’une certaine manière et lorsque cette atmosphère change, elles cherchent d’autres lieux, d’autres demeures vers lesquels elles émigrent.

La mémoire est placée dans une certaine partie du cerveau (le lobe de Droca). Après la mort, si les unités de vie qui composent la mémoire subsistent, il n’est pas impossible de dire que ces essaims de mémoire peuvent garder les pouvoirs qu’ils possédaient et retenir après la dissolution du corps ce que nous convenons de dénommer la personnalité.

Si ma théorie est juste, la mémoire de l’individu devrait agir après la mort comme pendant la vie. J’espère donc, qu’en arrivant à posséder l’instrument idéal que cette personnalité pourrait employer, nous, habitants de ce monde, pourrions recevoir d’elle des messages provenant des demeures ou des milieux nouveaux dans lesquels elle se trouve. Si l’appareil que je construis pouvait être un canal, entrant à flots dans le monde inconnu, nous aurions fait un grand pas vers l’Intelligence suprême.

Mais je ne veux pas en dire plus ! tout ce que je promets, c’est de permettre aux personnalités qui ont passé dans l’Au-Delà de communiquer avec nous si elles le veulent ou le désirent et surtout si elles existent.

Thomas Edison (traduit par Mme W. Sérieyx).

 P. Lafitte, Paris, 1921.