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Esprit pratique

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Un chasseur, M. Ubaldo Orna, avait pris le train à la gare de Vérone, pour se rendre à Roverbella, et s’y livrer aux douceurs de la chasse. Son chien l’accompagnait.

En cours de route, dans une station intermédiaire, M. Orna descendit pendant quelques minutes sur le quai, mais au moment du départ du train, il ne retrouva plus son chien qui s’était égaré un instant. Le train se remit en marche. Le chien essaya un moment de le suivre en aboyant, puis comprenant qu’il ne pourrait jamais suivre ce « train » d’enfer, il revint à la gare d’un air résigné. Il s’installa philosophiquement sur le quai, et attendit.

Quelque temps après, un train survint en sens inverse, dans la direction de Vérone, Notre intelligent quadrupède sauta dans un compartiment et revint à Vérone, où il réintégra le domicile de son maître.

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Pour attirer la clientèle

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Ceux qui, à l’époque des vacances, s’entassent péniblement dans des compartiments bondés auraient du mal à croire qu’il y eut un temps où les Compagnies de chemins de fer se voyaient obligées d’offrir des distractions aux voyageurs pour s’attirer leur clientèle. 

Pourtant, tel fut le cas en Angleterre quand la première voie ferrée partant de Londres même : celle de Greenwich, fut mise en service. Les Anglais, traditionalistes comme chacun sait et grands amateurs de chevaux, étaient dans leur ensemble défavorables au nouveau genre de locomotion qui menaçait de faire disparaître les anciennes diligences. Aussi la Compagnie, pour remplir ses wagons, dut-elle installer à diverses stations du parcours des orchestres dont les musiciens, habillés d’un uniforme semblable à celui des gardes de la Tour de Londres, jouaient des airs entraînants. 

Le public se laissa prendre au piège et bientôt on dut refuser du monde. Inutile de dire que, sitôt le but atteint, les musiciens disparurent. Mais l’habitude était prise de voyager en chemin de fer.

Le rail musical

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Les autorités des chemins de fer allemands poursuivent actuellement certaines expériences qui, si elles réussissent, seront de nature à transformer la monotonie de certains voyages par rail en un concert perpétuel. 

Reprenant le système d’enregistrement des sons sur métal au moyen d’une aimantation plus ou moins prononcée du métal-support, les ingénieurs allemands ont eu l’idée de se servir du rail lui-même comme support. Un convoi spécial, portant des appareils d’enregistrement, circule sur la voie et grâce à un dispositif particulier, un des rails se trouve aimanté d’une certaine façon, reproduisant exactement les variations sonores des morceaux de musique ou des discours qu’on veut fixer, tout comme dans un disque les sinuosités du sillon sont proportionnelles à la fréquence des sons. 

Quand le voyageur veut entendre le rail, il n’a qu’a pousser un bouton et le haut-parleur installé dans le wagon reproduit fidèlement ce qui a été enregistré. Ce qu’il y a de plus intéressant c’est que les. conditions météorologiques n’affectent pas les qualités de l’inscription magnétique.Toutes les semaines, les programmes sont changés.

« Le Madécasse. »  Tananarive, 1935.

Les aventures d’un singe

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Une revue allemande raconte l’amusante histoire d’un singe rapporté du Sud-Ouest Africain par un voyageur.

Le petit animal pesait environ un kilogramme. De Gênes à la frontière suisse, une taxe d’oiseau à 1 fr. 50 lui fut imposée. L’administration de la ligne du Gothard le considéra comme un chien, et son propriétaire dut débourser 8 fr. 40 cent. Sur la ligne orientale helvétique, le singe devint un simple colis de 20 kilogrammes et paya 80 centimes. Dans le Grand-Duché de Bade et dans le Wurtemberg, l’animal passa sans difficulté. Mais de Stuttgart jusqu’au lieu de sa destination, le singe redevint chien et cela coûta 1 fr. 60 à son propriétaire, qui rit encore des avatars du quadrumane.

Simples fantaisies administratives !

« La Lanterne : journal politique quotidien. »  Paris, 1902.

Mon train à moi !

