Toussaint

Papa Chrysanthème

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Le capitaine Marc  Bernet est, assure-t-on, à Toulouse, « le père du Chrysanthème ».

marc-bernetCet officier de l’Empire rapporta de ses voyages quelques graines, il les cultiva dans les loisirs de la retraite et, depuis, le simple chrysanthème a fait, par les soins des horticulteurs savants, un chemin considérable. Eh bien le père toulousain du chrysanthème n’a pas sa statue. Ses compatriotes déclarent :

« II y a tant de statues d’hommes insignifiants ou qu’on aurait dû laisser dans l’ombre, tandis que Bernet…»

Un Comité s’est donc formé pour réparer l’injustice. Ne doit-on pas rendre hommage aux bienfaiteurs disparus ? L’amour du passé n’est-il pas signe de civilisation ?

Jusqu’à une limite, nécessaire il ne faudrait pas que la France devînt un jour peuplée de plus de statues que d’hommes vivants.

« Figaro. » Paris, 1938.
Peinture de Roger Godchaux.

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La liberté de la saignée

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Entre beaucoup de libertés qui se trouvaient gênées au moyen âge, il faut compter assurément la liberté de la saignée, une de celles dont on a peut-être le plus abusé en France à d’autres époques.

Les ordonnances royales prescrivaient aux barbiers de ne saigner qu’en bonne lune. Trois mois étaient exclus : avril, mai et septembre. Défense à celui qui faisait métier de saigner de tenir devant sa maison ou aux environs, les jours de mauvaise lune, des écuelles ou autres ustensiles pour l’usage de sa profession, à peine de dix sols d’amende. La saignée était de plus proscrite les dimanches, aux cinq fêtes de Notre-Dame, les jours de l’An, de Noël, des Rois, de la Toussaint, de l’Ascension, du Saint-Sacrement et de Saint-Jean-Baptiste.

Le barbier ne pouvait non plus mettre bassins pendant les jours de Noël, Pâques, Pentecôte, de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Pierre et des Morts, ni mettre sang en écuelle hors de la salle de son hôtel, ni le garder au delà de l’heure de None. S’il avait opéré le matin, il devait jeter le sang à une heure après midi. S’il saignait après midi, il était tenu aussi de le jeter deux heures après, sous peine d’une amende de cinq sols par contravention.

A Reims il existait un puits destiné à recevoir le sang des saignées, où il devait toujours y avoir un vase avec de l’eau claire pour laver avec soin le bassin dont on s’était servi. Il y a même encore aujourd’hui dans cette ville une rue qui porte le nom de Puits au Sang, parce qu’elle conduisait à cette espèce de trou perdu.

« Almanach de France et du Musée des familles. »Paris, 1865.

Amourettes et noisettes

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Les fillettes qui ont un amoureux, et les jeunes fiancées nous sauront gré de leur indiquer une coutume observée à la Toussaint (Halloween), dans le pays de Galles, l’Ecosse et quelques-uns des comtés du Nord de l’Angleterre.

Pour s’assurer si l’on est aimée, pour savoir si on le sera toujours, le soir du jour consacré à tous les saints, on jette dans le feu quelques noisettes. Les noisettes fument-elles, mauvais signe. Si elles s’enflamment du premier coup, au contraire, on est aimée, on le sera longtemps, toujours. On peut aussi disposer sur la table du salon une meule de blé en miniature. On tire la tige d’un épi. Si l’épi manque, on restera fille; s’il sort avec sa tige, on se mariera sûrement.

Jean de Paris. « Figaro : journal non politique. »  Paris, 1878.
Peinture : Berthe Morisot.