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Le réveil de Tout-ank-Amon

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Le réveil de Tout-ank-Amon… ou plutôt le réveil de l’activité dans sa tombe déjà si exploitée. On espère que les travaux pourront reprendre le 25 janvier prochain, mais la concession définitive, accordant à M. Howard Carter le droit de diriger les recherches durant cette saison de fouilles et la prochaine, c’est-à-dire jusqu’au mois d’octobre 1926, n’est pas encore signée. Elle ne le sera que quand M. Carter remettra au gouvernement égyptien un document confirmant l’abandon par les héritiers de lord Carnarvon de tout droit sur la tombe.

Le nouvel arrangement reconnaît au gouvernement égyptien la propriété de tous les objets trouvés. Mais les duplicatas pourront être attribués à M. Carter pour des raisons scientifiques, lorsque leur séparation d’avec le reste ne pourra pas affecter la valeur scientifique de la collection.

Maintes gens trouvent que M. Howard Carter ne manque pas de courage, car, après avoir parlé de la mort de lord Carnarvon, on rappelle que le sirdar, misérablement assassiné depuis, fut, l’an dernier, l’un des premiers visiteurs de la célèbre tombe.

L’autre jour, aux obsèques de M. André Tudescq, M. de Lachevrotière rappelait que le défunt était, après lord Nordcliff et M. Maurice Long, le dernier des trois visiteurs de marque des ruines d’Angkor qui, bravant l’interdiction et les malédictions d’un bonze, avaient pénétré près d’une tombe vieille de plusieurs siècles.

Il y a tout de même des coïncidences bien étranges.

« L’Écho annamite. » Saïgon, 1925. 

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Les vampires

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Cette croyance, répandue en France pendant la première moitié du XVIIIe siècle, avait traversé l’Allemagne, après avoir pris naissance en Hongrie, en Pologne et en Moravie, où elle était si développée que, de 1700 à 1740, elle causa dans ces contrées une véritable épidémie. 

Un vampire était un mort doué du triste privilège de sortir, la nuit, de son tombeau pour sucer le sang des vivants, celui de ses parents les plus proches généralement, ce qui amenait très rapidement la mort des victimes qui devenaient à leur tour des vampires. Son corps, bien qu’enterré depuis des semaines, des mois, même des années, conservait toute sa fraîcheur. Son sang, rajeuni par le sang de ses victimes, restait fluide et gardait sa couleur. Aussi, lorsque par les ravages causés dans un endroit, on soupçonnait un mort d’être coupable, on ouvrait son tombeau et si, au lieu de le trouver en décomposition, comme il convient à celui d’un bon chrétien, on voyait son corps intact, on en concluait qu’il était un vampire, et, sans qu’il protestât, on le traitait comme tel : on lui coupait la tête, on lui enfonçait un pieu dans le corps, souvent on le brûlait, ce qui le rendait inoffensif pour l’avenir. Il y avait de quoi. 

Quelques exemples, du reste, montreront ce qu’était la croyance populaire à ce sujet. Le premier est extrait d’une lettre adressée à Dom Calmet par un aide de camp du duc de Wurtemberg, M. de Beloz, qui certifie le fait dont furent témoins 1.300 personnes dignes de foi. 

En 1732, vivait, dans un village près de Belgique, une famille composée d’un individu et de ses cinq neveux ou nièces. Dans l’espace de quinze jours, cet homme et trois de ses neveux moururent de la même maladie : un matin, au réveil, ils se sentaient très faibles, pouvaient à peine marcher, comme si le sang eût manqué dans leurs veines. Le lendemain la faiblesse augmentait et le surlendemain ils s’éteignaient, sans secousse, épuisés. Restait une des nièces, belle jeune fille pleine de santé, qui tout à coup dépérit à son tour et déclara que par deux fois, la nuit, un vampire l’avait sucée. On chercha qui était mort, parmi les proches, car les vampires s’acharnent surtout sur leurs parents, et l’on pensa au frère de cet homme, à un autre oncle de ces cinq jeunes gens, enterré trois ans plus tôt. On résolut d’ouvrir son tombeau. Aussitôt accourut des villes voisines une foule considérable. Le duc de Wurtemberg vint lui-même de Belgrade sous une escorte de 24 grenadiers, avec une députation composée de gens intelligents et haut placés. 

A l’entrée de la nuit, on se rendit au cimetière où reposait le corps du soi-disant vampire. 

« En arrivant, dit M. Beloz, on vit sur son tombeau une lueur semblable à celle d’une lampe, mais moins vive… On fit l’ouverture du tombeau et l’on y trouva un homme aussi entier et paraissant aussi sain qu’aucun de nous assistants. Les cheveux et les poils de son corps, les ongles, les dents et les yeux (ceux-ci demi-fermés) aussi fermement attachés après lui qu’ils le sont actuellement après nous qui avons vie et qui existons, et son coeur palpitant. » 

On sortit ce corps, qui avait perdu sa flexibilité, mais dont les chairs restaient intactes. Un des assistants, armé d’une lance de fer, lui perça le coeur et il coula de la plaie « une matière blanchâtre et fluide, avec du sang », sans aucune odeur. D’un coup de hache, on lui trancha la tête: même liquide. On rejeta le corps dans la fosse remplie de chaux vive.  A partir de ce jour, la nièce se porta mieux, guérit même complètement.  

