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Le chant du Coq

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prosper-alphonse-isaac

On raconte en pays Betsimisaraka, que dans des temps anciens, le Soleil, la Lune et Coq vivaient fraternellement auprès du Seigneur Parfumé, Principe et Créateur de toute chose.

Un jour le Soleil partit seul à la promenade, laissant à la maison le Coq et la Lune. Cette dernière en profita pour faire acte d’autorité, et ordonna au Coq d’aller chercher des
bœufs. Mais, indépendant et fier, le Coq refusa. Furieuse, la Lune saisit son frère Coq à la gorge et le précipita sur la Terre.

A son retour, le Soleil chercha le Coq. La Lune dut lui avouer pourquoi et comment elle avait puni le Coq de sa désobéissance. Le Soleil, indigné, s’écria :

« Puisque tu as perdu l’esprit de famille, tu ne partageras plus mes promenades, et je te condamne à errer la nuit qui sera désormais ton domaine. Moi, je resterai le seul maître du jour, et le Coq ne m’oubliera pas, car je l’aime. Tu n’entendras plus celui que tu as chassé, et à l’avenir il ne chantera que pour moi. »

Ainsi, chaque matin, dès que son frère se lève, le Coq, ravi de le voir paraître, et fidèle au rendez-vous, contemple le soleil et élève vers lui son hymne éclatant :

« Tonga zoky ô, Tonga zoky ô ! » ( Viens, ô mon cher aîné !)

Mais au crépuscule, quand disparaissent les derniers rayons du soleil et que se montre la Lune, alors le Coq se hâte de rentrer dans sa maison, pour ne pas apercevoir sa détestable sœur.

« Air-France revue : revue trimestrielle. »  Paris, 1949.
Illustration : Prosper Alphonse Isaac.

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Whittington et son chat

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Richard-Whittington

La souris joue un rôle dans les traditions de l’Angleterre. Tout le monde connaît l’histoire de Whittington et de son chat. Le jeune Richard Whittington était, dit la chronique, un pauvre enfant qui vint un jour à Londres pour chercher fortune.

Reçu par charité dans la maison d’un marchand, il acheta, sur ses premières économies, un chat dont il mit à profit les services pour débarrasser sa chambre des souris qui s’y permettaient toute sorte de libertés. Le marchand ayant armé un navire qui allait visiter les côtes de l’Afrique, exigea que tous les employés de la maison fournissent quelque chose à la cargaison. Whittington alors apporta tout ce qu’il possédait dans le monde son chat.

On riait, mais le chat fit merveille. Au bout de quelques mois, le maître appela Whittington dans son cabinet et lui annonça le succès inespéré qu’avait obtenu cet article de marchandise. Le chat avait été acheté un prix fou par un roi d’Afrique dont le palais était infesté par les souris. Il est inutile de dire que le chat était un animal inconnu dans ces contrées.

Whittington, enrichi, fut plus tard comblé d’honneurs, et devint, dit-on, maire de la cité de Londres.

« La Semaine des enfants. »  Paris, 1866. 

Le lièvre boiteux

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Dans le canton de Poligny (Jura), on voyait dans plusieurs villages, un lièvre blessé qu’on appelait le « lièvre boiteux » et qui était peu sauvage: il était bien connu, surtout à Villers-les-Bois. Ceux qui avaient le plus à s’en plaindre, étaient sans contredit les paroissiens de Seligney. Toutes les fois qu’ils allaient à la messe le dimanche, ils étaient sûrs de le trouver sur leur chemin. Ils le poursuivaient, croyaient à chaque instant l’atteindre et arrivaient à l’office… quand les autres en sortaient.

A Augerans, canton de Montbarrey (Jura), un lièvre allait souvent se promener sur la place ou sur le chemin du château. Les bergers le poursuivaient sans pouvoir l’atteindre. Les chasseurs ne pouvaient qu’en évaluer le poids; le plomb glissait sur sa peau invulnérable. Quand il arrivait à la lisière du bois, il se retournait un instant, puis disparaissait dans le taillis.

Dans la même commune, on voyait fréquemment un autre lièvre qu’on nommait: « le lièvre du vieux Servant. » Il marchait lentement et malgré cela on ne pouvait l’attraper.

Dans la Haute-Saône, notamment à Noroy-le-Bourg, il y avait un lièvre invulnérable; il avait le poil complètement blanc.

La légende du lièvre qu’on ne peut tuer est très ancienne et très répandue.

Un homme de Rochejean (Doubs) allait un jour aux morilles, il en vit une qui lui parut énorme et qui remuait. Il la coupa avec son couteau et ne fut pas peu surpris de voir filer, comme une flèche, un lièvre qui avait poussé dedans. lapins029

« Revue des traditions populaires. »  Musée de l’homme, Société des traditions populaires, Paris, 1908.