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On connaissait des souverains qui se payaient la coûteuse fantaisie d’un théâtre pour eux tout seuls. On connaît sur ce point les originales exigences du feu roi de Bavière, Louis II.

Voici qu’un lord anglais, le marquis de Dewonshire, s’est offert le luxe d’un chemin de fer qu’il exploite en personne. Il s’est fait construire une voie ferrée qui, avec des sinuosités, passe à travers ses propriétés sur une longueur de dix milles anglais. Le matériel consiste en une locomotive, un tender et un wagon pour les voyageurs, décoré princièrement.

A chaque départ, les plus jeunes membres de la famille, y compris les dames mêmes remplissent les fonctions de garde-voie ou d’aiguilleurs en se tenant avec leurs pavillons à signaux près de leurs maisonnettes de gardes. Le marquis chauffe lui-même la chaudière, il monte ensuite sur la locomotive et la lance à travers l’espace avec tous ses hôtes, à la vitesse de quarante milles anglais à l’heure.

Très souvent, il donne l’alarme à son personnel de chemin de fer, c’est-à-dire à sa famille, au beau milieu de la nuit. Ses hôtes se jettent à bas de leur lit, courent au wagon, qui bientôt dans une course folle dévore l’espace sous les flots de lumière électrique qui éclaire le paysage.

« Le Réveil de la Haute-Saône. »   Vesoul, 1895.
Illustration : activitesbebes.com

 

La bouillotte

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Au temps où l’on ne connaissait pas encore le chauffage général des trains, les wagons étaient munis de bouillottes en hiver.

Un secrétaire municipal d’une commune, ne connaissait pas encore ce nouveau genre de

chaufferette. Aussi un jour qu’il se trouvait dans le train, regardait-il avec curiosité un voyageur de commerce se chauffant les pieds sur la bouillotte du compartiment. Au bout d’un certain temps, il dit à son vis-à-vis :

Vous avez là quelque chose de bien commode, mossieu…
La bouillotte, très commode, en effet… ça ne me quitte jamais en voyage.
Ah vous appelez ça une bouiotte… Est-ce pas un peu pesant ?
Non, pas trop.

A la prochaine station, le voyageur de commerce prend sa petite valise et saute à bas du wagon.

Hé ! mossieu ! vous oubliez votre bouiotte, lui crie le paysan.
Eh bien, comme je n’en aurai plus besoin de longtemps, et qu’elle vous plaît, je vous la donne.

Arrivé à destination, notre secrétaire municipal emporte bravement la fameuse bouillotte sur son épaule aux yeux ébahis des voyageurs et des employés de la gare.

Hé ! là-bas, qu’est-ce que vous faites ? lui crient ces derniers, voulez-vous bien remettre cette bouillotte où vous l’avez prise.
C’est bon ! c’est bon ! elle est à moi, ce mossieu qui vient de descendre me l’a donnée.

Et on eut mille peines à lui faire comprendre qu’on s’était moqué de lui.

« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. »  1934.
Illustration : Cuthbert Hamilton.

Le distributeur automatique

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L’excellent humoriste Alphonse Allais aimait souvent à se payer la tête de ses contemporains, sans méchanceté d’ailleurs et avec une bonhomie si débonnaire qu’elle désarmait ceux qui auraient voulu se fâcher.

Un jour qu’il attendait le train dans une petite gare des environs de la capitale, il lui vint la fantaisie de mettre une pièce de deux sous dans le distributeur automatique. Il tire la poignée, ramène la classique tablette de chocolat, puis demande à un homme d’équipe d’aller chercher le chef de gare. Celui-ci, qui était en train de déjeuner, accourt la serviette encore à la main et fait d’une voix inquiète :

L’appareil ne fonctionne pas ?
Tout à fait bien au contraire, réplique tranquillement Alphonse Allais, et c’est justement pourquoi je vous ai fait quérir. En cas de non fonctionnement, on vous dérange assez pour vous dire des sottises. Moi je tiens à vous affirmer que l’appareil fonctionne à merveille et à vous en féliciter.

« Midinette. Journal illustré. »  Paris, 1937.