Quelque temps après, un officier hongrois écrivit à Dom Calmet, dont on connaissait les recherches sur les phénomènes mystérieux, et lui raconta que, lors de son séjour chez les Valaques avec son régiment, deux de ses hommes étaient morts de langueur, de telle sorte que leurs camarades les déclarèrent victimes d’un vampire. Pour découvrir ce dernier, le caporal employa le moyen usité dans le pays : il mit un enfant tout nu sur un cheval noir et les conduisit dans le cimetière où il les promena successivement sur toutes les tombes. Arrivé devant une, le cheval refusa obstinément d’avancer. Les soldats témoins de l’épreuve ouvrirent le tombeau, trouvèrent dedans un corps intact, qu’ils reconnurent pour être celui d’un vampire, lui enfoncèrent un pieu dans le coeur, lui coupèrent la tête et revinrent, satisfaits, raconter cette aventure à leur officier qui entra dans une colère affreuse.

« J’eus toutes les peines du monde, écrivit-il, à me vaincre et à ne pas régaler le caporal d’une volée de coups de bâton, marchandise qui se donne à bon prix dans les troupes de l’Empereur. J’aurais voulu pour toutes choses au monde être présent à cette opération. » 

E. d’Hauterive. « L’Écho du merveilleux. » Paris, 1902.

Fantômes russes

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Des légendes commencent à courir, chez le peuple russe, au sujet de la mort de Tolstoï. On parle déjà d’apparitions sur la tombe du grand écrivain.

Des paysans qui la gardaient, une des nuits dernières, assurent qu’un vieillard à longue barbe blanche, entièrement vêtu de noir, soudain se montra près d’eux, et que, s’étant agenouillé, il pria longuement. Puis il dit : « N’ayez aucune, crainte ! » et il s’effaça. Ensuite, ce fut une petite vieille, toute ridée, qui descendit du ciel en volant. Un moujik tira des coups de fusil dans sa direction. Mais la petite vieille se mit à rire, d’un rire très doux, frappa trois coups dans ses mains, et l’ombre s’évanouit.

Allons-nous revoir sur le tombeau de Tolstoï les convulsionnaires du diacre Pâris, et se renouveler, à Yasnaïa-Poliana, les miracles du cimetière de Saint-Médard ?

« Eclaireur de l’Est. » 1911.

Le téléphone au service de la télépathie

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Les journaux viennois se font l’écho d’une aventure assez curieuse arrivée à un commerçant de Lemberg.

Eloigné de sa femme et de ses enfants, demeurés dans une petite station balnéaire, M. Foltansky (ce n’est pas nous qui l’avons baptisé) entendit dans sa chambre d’hôtel la sonnerie du téléphone, à une heure de nuit où il savait qu’on ne pouvait pas téléphoner de la petite ville. Et c’était la voix de sa femme, lui disant d’accourir « car les enfants pleuraient au bord de sa tombe. »

Parti assez troublé (il y avait de quoi !) dès l’aube M. Foltansky retrouva sa famille. Sa femme était morte dans la nuit, à l’heure où il avait reçu la communication téléphonique, bien que ses enfants, ni personne n’avaient pu téléphoner, la ligne ne fonctionnant pas.

Une enquête prouva que nulle communication n’avait été enregistrée.

Rappelons que c’est le troisième fait de ce genre que l’on signale en deux mois.

 » Comoedia. »  Paris, 1927.
Image d’illustration.

La tombe d’Eve

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Les musulmans, maîtres des contrées bibliques, ont reçu des Arabes un grand nombre de traditions et légendes qu’ils conservent, et dont ils font autant d’articles de foi. A en croire le fondateur de l’Islam, Adam aurait bâti la fameuse Kaaba de la Mecque, qui partout est devenue l’objet de la vénération des croyants.

Si donc le premier homme habita le pays et même la maison qui vit naître le prophète; rien d’étonnant à ce que, non loin de là, puisse se trouver le tombeau de la mère des humains. A quelque distance et à l’occident de la ville sainte, sur le territoire qui lui constitue une sorte de fief sacré, se trouve la petite cité maritime de Djeddah (ou mieux Médine-el-Djeddah, ville de la grand’mère). Dans son port débarquent chaque année un grand nombre de pèlerins, lesquels doivent acquitter une légère taxe pour l’entretien du tombeau de la grand’mère, qui a donné son nom à la ville.

Sur un plateau désert voisin des murs de la cité se voit, en effet, une clôture mesurant environ deux cents pas de long sur six de large. Un tapis de verdure formé de plantes odoriférantes couvre le sol qui, selon la tradition musulmane, recouvre la dépouille de la compagne d’Adam. Un palmier marque la place de la tête. Au milieu s’élève un petit bâtiment surmonté d’une coupole. Dans cette coupole, comme à la Kaaba, se trouve une pierre noire portant des caractères énigmatiques.

S’il en fallait croire une des légendes ayant cours, la dimension de cet enclos donnerait la mesure du corps de la première femme. Une autre version affirmerait que, la tête d’Ève étant à Médine, ses pieds toucheraient à l’Afrique.

Quoi qu’il en soit, les pèlerins venant à la Mecque pour vénérer le berceau du prophète ne manquent pas de visiter la tombe d’Eve. Ils touchent du front la pierre noire et lisent pieusement les versets du Coran inscrits aux parois du petit sanctuaire. Il va de soi que ces actes de dévotion sont accompagnés d’offrandes, que les derviches gardiens du lieu se partagent, ou plutôt se disputent… car, dit-on, il n’est pas rare de les voir en venir aux mains pour s’attribuer les présents dus à la piété des visiteurs.

« Grands souvenirs historiques. » Eugène Muller / Joseph Bertal. Paris, 1902.

Vampires

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Récemment mourait à Sabouez, près de Dantzig, un grand propriétaire, le baron de Gostvoski ; se sentant près de sa fin, il fit appeler son fils aîné et lui dit qu’il avait un secret à lui révéler.

Mon enfant, fit-il, je me meurs. Quand j’aurai rendu le dernier soupir, prenez soin de me couper la tête avant de m’enterrer. Nous sommes une famille de vampires, et, à moins qu’on ne prenne cette précaution, nous ne trouvons pas de repos dans la tombe.

Il raconta alors qu’il avait coupé ainsi la tête de sa mère, et il fit jurer à son fils de lui obéir.

Quand le baron de Gostvoski fut mort, on obéit à sa volonté.

Quelques jours après, le fils, par une curiosité pleine d’angoisse, fit exhumer le corps, pour constater qu’il ne s’était pas produit de phénomène anormal.

Les tribunaux se sont occupés de l’affaire, et le fils du baron a été condamné à quinze jours de prison pour violation de sépulture.

Voici en quoi consiste la superstition des vampires :

D’après la légende, les vampires seraient des morts qui sortiraient de leur tombe pour aller sucer le sang des vivants pendant la nuit. La croyance aux vampires ne remonte pas à une ancienne date. Elle a pris naissance chez les populations slaves ; longtemps elle a été chose acquise chez les Polonais, les Esclavons, les Slovaques.

On pouvait la croire disparue ; on sait qu’il n’en est rien, tant les superstitions ont la vie dure ! Certains prêtres se prêtent encore à des cérémonies inouïes. Quand quelque paysan attribue aux visites d’un vampire le dépérissement d’un enfant, il va trouver le prêtre et convient avec lui de se rendre, la nuit, au tombeau de celui qu’on soupçonne de vampirisme. On ouvre la bière et on perce le coeur du mort avec des épingles, des épines ou un pieu ; après cela, on imagine que le vampire ne peut plus continuer ses courses nocturnes.

Les gardiens de cimetières, dans ces pays, ont des instructions spéciales contre ces profanations de tombes ; aussi s’arrange-t-on de façon à les griser, pour pouvoir accomplir tranquillement ces rites étranges. En dépit de toutes les surveillances, ces profanations se reproduisent assez souvent. Il y a quelques années, au village de Viroslav, en Russie, où la superstition du vampirisme avait pris le caractère d’une sorte d’épidémie, on fut obligé d’envoyer un bataillon pour garder le cimetière.

En France, il y eut, au dix-huitième siècle, un moment où cette folle croyance se répandit étrangement dans nos campagnes. On n’entendait plus parler que de vampires et on racontait des histoires terribles.

« La Revue des journaux et des livres . » Paris, 1887.

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cimetière

C’est un legs qui est à prendre, à la seule condition que vous pourrez vivre, pendant un an, dans une chambre qui a ceci de très spécial, qu’elle a été construite sur une tombe.

Cette tombe est celle d’une Russe, qui a laissé ce petit magot à la personne quelle qu’elle soit, qui consentirait à rester un an dans celte chambre, cette cellule plutôt. Le ou la prisonnière d’un an ne devra avoir de rapports avec qui que ce soit, si ce n’est avec la personne qui doit lui apporter, deux fois par jour, sa nourriture. 

Un candidat s’était présenté qui suivit exactement le programme, même de ne jamais sortir et de se priver de lumière la nuit, pendant six mois. Le septième, il commençait à être inquiet. Le huitième, il avait des cauchemars, même en plein jour… Il était sur le point de devenir fou…On l’emmena, et la place est à prendre, avec le magot.

Voici du moins ce que nous raconte le Gil Blas.

Ne s’est-il pas laissé conter la chose par l’ombre d’Edgard Poe ?

« Revue de France. » Paris, 1904.